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Critique de Construct – Dark Tranquility

23 mai 2013

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Quand un groupe fait la promotion d’un nouvel opus, c’est plutôt rare qu’il va dire qu’il tourne en rond depuis une couples d’années et qu’il y a seulement trois ou quatre bonne tounes sur le disque pis le reste c’est de la bouette. Pourtant, c’est fréquemment ce qui arrive et trop souvent on est déçu par des groupes qui ne rencontrent pas nos attentes. Quand j’ai parlé à Mikael Stanne de Dark Tranquility récemment, il affirmait que Construct était un nouveau départ pour eux et que c’était non seulement un album diversifié, mais également leur meilleur depuis longtemps. Ben là, je peux vous dire qu’il ne parlait pas à travers son chapeau. Il aurait même pu dire que c’est probablement la meilleure offrande du groupe en carrière sans trop exagérer.

J’avais été quelque peu déçu par leur dernière création, We are The Void. On sentait que Dark Tranquility cherchait à élargir son  public avec une touche plus accessible, mais l’opération a plus ou moins fonctionné et les vrais fans du groupe se sont senti trahis. Selon les dires du chanteur lui-même, les suédois ont changé leur méthode de travail en studio suite aux deux derniers albums dont l’élaboration auraient été semble-t-il plus laborieuses. Construct est donc le fruit de cette nouvelle manière de procéder et c’est agréable de constater qu’un groupe puisse être encore aussi créatif et innovateur après 24 ans d’existence.

Puissant, sombre et complexe, voilà des adjectifs qui décrivent bien ce disque. Construct est un album qui se laisse apprivoiser tranquillement, il ne faut surtout pas se fier à la première écoute. Je te garantis qu’après ça, tu vas te battre avec ta blonde lorsqu’elle va vouloir débarquer Construct de ton lecteur cd au profit de celui de l’infâme Jean-Marc Couture. Tsé le fatiguant de Star Académie dont les médias tiennent mordicus à t’enfoncer dans la gorge que c’est bon ce qu’il fait? Tiens ton boutte dude, y’en aura pas de faciles…

Ok, c’est assez le pétage de coche. Donc Construct, sans nécessairement se vouloir être un album-concept, est un produit qui se déguste dans sa totalité. Il n’y a pas de moments faibles, les chansons se démarquent toutes l’une d’entre l’autre et s’entrecroisent naturellement. La réalisation est sombre et puissante, il y a une variété de sons différents et l’utilisation des claviers vient appuyer chacune des mélodies sans trop prendre de place, ce que je trouvais désagréable sur We are The Void. Ici c’est la subtilité qui prime.

Je pourrais prendre des heures à décortiquer chaque pièce, mais ça n’en vaut pas la peine. Je peux te dire cependant que Mikael Stanne utilise sa voix aussi bien démoniaque que douce à son plein potentiel et que les solos de guitares sont tout simplement somptueux. Aussi que les riffs thrash sur Apathetic sont violents comme jamais, que la mélodie sur Uniformity est grandiose, et que le refrain de Weight of the end va t’arracher le coeur. J’en ai assez dit, Construct sort mardi prochain et prend la peine de l’acheter, tu ne seras pas déçu. Tu peux même te le commander en vinyle rouge (c’est ce que je vais faire) drette icitte! Comme ça ta blonde va pouvoir écouter son beau Jean-Marc à marde en sombre tranquilité…

Cote de Steve: 9 Bonhommes qui rockent encore sur 10

NDR: Je tiens à mentionner que l’épouse n’aime pas Jean-Marc Couture… Just sayin’. Je préviens les coups.

Critique de Veto – Heaven Shall Burn

20 mai 2013

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Je ne m’attendais pas à grand chose de Veto, le nouvel album de Heaven Shall Burn. J’avais vaguement entendu quelques albums auparavant mais je ne m’étais jamais senti interpellé par leur musique pour être honnête. Le groupe de métalcore allemand en est à leur septième offrande, c’est donc un bon indicateur qu’il y a quelqu’un qui aime ça quelque part. C’est la très efficace pièce Hunters Will Be Hunted qui a suscité mon intérêt envers Veto et surtout son clip avec cette madame toute nue qui gambade dans les bois, réussissant toujours à trouver une branche pour se cacher les rotoplots et le triangle d’or (ça c’est une expression que j’ai volé à Herbert Léonard, un chanteur kitsch des années 80 qui en a fait émoustiller plus d’une avec ses textes soft porn).

Le son de Heaven Shall Burn est semblable a ce que le groupe nous a habitué, un mélange de hardcore et de death que t’as entendu déjà à plusieurs reprises par le passé. Toutefois le travail au niveau des compositions est nettement plus solide, j’en suis bouche bée. Godiva ouvre le bal de manière brutale avec son intriguante intro, suivi des cris puissants du chanteur Marcus Bischoff et des riffs malsains des guitaristes Maik Weichert et Alexander Dietz . Ça faisait longtemps que je n’avais pas entendu un album débuter aussi intensément.

Les gars de Heaven Shall Burn se sont gâtés sur Veto en s’entourant d’invités pas piqués des vers. Sur Land Of The Upright Ones, ce sont les guitaristes du groupe thrash allemand Macbeth qui y vont de solos de hautes voltiges, tandis que Rob Franssen et Dominik Stammen du groupe Born From Pain se déploient le gosier sur Die Stürme rufen Dich. Mais de tous ces invités, l’étoile va au chanteur de Blind Guardian, Hansi Kürsch, qui vient prêter main forte à Marcus Bischoff sur Valhalla, une reprise du groupe même de Kürsch. L’approche power métal de la chanson est conservée, cependant Heaven Shall Burn ajoute une touche personnelle, ce qui fait de Valhalla le moment le plus fort sur Veto. Épique. C’est juste dommage quand ta meilleure toune est un cover, parles-en à Quiet Riot.

Plusieurs des chansons démarrent avec des introductions électroniques sur ce disque, ce qui donnent un côté esthétique qui me plaît beaucoup. Bien que le style de musical de Heaven Shall Burn soit du métalcore à la base, certaines pièces s’apparentent plus vers le death, notamment sur la rugissante You Will Be Godless. On a affaire à une offrande assez heavy et ne cherchez pas de passages vocaux mielleux, Bischoff crache ses textes revendicateurs dans ta face tout le long.

C’est dommage, mais il y a quelque chose qui m’agace sur Veto et je ne peux en faire abstraction, soit la qualité de la réalisation. Le son est aussi compressé que ton bedon pendant une constipation de quatre jours. Le problème pourrait se situer aussi au niveau du mastering, tu me diras ce que t’en penses. Quand les gars jouent à fond la caisse, les cymbales prennent le dessus et il est difficile de discerner le reste des instruments. Ce n’est pas aussi désagréable que sur Death Magnetic de Metallica, mais juste assez fatiguant pour que je prenne le temps de le mentionner.

N’eut été de ce désagrément, j’aurais probablement donné un 9 sur 10 à Veto. Une agréable surprise tout de même.

Cote de Steve: 8 triangles d’or sur 10.

Critique de Infestissumam – Ghost

9 mai 2013

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J’ai adoré le premier album de Ghost. En fait je l’ai tellement écouté en 2011 que j’ai presque fait face à un divorce. Après le succès inattendu de Opus Eponymous, la tâche était lourde pour ce deuxième album de la troupe de Papa Emeritus. L’effet de surprise passé, le groupe suédois devait maintenant faire face à la musique. Surtout que la formation devait prouver hors de tout doute qu’elle était plus qu’une simple gimmick. The Darkness, ça te dit quelque chose?

Je dois d’abord vous avouer que j’en ai mis du temps avant d’embarquer dans cet Infestissumam. J’ai presque failli perdre patience. Il est plutôt rare que je donne autant de chance à un disque, je n’embarquais tout simplement pas au début. Infestissumam est un album différent de son précédent. Fini les influences de Mercyful Fate. Ghost conserve toutefois une résonance typiquement seventies qui caractérisait leur premier disque, et le son à la Blue Oyster Cult est encore omniprésent. Après multiples écoutes, j’ai fini par apprécier ce deuxième disque de Ghost parce que justement, il est différent tout en conservant un certain parallèle avec le précédent.

Différent dans le sens que c’est un disque plus «pop» qu’auparavant mais plus fucké en même temps. Je ne sais pas si tu me suis. Ghost explore encore toujours le côté sombre de la musique mais cette fois-ci le budget y est, donc les suédois y vont à fond la caisse avec des orchestrations divines (?), et une réalisation grandiose à la mesure de leur talent. Il aurait été tentant de sombrer dans la mégalomanie avec une telle production mais Papa Emeritus et ses ghoules ont réussi le tour de force de concocter un album aussi solide que le premier tout en appronfondissant leur technique d’écriture. Et quand je dis que ça sonne pop, je le pense vraiment. Si les textes du pape sombre n’était pas aussi satanique, tu pourrais entendre leurs chansons entre deux tounes de Marc Dupré dans ta radio de marde.

C’est bon ca, hein? Ce n’est pas la seule comme ça sur Infestissumam. Ce n’est qu’une pièce aguichante pour te donner une idée de ce qui t’attend de cette messe noire. La pièce de résistance tant qu’à moi est la savoureuse Ghuleh/Zombie Queen. Le départ sonne comme une trame sonore de film de cul des années 70 à la Bilitis et à partir de la troisième minute, on plonge dans une atmosphère digne des films de Tarantino. Le tout est accentué de passages plus progressifs et toujours ce refrain qui nous reste en tête et ces claviers totalement hypnotisants.

Le prodigieux réalisateur Nick Raskulinecz (Foo Fighters, Rush), fidèle à lui-même, respecte le son du groupe avec lequel il travaille tout en développant de nouvelles facettes. Sa réussite principale réside dans le fait qu’il donne le plein potentiel à la voix sublime de Papa Emeritus. Infestissumam repose sur ce timbre enjoleur et terrifiant à la fois. C’est un disque qui sonne exactement comme les classiques que j’écoutais en vinyle au début de mon enfance.

Certains critiques ont descendu cette nouvelle offrande de Ghost et je crois sincèrement que c’est tout simplement dû au fait que quelques écoutes sont nécessaires pour en apprécier le plein potentiel. C’est normal puisque nous sommes tellement accoutumé à cet habituel fast-food musical qui se mange aussi vite qu’il se défèque.

9.5 films de cul des années 70 sans cumshots sur 10

Critique de Entrench – Ken Mode

6 mai 2013

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Ken Mode n’est pas le petit copain de Barbie. Si tel était le cas, ça ferait un bout de temps que la poupée n’aurait plus de tête. Le groupe tire en fait son nom de l’acronyme Kill Everyone Now créé par Henry Rollins en tournée avec Black Flag à l’époque. Et croyez-moi, la musique brutale que produit ces gars de Winnipeg est à la hauteur du nom de la formation. Bien que le son de Ken Mode est totalement différent, j’ai ressenti le même sentiment d’urgence et de colère que sur l’album éponyme de Rage Against The Machine. Pas de rap/métal ici par contre, mais bien une décharge extrêmement vicieuse de métal post-hardcore qui plaira au fans de Unsane, The Dillinger Escape Plan et Converge. Je ne sais trop si les membres de Ken Mode étaient déjà au courant que les Jets ne feraient pas les séries lors de l’enregistrement, mais je peux vous confirmer qu’être plus en crisse que ça, tu meurs.

Ken Mode fut le premier récipiendaire l’an dernier aux Junos dans la catégorie Hard Rock/Metal. Est-ce que c’est vraiment fiable? J’ai toujours l’impression que tout comme les Grammys et l’ADISQ ici au Québec, les prix sont remis au hasard par des clowns qui n’ont aucune idée des candidats en lice. N’empêche que cet incident m’a permis de découvrir ce groupe, avec l’album Venerable, une méchante claque dans’ face. Et tu sais quoi? Entrench, le cinquième album du groupe, est encore meilleur.

Je ne sais pas si ça coincide avec l’arrivée du nouveau bassiste Andrew LaCour, mais les compositions sur Entrench sont un peu plus mélodiques qu’à l’habitude. Évidemment, il n’y a rien sur ce disque que tu risques de siffloter autour d’un feu de camp comme tu le fais souvent avec Wind Of Change de Scorpions quand t’es ben saoul avec tes chums. C’est moins noisy qu’à l’époque et il est plus facile de se retrouver dans la musique de Ken Mode. En voici un exemple parfait:

Ça fesse dans le dash n’est-ce pas? J’aime bien ça. Cette brutalité sonore se retrouve sur bien d’autres titres dont la féroce No; I’m In Control. Et ce son de basse complètement étourdissant. Malade! C’est le réalisateur Matt Bayles (Mastodon, The Sword) qui est aux commandes et selon le chanteur Jesse Matthewson, ce fut les plus longues sessions d’enregistrement de sa vie. Qu’importe, le résultat est impeccable et Bayles a réussi ni plus ni moins a faire sortir le méchant de ce trio. Une vraie décharge électrique.

Ken Mode ne font pas que varger comme des débiles sur leurs instruments cependant, il y a certains passages atmosphériques entre autre sur Romeo Must Never Know et Monomyth qui nous permettent de décanter un peu. Pour le reste, tasse-toé de là, la pédale est dans le tapis. J’apprécie notamment le travail du batteur Shane Matthewson avec son style aussi nerveux qu’une Pauline Marois en attente du prochain nom qui va sortir à la Commission Charbonneau. La voix de Jesse Matthewson me rappelle par moment celle de Zack De La Rocha, spécialement sur Your Heartwarming Story Makes Me Sick et Figure Your Life Out. De la vraie bombe mon chum.

T’as ben beau écouter du death, du thrash, du black, à mon avis il est impossible de rester insensible à la folie de Ken Mode. Ça va te faire du bien d’entendre quelque chose de différent et ce sera un succès garanti lors de ton prochain BBQ métal.

Cote de Steve: 9 Barbie pas d’tête sur 10

Critique de House Of Gold And Bones Part 2 – Stone Sour

28 avril 2013

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Au point où il est en rendu dans sa carrière, Corey Taylor n’en a rien à foutre de ce que vous pensez de lui. Même si de rudes gaillards cachés sous un pseudonyme le descendent constamment sur Blabbermouth, Taylor a l’air à s’en crisser pas mal. C’est d’autant plus évident sur House Of Gold And Bones Part 2. J’avais bien aimé le précédent (voir la critique ici) et bien que cette deuxième partie est un peu plus sombre, ce n’est pas aussi accrocheur que je l’aurais souhaité. Pas autant que le premier en tout cas.

Stone Sour reprend exactement où il avait laissé l’an dernier avec la pesante Red City. Le concept et l’ambiance sont intactes, on est en terrain connu. Sur Black John, le rythme est accentué et tout de même assez métal, mais pas trop non plus, juste assez pour ne pas décontenancer les fans du groupe. Sadist est la chanson qui va faire allumer bien des lighters en concert. C’est mielleux à souhait, mais les gars de Stone Sour sont bons là-dedans. C’est bien fait, mais il n’y a rien pour satisfaire la soif de l’amateur de Slipknot en vous. Faudra attendre.

Il y a pleins de bons morceaux sur ce disque, pas de doute, la plupart des critiques ont encensé ce nouvel opus, mais j’ai personnellement moins embarqué que sur le précédent. La réalisation est encore une fois phénoménale, la voix de Taylor est toujours aussi agréable et le batteur Roy Mayorga frappe ses peaux comme si il n’y avait pas de lendemain. C’est juste que je trouve que c’est un peu long comme album, et c’est beaucoup moins cohésif dans l’ensemble que la première partie. J’ai de la misère à passer à travers d’un seul coup, je finis par me lasser. C’est comme quand t’as laissé ta canette de bière au soleil trop longtemps, les dernières gorgées sont rough. On s’entend que c’est un concept beaucoup moins pénible que Use Your Illusion de Guns’ N ‘Roses, toutes les chansons sont potables, mais je vous mets au défi d’écouter les deux disques de House Of Gold And Bones en boucle. Bonne chance. Pis tsé toute cette histoire du gars troublé pis toute, honnêtement, je m’en câlisse pas mal. Si Stone Sour porte ce projet au grand écran comme le veut la rumeur, ça devrait être aussi passionnant qu’un film de Xavier Dolan. Je suis en mode sarcasme ici…

Il faut quand même souligner le courage de Stone Sour de pondre un concept aussi ambitieux en 2013. Corey et sa bande auraient bien pu s’asseoir sur ses lauriers et pondre des succès commerciaux comme sur Audio Secrecy. Ils se sont payés un trip et ont réussi là où plusieurs ont échoué lamentablement. Est-ce que House Of Gold And Bones Part 2 est un disque que je vais me taper en savourant une grosse 50 tablette sur mon patio cet été? Il y a peu de chances, je vais laisser ça à d’autres. Il y a tellement de bons disques qui sortent cette année que je vais jeter mon dévolu sur des trucs plus intéressants. Ce n’est pas mauvais, loin de là, mais j’aime mon steak plus saignant.

Hey toi le disciple de Claude Lafortune, savais-tu qu’il était possible de bricoler ta propre maison avec les pochettes de House Of Gold And Bones? Je trouve ça vraiment dommage que ce ne soit pas une trilogie, j’aurais aimé ça avoir le patio pis la piscine. 

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Cote de Steve: 7 Un nouvel album de Slipknot svp sur 10

Entrevue exclusive avec Regarde Les Hommes Tomber

18 avril 2013

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Regarde Les Hommes Tomber est un groupe de Nantes en France qui vient de sortir son premier album éponyme le 30 mars dernier et je dois avouer que ce fut toute une découverte pour moi. Leur crasseux mélange de sludge, post-rock et black métal créé une ambiance sombre digne de la pochette du disque. Un must pour les lecteurs de Boulevard Brutal. Une seule écoute m’a convaincu de contacter la formation pour une entrevue, question de mieux les connaître et de vous les faire découvrir par la même occasion. J’ai donc passé une demi-heure sur Skype avec les guitaristes Jean-Jérôme et Antoine pour jaser de l’album évidemment, mais également de la scène métal française ainsi que bien d’autres trucs. J’ai bien cru que j’allais m’entretenir avec deux vraies brutes mais non, les gars sont vraiment sympathiques et très articulés. Le lien pour l’entrevue complète est disponible plus bas et tant qu’à y être, tu peux te procurer l’album pour seulement 6,93$ sur Itunes, un 8.5 sur 10 facile dans mon cas…

Boulevard Brutal: Je crois que c’est votre première entrevue au Québec, je me trompe?

Antoine: Exactement!!!

Boulevard Brutal: On décrit votre style comme du «sludgy post-black métal», est-ce que ça vous convient?

Jean-Jérôme: Lorsque j’ai composé les morceaux, je ne me suis pas posé la question à faire tel style ou tel style, j’avais surtout l’intention de créer une atmosphère avec la musique et faire passer des émotions. Je suis influencé par la musique que j’écoute, donc on s’est retrouvé avec un résultat final qui mélange tous les genres. On a une culture musicale assez étendue, on peut écouter du black, du death et j’écoute beaucoup de post-rock, qui est très différent du métal, beaucoup plus aérien. J’écoute aussi beaucoup de classique et ça donne Regarde Les Hommes Tomber.

Antoine: J’étais déjà pas mal impliqué dans le monde métal, j’avais une émission de radio, et j’ai tendance à classifier la musique des groupes en général. Là, je me retrouve dans un groupe où je suis incapable de classifier ce que l’on fait. Il y a des influences black métal, mais en même temps ce n’est pas vraiment du black métal… Le côté sludge, on est pas assez crados pour ça et il y a un côté plus hardcore, mais on est pas post-hardcore non plus. Les musiques qui nous intéressent sont celles qui mettent les atmosphères en avant-plan, voilà…

Boulevard Brutal: Les critiques à date sont vraiment élogieuses envers votre album, quelle est votre réaction face à ça?

Jean-Jérôme: Quand on travaillait les morceaux, on ne s’attendait vraiment pas à ce qu’un label arrive vers nous… Première surprise, Gérald des Acteurs De L’Ombre qui s’intéresse à nous. Et depuis que l’album est sorti, on a que des retours élogieux, nous sommes très contents. On a travaillé pendant 2 ans, là on voit le fruit de notre travail. Mais on sait que ce n’est que le début, il y a beaucoup de promotion à faire, et on veut se produire partout où c’est possible.

Antoine: Et ce qui est marrant avec ce groupe, c’est qu’on met beaucoup de distance avec le public. En concert, on ne parle pas entre les morceaux, il y a beaucoup de fumée, etc… On voulait avoir un concept. Je ne supporte pas les groupes qui entre les morceaux racontent des conneries. Les seuls contacts que nous avons avec les gens sont les applaudissements que l’on reçoit et la communication via Facebook.

Boulevard Brutal: Ce serait agréable de vous voir au Québec bientôt!!!

Jean-Jérôme: On aimerait bien, mais à date, on ne fait pas de booking. On accepte les propositions que l’on reçoit. On monte une tournée présentement pour la France et l’Allemagne, mais c’est notre rêve de pouvoir se produire un peu partout dans le monde.

Antoine: Je lisais dans un article que Montréal est une ville incroyable pour les concerts et que le public est chaleureux, donc on adorerait y aller…

Boulevard Brutal: Il y a deux pièces instrumentales sur votre album éponyme. Est-ce que vous voulez continuer dans cette veine pour les futures compositions?

Jean-Jérôme: On s’est longtemps demandé si on allait faire un album seulement qu’instrumental. On a fait notre premier concert en première partie de Wolves in the Throne Room sans chanteur, on partait donc sur un concept instrumental à la base. Ensuite, Gérald nous a présenté un chanteur parisien (Ulrich) et on trouvait qu’il s’adaptait bien à notre style musical. On a donc tenté l’expérience avec un chanteur. Personnellement, j’aime la musique instrumentale, donc il y en aura sûrement sur le prochain album.

Antoine: Je suis un grand fan de Secrets Of The Moon, un groupe black métal allemand, et je voyais tout le temps une voix un peu comme ça pour nous. On a travaillé fort avec Ulrich pour atteindre ce résultat.

Boulevard Brutal: Je crois que la scène métal en France a grandie avec le succès que remporte Gojira présentement. Est-ce que vous constatez un impact sur la scène française?

Antoine: Tu as raison, c’est clair que Gojira a permis de changer les choses. Les gens se sont dits que si ces gars étaient capables le faire, ils le pourraient eux aussi. Gojira a débuté en 1999 et a énormément tourné en France. J’ai vu le groupe avec Slayer et Lamb Of God et ils ont explosé tout le monde, donc on s’est dit que la scène en France allait changer. Donc oui, la scène évolue, mais ça fait à peine 3 ou 4 ans vraiment. Le nu-métal est arrivé en France seulement en 2005 ou 2006…

Boulevard Brutal: Qu’auriez-vous à dire au public québécois?

Antoine: Ben, on est très content de faire cette entrevue et surtout écoutez notre album. C’est un projet personnel sur lequel on a travaillé beaucoup. C’est la musique qui parle et c’est aux gens de juger. Quand on écoute notre musique, on quitte le monde… Je crois que ça peut toucher beaucoup de personnes.

Jean-Jérôme: Je suis déjà allé à Montréal (son frère y a étudié pendant trois ans) et je trouve que c’est une super ville, j’espère bien y retourner bientôt!!!

Vous pouvez écouter l’entrevue complète ici:


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Entrevue avec Mikael Stanne de Dark Tranquillity

17 avril 2013

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Quand le téléphone sonne est que c’est Mikael Stanne, chanteur  de Dark Tranquillity à l’autre bout de la ligne, c’est un feeling très spécial. Surtout que nous chez Boulevard Brutal sommes de grands amateurs de leur death métal mélodique. Cette légende de la vague de Gothenburg a eu l’amabilité de nous prêter 25 minutes de son temps en entrevue. Il nous parle du nouvel album, Construct, qui sera disponible le 27 mai prochain, de ce qui l’inspire, de sa période avec In Flames ainsi que de son respect pour les fans québécois. En voici les grandes lignes, vous pouvez écouter l’entrevue en entier au bas de la page…

Boulevard Brutal: Vous avez un nouvel album intitulé Construct qui sort le 27 mai, tu as mentionné récemment que c’était votre meilleur album depuis longtemps et qu’il était très diversifié. Peux-tu nous en expliquer les raisons?

Mikael Stanne: On est vraiment confiant avec ce nouveau disque. On a travaillé fort pour produire quelque chose de différent, nous étions un peu tannés depuis les 2 derniers albums, on a mis trop de temps à travailler et trop d’efforts à écrire ces disques même si nous étions satisfaits des résultats. À la fin de la dernière tournée, nous avons réalisé que nous devions changer notre méthode de travail. Nous avons donc écrit en studio au lieu du local de pratique, des petits trucs comme ça. La différence est énorme pour nous et je crois que nous avons réussi à écrire de la musique très créative en ce faisant. L’ambiance de Construct est très noire et je crois que c’est très solide. C’est comme un nouveau départ pour nous, nous avons réalisé que nous pouvions prendre un recul sur notre musique et la regarder plus objectivement.

Boulevard Brutal: Vous venez de sortir une nouvelle chanson, For The Words, et ça sonne très «dark», un peu comme à l’époque de l’album Projector. Est-ce que c’est une coincidence?

Mikael Stanne: Ce n’était pas intentionnel. Cependant, tout comme pendant l’enregistrement de Projector, la chanson est née de certaines frustrations. À la fin des années 90, nous étions tannés de notre propre son, on se sentait pris dans ce carcan qu’est le son de Gothenburg et nous voulions prouver que nous étions plus que ça. Pour Construct, nous avions cette même attitude. Il y a des moments plus tranquilles sur cet album qui rappelle la période Projector.

Boulevard Brutal: Depuis plusieurs années, il n’y a pas eu beaucoup de changement de personnel à l’intérieur du groupe mis à part pour vos bassistes. On vient d’apprendre que Daniel Antonsson a quitté Dark Tranquillity. Ma question niaiseuse: What the hell is going on with bass players these days?

Mikael Stanne: Je crois que c’est difficile pour quelqu’un de s’intégrer dans notre groupe. Quatre d’entre-nous sont là depuis les débuts. Nous connaissons Daniel depuis des années, c’est un gars incroyable et un grand musicien. Toutefois je crois qu’il préfère être maître à bord de son groupe et Dark Tranquillity est une formation démocratique, donc il était impossible pour lui de se réaliser. Nous avions l’impression de ne pas aller dans la même direction que Daniel et lui avons suggéré de peut-être faire autre chose. Il était d’accord avec nous, il est d’ailleurs en train de former son propre groupe et c’est mieux pour tout le monde ainsi.

Boulevard Brutal: Donc qui a joué de la basse sur Construct et qui va faire la tournée avec vous?

Mikael Stanne: Martin Hendriksson jouait de la basse avant pour nous et est par la suite devenu guitariste après l’album Projector, donc nous avons réalisé que nous avions quelqu’un déjà en place qui pouvait faire le travail. Il a écrit d’excellentes parties de basse pour l’album, nous sommes fiers de son travail en studio. Pour les spectacles, nous allons engager un bassiste de session.

Boulevard Brutal: Pour les textes, qu’est-ce qui t’inspire en ce moment?

Mikael Stanne: Plein de choses me mettent en colère et j’ai besoin de les évacuer. Ce manque de balance que l’on voit dans les médias… Je me demande qu’est-ce qu’on nous cache dans ce qu’on nous présente. Pourquoi devrais-je croire à ces histoires, pourquoi devrais-je faire confiance à tout ça? Je suis devenu sceptique sur à peu près tout, c’est presque devenu une obsession. J’aimerais que notre population devienne plus rationnelle et c’est ce qui m’inspire dans mes textes.

Boulevard Brutal: Est-ce que tu as de bons souvenirs de tes spectacles au Québec?

Mikael Stanne: Absolument!!! À chaque fois qu’on fait une tournée nord-américaine, tous les endroits se ressemblent et on finit par s’y habituer. Puis quand on arrive au Québec, on se sent comme à la maison. L’atmosphère est complètement différente et les gens sont différents. La dernière fois, nous avons eu une journée de congé à Montréal et c’était fantastique!!! J’aimerais y passer plus de temps…

Boulevard Brutal: Récemment le guitariste des Deftones, Stephen Carpenter, a mentionné dans la presse qu’il n’avait pas de problème avec les gens qui téléchargeaient sa musique. Il y voyait une chance potentielle d’acquérir de nouveaux fans… Es-tu d’accord avec ça?

Mikael Stanne: Je suis d’accord que les gens qui téléchargent sont des fans potentiels, seulement je ne suis pas 100% d’accord avec le téléchargement illégal. Je sais que c’est très simple et que c’est compréhensible que certaines personnes n’achètent pas de disques quand c’est si facile d’avoir un accès gratuitement. Mais il y a tellement de bonne solutions en ce moment, dont Spotify et Itunes, et ce n’est pas dispendieux. C’est ce que je fais personnellement… J’aime aussi acheter des vinyles. Faire un album coûte extrêment cher, et ça je crois qu’on l’oublie en ce moment. Mais bon, si tu aimes la musique, cours dans un magasin et achète là!!!

Vous pouvez écouter l’entrevue au complet en cliquant ici: 


En version MP3

Critique de Malignance – XUL

14 avril 2013

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XUL est une formation black/death métal de Vernon en Colombie-Britannique. On nomme les habitants de cette ville les vernonites et je dois dire que cette appellation plutôt maléfique correspond bien avec la musique du groupe. Si vous mangez vos céréales Abbath Croquante le matin en écoutant du Behemoth et du Dissection, il y a de bonnes chances que Malignance s’ajoute à votre morbide collection. Je suis un peu sur le tard pour vous en parler, le disque est paru en juin 2012, mais comme une partie de ma mission est de faire découvrir de la bonne musique, je me dis qu’il n’est jamais trop tard pour se faire.

Avec la pièce Battlestorm en guise d’introduction, on se rend vite compte que XUL fait du métal très malsain. J’aime ça. Le talent des cinq musiciens est indéniable, la section rythmique est puissante, les blast beats du batteur Lowell Winters sont rapides, et le son de la basse de Marlow Deiter est en avant-plan. La réalisation juste asez bien crasseuse est parfaite pour un mécréant comme moi. La violente Mastication of Putrescent Empyrean Remains (un titre qui donne l’eau à la bouche) poursuit dans la même veine, le groupe possède une maturité assez surprenante pour une première offrande.

Le chanteur Levi Meyers livre ses textes avec une voix des plus caverneuse, ça me donne l’impression que sa voix provient directement du fond d’un des innombrables nids-de-poule de 25 pieds de profondeur à Chicoutimi. C’est épeurant ça mon chum. À première écoute de Malignance, le tout peut vous paraître quelque peu homogène, toutefois XUL sort des sentiers battus sur la deuxième moitié du disque et c’est vraiment là que ça devient intéressant. L’instrumentale Winter’s Reign vaut à elle seule l’achat du disque. Pas que le reste est mauvais, au contraire, mais l’ambiance glauque créé par les claviers et le travail sidérant des guitaristes Wallace Huffman et Bill Ferguson impressionnent. Ça détonne de l’ensemble et XUL prouve ainsi que le groupe ne possède pas qu’une seule corde à leur arc.

L’album se conclut avec la très thrashy Incinerate the Earth, pièce qui porte très bien son nom d’ailleurs, tandis que Tomb of Tyrants nous laisse aller paisiblement avec une finale ponctuée de sublimes guitares accoustiques. Si je pouvais donner un conseil au groupe, ce serait de continuer à explorer ce côté plus expérimental. C’est ce qui pourrait leur permettre de se démarquer dans cet incessant flot de formations black\death. XUL s’apprête d’ailleurs à sortir un EP très bientôt, j’ai hâte de voir la direction que ces canucks vont prendre.

Et ce n’est pas tout, en lisant cette critique, vous pouvez obtenir Malignance gratuitement!!! Oui, vous avez bien lu, gratuitement!!! Vous pourrez alors vous taper une bonne dose de métal venimeux tout en rangeant votre Ab Flex sous le lit!!! Bon ok, tu peux mettre le prix que tu veux, alors vous pouvez donner ce qu’il vous reste de cennes noires à un groupe qui le mérite amplement. Le lien est ici.

Cote de Steve: 8 Boutique TVA sur 10

Critique de Disarm The Descent – Killswitch Engage

7 avril 2013

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*Attention, cette critique traite de métalcore, nous préférons vous en avertir.*

Quand Howard Jones a quitté Killswitch Engage au début 2012, plusieurs fans étaient inquiets du sort du groupe. Qui allait le remplacer? Normand Brathwaite? Vincent Lemay-Thivierge? Le p’tit gros avec un chapeau dans Star Académie? Dieu merci, Killswitch a fait le choix d’aller chercher le chanteur original de la formation, Jesse Leach. 2013 voit donc la sortie du TRÈS attendu Disarm The Descent… Est-ce à la hauteur de Alive Or Just Breathing? Non. Est-ce meilleur que le dernier disque avec Howard Jones? Oui monsieur.

Que vous soyez un gars ou une fille, on possède tous une paire de bobettes trouée qui est si confortable qu’on ne peut s’en débarasser. Bien le nouveau Killswitch, c’est un peu comme ça. Rien de nouveau, la formation américaine ne brise aucune barrière avec cette nouvelle parution, mais crisse que c’est efficace. En entrevue, le guitariste Joel Stroetzel promettait un album plus heavy, promesse tenue. Le très sous-estimé batteur Justin Foley nous offre quelques blast beats dévastateurs et sans aucun doute sa meilleure performance à date.

Disarm The Descent aurait pu aussi s’intituler le Jesse Leach Show tant sa prestation est sublime. Sur les deux premiers albums du groupe, j’avais toujours l’impression que sa voix allait casser. Pas ici. Il chante avec une confiance et une maturité du tonnerre qui donne l’impression qu’il n’a jamais vraiment quitté le bateau. Il gueule avec la même hargne qu’à l’époque, sauf que sa voix claire s’est améliorée de beaucoup, particulièrement sur la sulfureuse Always. Bien que cette dernière soit la pièce la plus tranquille du disque, calmez-vous, ce n’est pas une reprise de Bon Jovi. Keep The Faith, tabarnak!!!

Killswitch Engage a choisi New Awakening comme premier extrait en mars dernier et plusieurs ont été plus ou moins impressionnés par cette chanson, moi le premier. Après quelques écoutes de Disarm The Descent, je vous assure que cette pièce est la plus faible de ce nouvel opus. Mais comme je le mentionnais plus tôt, Killswitch Engage fait du metalcore. Donc oui il y a des breakdowns, des voix en choeur, des refrains arrache-coeurs, mais baptême, c’est eux qui ont inventé le style! Si Killswitch vous levait le cœur avant, ben là vous aurez le sentiment d’écouter le Jour Du Seigneur avec deux doigts enfoncés dans l’fond du gargoton…

En tant que fan, j’aurais apprécié que le groupe pousse un peu plus l’enveloppe sur Disarm The Descent, mais Killswitch joue la carte gagnante ici. Rien pour déstabiliser son auditoire, on est en terrain connu, toutefois les tounes me restent en tête et les harmonies sont fredonnantes comme les classiques auxquels le groupe nous a habitué au cours des treize années de son existence. Sans être exactement à la hauteur de mes attentes, cet album est sans contredit mon préféré depuis The End of Heartache.

Cote de Steve: 8 Vincent Lemay-Thivierge sur 10

Critique de Requiem For Us All – The Modern Age Slavery

29 mars 2013

TMAS - Requiem For Us All_300 dpi

Enfant, j’étais un véritable rat de magasins de disques. Je passais des heures à scruter les vinyles chez Kébec-Disque et Polyson à la recherche de ce qui allait faire damner tout le monde dans la maison familiale. Comme l’internet n’existait pas à l’âge de pierres, c’était souvent la beauté de la pochette qui déterminait sur quoi j’allais passer ma paie de camelot pour le Progrès-Dimanche. J’ai fait de belles découvertes et d’autres moins bonnes, évidemment. La musique avait encore son côté mythique à cette époque là.

Bref, c’est la pochette du nouveau The Modern Age Slavery, une formation italienne, qui a piqué ma curiosité. Avec un dessin aussi bad ass, je me disais que c’était presque impossible que ce soit mauvais. Alors, est-ce que Requiem For Us All est à la hauteur de sa présentation? Fuckin’ right. Ce deuxième album du groupe est aussi dévastateur qu’un cocktail molotov lancé dans une vitrine d’un p’tit café italien de Montréal. L’Italie prouve depuis quelques années déjà avec des groupes comme Fleshgod Apocalypse ou encore Hour of Penance que le métal est bien vivant là-bas, et The Modern Age Slavery le confirme une fois de plus.

N’allez surtout pas croire que Requiem For Us All est un album deathcore, loin de là. On peut entendre des breakdowns de temps en temps, mais ils sont si intenses et bien exécutés qu’ils ont tout à fait leur place dans cette tornade death/thrash. The Modern Age Slavery est le parfait exemple de ce que devrait être le métal extrême moderne, soit des chansons très techniques avec des mélodies pour tenir son auditeur en haleine. Si vous êtes un amateur de death traditionnel qui a tendance à cracher sur la nouvelle vague, ce disque pourrait vous redonner espoir en la jeunesse. Et c’est heavy mon Giuseppe. Le genre de disque qui va transformer les beaux cocos de Pâques que ta marraine t’as donné en piments calabrais.

Requiem For Us All débute en lion avec la pièce-titre et le son qui s’en dégage en dit long sur le reste de l’album. Le batteur Stefano Brognoli livre un master class en matière de vitesse et d’agressivité tandis que les grognements de Giovanni Berselli sont puissants comme l’était le regretté lutteur Dino Bravo au bench press. Je mentionnais Fleshgod Apocalypse plus tôt, bien le chanteur/guitariste de la formation Tommaso Riccardi est invité sur l’étourdissante The Silent Death of Cain, écoutez-ça…

Malade, hein? Pas encore convaincu? Écoutez celle-là asteure:

Il n’y a pas de chansons que je préfère en particulier, Requiem For Us All est un disque qui se savoure dans son entièreté. The Modern Age Slavery nous réserve une surprise en conclusion d’album avec une reprise totalement démente de Arise de Sepultura. L’essence de la pièce est toujours présent, toutefois le groupe y met sa touche personnelle et parvient à rendre ce classique encore plus intense si cela est possible. Nul doute, ce disque a déjà sa place réservée dans mon top 10 de 2013.

Cote de Steve: 9 Frank Cotroni sur 10


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