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Critique de Venereal Dawn – Dark Fortress

18 septembre 2014

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Plus tôt cette année, j’ai eu la chance d’interviewer Morean pour son projet Noneuclid et par la bande, il m’avait parlé du nouvel album de Dark Fortress dont il est le chanteur. Il m’avait alors dit que ce disque serait typiquement Dark Fortress avec de longues chansons épiques, tout en essayant de créer quelque chose de nouveau. J’ai toujours été un fan de ce groupe black métal allemand. J’avais donc hâte d’entendre Venereal Dawn puisque quatre années se sont écoulées depuis l’excellent Ylem, paru en 2010.

Alors, est-ce que Morean a tenu sa parole lors de l’entrevue en décrivant ce nouvel opus? Totalement. Venereal Dawn est le meilleur disque du groupe jusqu’à maintenant, point à la ligne. Utilisant toujours le black métal comme toile de fond, Dark Fortress manipule le style en explorant des sonorités aux influences peu banales. Pis c’est épique. En baptême. N’ayant pas froid aux yeux, les allemands nous balancent la pièce-titre en ouverture d’album. 11:03 de pur délice, passant d’une introduction mélancolique au black métal des plus affreux. Et il y a toujours ce côté gothique et mystérieux qui enveloppe le tout. S’il y a une pièce qui définit l’album, c’est bien celle-ci.

T’aimes ça? Ok, continue de lire d’abord… Te souviens-tu de la première fois où tu as entendu Blackwater Park d’Opeth? J’avais été foudroyé à l’époque par cet amalgame parfait de brutalité et de mélodie. Idem pour Venereal Dawn, sauf que le côté brutal est plus intense, c’est du black métal toé chose. Si je finis un jour par réaliser un film d’épouvante, ce sera ma trame sonore. Diabolique que le crisse. Comme si la mort te soufflait au cou pendant 70 minutes. Je suis ben à jeun en écrivant ces lignes. Bon d’accord, une ou deux Labatt 50 mais pas plus.

Celle-là, c’est ma préférée. Les percussions électroniques dans les couplets sont juste un autre exemple du black métal hétéroclite de Dark Fortress. Donc comme tu peux le constater, les chansons sont longues, mais jamais plates. Progressives certes, mais la qualité des arrangements fait qu’il y a toujours ce p’tit quelque chose pour nous surprendre. Il n’y a que sur les pièces I Am the Jigsaw of a Mad God et Odem où l’on a affaire à du métal noir plus traditionnel, mais toujours en évitant soigneusement les clichés.

L’album se termine avec On Fever’s Wings, un autre bijou de 11 minutes qui défit encore les standards habituels. Piano mélancolique, chants arabes (du moins j’imagine), riffs démentiels, bref, c’est la cerise sur le corpse paint. Un bijou. Le seul moment où j’accroche moins est l’interlude acoustique en milieu de disque intitulé The Deep. Ce n’est pas mauvais, bien au contraire, mais un cran en-dessous de ce que l’on retrouve sur le reste de Venereal Dawn. Ça donne un break, dans l’fond…

Et cette voix de Morean… L’une des plus variées et étonnantes parmi le métal obscur. Ses cris grinçants donnent des frissons, son chant clair me rappelle un peu celui de ICS Vortex et l’utilisation de son ton de voix gothique (dont il se sert beaucoup) est tout ce qu’il y a de plus lugubre. Un autre aspect intéressant, la guitare de V. Santura (Triptykon). J’aime bien entendre des solos dans mon black métal et les siens sont vraiment bien ciselés, inspirés directement du métal plus conventionnel à la Maiden et cie… Fidèle à son habitude, le batteur Seraph prouve une fois de plus avec son jeu inspiré qu’il n’est pas qu’une machine à blast beats. Pis ça sonne en p’tit péché, la réalisation est parfaite.

Si Venereal Dawn ne propulse pas Dark Fortress au niveau des Behemoth et Dimmu Borgir de ce monde, c’est que ce monde est bien injuste. Partage la bonne nouvelle, dude. Appelle ta mère, tiens. Dis-lui que l’frisé de Boulevard Brutal t’as fait découvrir le meilleur album de black métal mélodique de l’année. Elle va être contente… Ça va lui faire du bien que tu lui parles d’autre chose que de ta poche de linge sale, tsé. Tu m’en donneras des nouvelles.

Cote de Steve: 9.7 cerises sur le corpse paint sur 10

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Critique de Black Storm Of Violence – Rage Nucléaire

4 septembre 2014

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- «First of all, fuck you!!!»

Ben non, je ne suis pas en train de t’insulter dude… C’est que le deuxième album de Rage Nucléaire débute de cette manière avec la chanson Annihilation Frenzy, qui en dit long sur le contenu de ce Black Storm Of Violence. Lord Worm (Cryptopsy, ai-je vraiment besoin de le mentionner?) et ses acolytes n’en ont rien à foutre de que ce tu penses. Rage Nucléaire se fait plaisir avant toute chose et si tu n’apprécies pas, ben c’est ça… Fuck you. J’avais vraiment adoré l’album précédent, Unrelenting Fucking Hatred, et j’attendais ce nouvel opus avec la même impatience que Zoé Zebra pour ses fausses boules.

Si tu n’as pas accroché sur le premier disque, ne perd pas ton temps avec celui-ci, je te le dis tout de suite. La musique de Rage Nucléaire est abrasive autant qu’avant. En osti. En terme de démence sonore, le seul groupe qui me vient en tête pour faire la comparaison est Anaal Nathrakh. Lord Worm est tout aussi déstabilisant qu’à l’habitude et le black métal aux accents industriels fait toujours office de figure de proue. La scie mécanique dans l’introduction de A Sino-American Chainsaw War nous rappelle que nous ne sommes pas en train d’écouter le nouveau SlipSour.

Toutefois, il y a des éléments un peu plus mélodiques et progressifs, entre autres sur la meilleure pièce de l’album, Goddess Of Filth. Une longue toune de 7:55 avec un doux passage au piano en milieu de chanson. Est-ce que Rage Nucléaire tente une approche plus commerciale? Un nouveau Black Album? Pas du tout. C’est seulement pour t’en mettre plein la gueule plus tard. Ça donne juste un côté un peu plus épique à cette cacophonie macabre. Étrangement, la plupart des critiques sont dures envers Black Storm Of Violence. Certains se plaignent que la voix de Lord Worm semble enregistrée à partir d’une cabine téléphonique. Personnellement, je trouve que ça fait partie du charme. D’autres mentionnent que ce disque manque de férocité, alors je me demande bien comment il est possible de trouver une musique plus féroce. Fouille moé. Black Storm Of Violence porte très bien son nom, c’est froid, violent, et totalement malsain.

Tout comme Unrelenting Fucking Hatred, ce nouveau disque ne se digère pas facilement. Il faut lui donner quelques écoutes pour en apprécier toute sa puissance. Les mélodies, dissimulées sous cette couche de bruit, se développent peu à peu dans tes oreilles. Point de vue réalisation, ça sonne légèrement mieux que sur le premier disque. La guitare fuzzée de Dark Rage est toujours aussi en avant-plan et le jeu du batteur Fredrik Widigs (Marduk) est encore une fois magistral. Ce qui est tout à fait étonnant d’ailleurs, puisque la formation montréalaise n’a jamais rencontré Widigs. Tout se fait à distance. Ok, tu vas me dire qu’on est en 2014, mais il reste que jouer physiquement avec un autre musicien rend la tâche plus facile, mettons.

L’attente en valait donc la peine, je ne suis pas déçu de ce Black Storm Of Violence. Je remarque une évolution au niveau des compositions et l’univers tourmenté de Rage Nucléaire demeure intact. L’effet de surprise est évidemment moins présent, néanmoins ça demeure de la musique de fous, faite par des fous, pour des fous. Comme moi. Peut-être toi aussi…

Cote de Steve: 8 Zoé Zebra sur 10

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«Nous entrons en studio en octobre…» – Entrevue exclusive avec Kurt Brecht de D.R.I.

23 août 2014

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Beau coup de filet de mon chum SebBrutal qui a réussi à me dégoter une rare entrevue avec le légendaire chanteur de D.R.I., Kurt Brecht. Je vénère son groupe depuis mon adolescence, alors j’étais vraiment heureux de pouvoir lui parler. Lui ne semblait pas partager nécessairement mon enthousiasme, j’ai eu des invités un peu plus bavards, mais l’entrevue demeure très intéressante et ça m’a permis d’en découvrir plus sur les projets du groupe. On discute de l’industrie de la musique, sa participation sur le projet Probot de Dave Grohl et plein d’autres trucs. Voici quelques extraits de l’entrevue et tu peux l’entendre au complet en bas de page.

Boulevard Brutal: Lorsque j’ai appris que j’avais une entrevue avec toi, j’ai demandé aux gens sur Twitter si ils avaient une question pour toi. La réponse était unanime, va t-il y avoir un nouvel album de D.R.I. un jour?

Kurt Brecht: Bien on a réservé un studio en octobre dans le sud de la Californie où nous serons d’ailleurs en tournée. Nous allons donc en profiter pour enregistrer avec le réalisateur Bill Metoyer. Il a travaillé sur nos gros albums (Crossover, Four Of A Kind, Thrash Zone), aussi avec Slayer et plein d’autres gros noms.

Boulevard Brutal: C’est la première nouvelle que j’ai à ce sujet!

Kurt Brecht: On ne sait pas trop encore ce qu’on va faire, peut-être juste un EP…

Boulevard Brutal: Avez-vous déjà des chansons de prêtes?

Kurt Brecht: Oui, elles sont toutes prêtes…

Boulevard Brutal: On peut s’attendre à quoi? Un son comme à l’époque de Four Of A Kind ou la période avant?

Kurt Brecht: La période avant. Plus punk rock que métal je dirais.

Boulevard Brutal: Comment va la santé de votre guitariste Spike (atteint d’un cancer du colon)?

Kurt Brecht: Vraiment bien! Il a eu quelques problèmes avec ses doigts il y a environ un an, mais ça va bien maintenant.

Boulevard Brutal: De tous les albums que tu as enregistré avec D.R.I., quel est celui dont tu es le plus fier?

Kurt Brecht: Hmmmm…. Je dirais que je ne suis pas super fier des albums que nous avons fait… Il y a des chansons dont j’étais certain qu’elles seraient bonnes, mais le travail en studio faisait que ça ne fonctionnait pas comme prévu. Pour d’autres, c’est l’inverse qui s’est produit. C’est comme dans les films tsé, souvent même après avoir mis beaucoup d’effort dans la production, le film est poche… Full Speed Ahead est probablement celui dont je suis le plus fier. Et je constate que tranquillement les gens redécouvrent ce disque et s’aperçoivent que c’est un excellent album, même si à l’époque Full Speed Ahead n’a pas créé beaucoup d’impact.

Tu peux donc entendre le reste de l’entrevue ici! Enjoy!

 

 

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Critique de Mordrake – Hollow

5 août 2014

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Hollow est une formation montréalaise qui après quelques années d’existence et plusieurs changements de personnel, nous présente finalement son premier album intitulé Mordrake. Le groupe avait d’ailleurs impressionné bien du monde lors de sa prestation au Heavy MTL en 2012. D’entrée de jeu, je te dirais qu’il en fait tout autant sur disque. Je suis du type plutôt frisquet envers le black/death symphonique, mais je dois avouer que l’approche de Hollow m’a séduit. Mordrake est une galette des plus robuste. Toujours sans contrat de disque, il ne serait pas étonnant de voir Hollow se faire signer bientôt, du moins je le souhaite.

Pour faire changement, je vais te parler de la fin de l’album, car oui, Mordrake se divise en deux parties, la seconde étant vraiment, mais vraiment divertissante. Connais-tu la légende d’Edward Mordrake? Bien c’est un homme qui aurait vécu au 19ème siècle qui possédait un visage féminin derrière la tête. Et bien que ce faciès ne pouvait parler, semble t-il qu’il avait la capacité de rire et pleurer… Pire, ce deuxième visage chuchotait des choses terribles à Mordrake durant la nuit. Tellement que le pauvre a demandé à des médecins de lui retirer cette chose immonde, mais en vain, s’enlevant ainsi la vie à 23 ans. Déconcertant… Baptême, j’en ai même fait un cauchemar… J’avais la face du maire Jean Tremblay derrière mon crâne qui disait sans cesse «Saguenay is a white cities»… Assez pour mettre fin à ses jours me diras-tu.

D’accord, trêve de niaiseries. Le thème est des plus intéressant, mais la musique l’est tout autant. Répartie sur les trois dernières chansons, la saga de Mordrake nous transporte de sa naissance jusqu’à sa mort dans un univers autant brutale que mélodique, tout ça sur la voix versatile et fascinante de Jeff "Mott" Macdermott. Fan de Dimmu Borgir? Tu vas adorer. D’autant plus que les norvégiens semblent en panne d’inspiration depuis un bout… V’la ta chance! En prime, la section symphonique est juste bien dosée pour ne pas tomber dans le côté «fromagée» de la chose.

Quant à la première moitié du disque, je n’ai guère à redire. Les compositions sont éclatantes, encore une fois les influences de Dimmu Burger sont omniprésentes, ajoutée d’une touche du Children Of Bodom des beaux jours. Je dis ça parce que le travail du guitariste Dave "Cadaver" Gagné est digne des plus grands. Ses solos sont savoureux et ajoute au côté mélodique de la musique de Hollow.

Ça te plait? Moi aussi. Un ange qui se fait massacrer, j’aime ça. Fait intéressant, aucun trigger n’a été utilisé durant l’enregistrement des pistes de batterie de Blake "Blaac" Lemieux. Donc ce que tu entends est naturel, ce qui donne une sonorité plus organique à ce Mordrake. Et c’est tant mieux comme ça, j’ai toujours reproché le côté synthétique au métal symphonique. La réalisation de Kevin Jardine (Slaves On Dope, ben oui toé) est irréprochable, le gars a réussi parfaitement à capter le son de Hollow. Autre aspect intéressant dont je ne parle pas assez souvent, la pochette et le livret de Mordrake sont de toute beauté. Ça vaut le coup de se procurer ça en cd. En vinyle j’espère un jour…

Malgré le fait que ce premier opus de Hollow ne soit des plus originaux (les influences sont indéniables), Mordrake est un disque extrêmement bien fait qui me réconcilie avec un style musical que j’avais abandonné depuis belle lurette. Tu peux te procurer Mandrake pour seulement 10$ ici

Cote de Steve: 8.5 faces de pet derrière le crâne sur 10

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Critique de Esoteric Warfare – Mayhem

18 juillet 2014

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Enfin un nouvel album du ‘’True Mayhem’’, comme le dit si bien la page officielle du groupe sur Facebook. Je n’étais pas au courant qu’il existait un faux Mayhem, enfin… Même après 30 ans de carrière, il est toujours intéressant d’accueillir un disque de la formation la plus controversée de tous les temps. Meurtre à l’interne, suicide du chanteur et j’en passe, Mayhem a fait plus parler de lui avec ses actions qu’avec sa musique. Et Esoteric Warfare n’est que le cinquième album complet de ces ténébreux norvégiens. Beaucoup de changement de personnel aussi lors de ces trente ans, le dernier étant le départ (ou la mise à pied) du guitariste Blasphemer. N’ayez crainte, les gars ne l’ont pas mangé ni fait des colliers avec des morceaux de son crâne. C’est un peu ça aussi vieillir…

5 albums sur 3 décennies, c’est pas un gros char. Sept ans après la sortie du confus Ordo Ad Chao, voici donc le très attendu Esoteric Warfare. Et ce que j’apprécie de Mayhem, c’est qu’à chaque fois, tu ne sais trop à quoi t’attendre. Ce que tu penses, le groupe s’en crisse pas mal. Pas question de refaire un De Mysteriis Dom Sathanas, y’a déjà plein d’autres groupes qui s’en chargent. Avec maintenant Teloch (NIDINGR) à la guitare, on pouvait donc s’attendre à quelque chose de différent encore une fois avec Esoteric Warfare.

Différent, oui et non. Bien que Teloch possède un son à la Blasphemer, il ajoute sa touche personnelle sans trop s’éloigner de la ligne directrice de Mayhem. Ce nouveau disque se veut en quelque sorte une rétrospective musicale de la carrière de la formation. Pour la première moitié de l’album, c’est le côté plus agressif et old-school que l’on retrouve entres autres sur Watcher et Psywar (la meilleure pièce du disque à mon avis). C’est également sur ces morceaux que l’incroyable batteur Hellhammer se distingue le plus. J’irais même plus loin en disant qu’il vole carrément le show. Une vraie leçon de blast beats en règle.

Jusque-là, tout va bien. Pour la deuxième moitié toutefois, il faut être un peu plus patient pour en apprécier le plein potentiel. On y retrouve encore une musique sauvage comme à l’époque de Chimera sur Corpse Of Care mais aussi des chansons très glauques aux pauses ambiantes comme l’on pouvait entendre sur Ordo Ad Chao. Rien qui ressemble à Grand Declaration Of War, fort heureusement. C’est d’ailleurs sur ces passages plus expérimentaux que la voix d’Attila prend la vedette. Le gars est littéralement possédé, on se croirait en pleine séance d’exorcisme… Narrations glaciales, cris totalement désespérés, grognements des plus lugubres, tout y est pour que la tête te fasse un 360, Linda Blair style…

Même si plusieurs écoutes sont nécessaires pour apprécier Esoteric Warfare (d’où ma critique tardive), c’est un disque beaucoup plus cohérent que les deux derniers. La réalisation est toujours aussi crue mais toutefois plus puissante que sur Ordo Ad Chao. Tu entends même la basse de Necrobutcher, c’est ben pour dire…  Ne cherche pas de Freezing Moon ou de Funeral Fog là-dessus, tu vas être déçu, ta croix à l’envers va passer de travers. À cette étape de leur carrière, il est évident de constater que Mayhem ne refera jamais le même album deux fois, que tu le souhaites ou non.

Cote de Steve: 8 colliers avec des morceaux de crânes sur 10

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Necrobutcher: "Pis si t’aimes pas ça, FUCK YOU!!!"

Blacky quitte Voivod!!!

11 juillet 2014

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Triste nouvelle, Jean-Yves "Blacky" Thériault ne fait plus partie de Voivod. Au moment où j’écris ces lignes, tout ce que je sais est que lui et Voivod ne communiquent plus depuis des mois. Thériault a confirmé qu’il ne sera pas sur scène samedi à Jonquière. Dommage, car le groupe devait être honoré par leur ville natale le même soir. Plus de détails sous peu.

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Critique de When Life Comes To Death – Young And In The Way

4 juillet 2014

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Il est possible que le nom Young And In The Way te dit quelque chose. C’est ce fameux groupe qui a fait les manchettes un peu partout sur la planète la semaine dernière en aspergeant la foule de sang de cochon, forçant ainsi la salle où il se produisait à fermer quelques jours, le temps de nettoyer le gâchis. Ben oui, tu me diras qu’il n’y a rien d’original dans tout ça, David Jalbert le fait dans presque toutes ses prestations. Mais on s’entend, Jalbert, c’est un osti de malade… N’empêche que YAITW ne donne pas sa place et nous présente son premier album sur une grosse étiquette, soit Deathwish Records.

Ça faisait longtemps que je n’avais pas ressenti un certain élément de danger en écoutant un disque, la dernière fois étant avec l’excellent Unrelenting Fucking Hatred de Rage Nucléaire. YAITW te bouscule avec son black métal crasseux teinté de D-Beat et de punk avec une agressivité hors du commun. Y’en a plein qui font le même truc, mais rares sont ceux qui le font avec autant de férocité. Dès ma première écoute, j’étais su’l cul. C’est tellement intense comme expérience que c’en est presque suffocant.

La formation de la Caroline Du Nord se présente comme un collectif, alors je n’ai aucune idée du nom des gars. On s’en fout. Toutefois je peux te dire que When Life Comes To Death débute avec l’excellente Betrayed By Light, un marteau-pilon drette en partant. Les cris stridents du chanteur semblent provenir directement d’une grotte dans le fond de la Norvège. Ça fait peur. Fuck This life poursuit dans la même veine avec des blast beats dans le tapis et des guitares abrasives. YAITW ne font pas que du black métal pour le fun, il t’étouffe carrément avec. La pochette représente assez bien à quoi tu peux t’attendre comme recette musicale.

La pièce Be My Blood est toute aussi punitive alors que sur Self-Inflected, l’assaut s’arrête brusquement pour se conclure avec une douce guitare qui réussit tout de même à donner froid dans le dos… Intriguant. Sur Loved And Unwanted, le carnage reprend de plus belle et quand le chanteur gueule «Pull the trigger! Shoot me dead!», t’as comme pas le choix d’y croire tellement le niveau d’intensité est à son maximum. Même quand le rythme est plus lent comme sur We Are Nothing, la violence sonore ne baisse pas d’un cran. C’est pas un disque pour les doux.

Ce qui est étonnant, c’est que YAITW réussit quand même à offrir un produit diversifié tout en gardant la philosophie «m’a te tuer mon osti». La preuve étant sur la dernière chanson de l’album, Embrace Extinction, un truc planant qui s’étire sur plus de neuf minutes. Les gars démontrent que non seulement ils sont des brutes sans pitié, mais qu’ils sont aussi capables d’écrire de bonnes mélodies. Mais on s’entend, ça demeure tout de même déconcertant, t’inquiète pas.

Malgré le fait qu’il y avait un budget de disponible pour engager un réalisateur en studio, les membres de YAITW ont plutôt choisi de réaliser le tout eux-mêmes, question de liberté semble-t-il. Faut croire que c’était la bonne décision car le son est crasseux à souhait, en parfait accord avec la musique. When Life Comes To Death est un coup de poignard à la gorge, ni plus ni moins.

Cote de Steve: 9 David Jalbert sur 10

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Critique de Hymnosis – Psychotic Gardening

13 juin 2014

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Jusqu’à tout récemment, le nom Psychotic Gardening ne me disait rien. Mais bon, voilà que je reçois une copie physique de Hymnosis à la maison, ce qui est plutôt rare de nos jours (je ne reçois que des copies numériques en général), alors pour cette raison,  j’ai décidé de donner une chance à ce groupe de Winnipeg. D’autant plus que dans notre dernier podcast, nous étions supposés parler terrassement et jardinage, alors avec un tel nom de groupe, j’avais l’occasion idéale pour me reprendre… Ben oui toé, ce jardinage psychotique provient de Winnipeg. Les nuits y sont peut-être longues là-bas comme dirait l’autre, mais elles peuvent être brutales en crisse aussi. Psychotic Gardening en fait foi avec ce quatrième album (?!).

La formation manitobaine existe depuis 1995 et Hymnosis marque son retour après une longue pause. Le leader du groupe Chuck Labossiere a d’ailleurs participé à la tournée européenne et canadienne de Broken Hope durant cette période. Ça se met bien sur un curriculum vitae. Est-ce que ce retour en valait le coup? Sans aucun doute. Psychotic Gardening offre un mélange de doom et de death métal plus que satisfaisant. Et je ne sais trop pourquoi, mais c’est le genre de disque qui me met de bonne humeur. Pourtant la musique proposée ici n’a rien à voir avec les plaines à perte de vue et la joie de vivre.

Le jardinage démarre en trombe avec Origin Of The infection et dès lors, c’est la voix vociférante du chanteur Gillishammer qui prédomine sur les bass drums galopants du batteur Matt Penner. Heavy en sale. Defile continue un peu dans le même ton, toutefois avec un death métal un tantinet plus traditionnel. Une bonne toune pour hocher de la tête tout en semant des carottes.

C’est toutefois avec Re-Hybridized Stain que le son plus doom de Psychotic Gardening se définit. Les fans de Paradise Lost et Type O Negative pourront se régaler de cette pièce et bien d’autres d’ailleurs sur cet opus, cependant il ne faut pas compter sur les voix claires, les grognements gutturaux sont à l’honneur. Mindfold et Genome Degradation nous ramènent quant à elles dans des territoires plus rapides et agressifs. Et c’est ce que j’apprécie de ce Hymnosis, c’est un disque très varié qui se laisse déguster du début à la fin.

Le point culminant demeure toutefois l’excellente reprise du classique de Death, Open Casket. Parle-moi de ça quand un groupe réussit à totalement s’approprier une chanson. Parfaitement réussie. L’apport de Tim Roth de Into Eternity et Chuck Wepfer de Broken Hope sur cette pièce y est certainement pour quelque chose. Tiens, gâte-toé!!!

Malgré le fait que Psychotic Gardening ne soit signé encore par aucune compagnie de disques (ce qui ne saurait tarder, du moins j’espère) , Hymnosis est une offrande des plus robustes. Réalisation titanesque, performance musicale irréprochable, ambiance glauque et sadique, que demander de mieux? Du fumier? Euh… Non. Peut-être juste une petite touche d’originalité additionnelle et on aurait droit à un album exceptionnel. Même à ça, Hymnosis est un excellent divertissement à qui tu devrais toi aussi tendre le chou-fleur.

Cote de Steve: 8 Garden Party sur 10

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Entrevue avec Morean de Noneuclid et Dark Fortress

8 juin 2014

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Je t’ai parlé récemment en critique du deuxième album de Noneuclid intitulé Metatheosis, un disque que j’ai adoré. Le chanteur de la formation allemande a lu la critique, m’a contacté pour me remercier et m’a offert de faire une entrevue avec lui. Je ne pouvais tout simplement pas refuser. Noneuclid est encore peu connu ici et s’il y a un groupe que tu te dois de découvrir cette année, c’est bien lui. Morean est un passionné de musique comme j’en ai rarement rencontré. Avant que je débute l’enregistrement, il me parlait de son amour inconditionnel de Voivod et de tout le talent qu’il y au Canada. En fin d’entrevue, il s’est mis à m’envoyer des liens de groupes que je devais découvrir et tu l’entends pitonner sur son ordinateur. Un vrai de vrai. Je n’ai rien coupé au montage parce que je trouvais ça très sympathique. Malgré le fait qu’il était minuit pour lui en Allemagne (six heures de différence avec nous), il a pris le temps de nous jaser ça. Morean est aussi le chanteur de Dark Fortress, une excellente formation black métal qui sort son nouvel album en septembre. Doublement intéressant… Je te partage donc quelques extraits de l’entrevue et tu pourras l’écouter au complet en MP3 en fin de page.

Boulevard Brutal: Première des choses, je tenais à te féliciter pour le nouvel album. Il n’y a rien qui sonne comme Noneuclid. Qu’est qui t’inspire à écrire une telle musique.

Morean: Merci, c’est gentil. Je suis heureux de voir que les gens apprécient une musique que nous faisons avant tout pour nous-mêmes. Dans la vraie vie, je suis un compositeur de musique classique contemporaine, et bien d’autres trucs. Notre musique est différente parce que je suis habitué à écrire différentes harmonies, sauf qu’avec Noneuclid on fait ça avec du métal. On joue beaucoup avec la polyphonie, qui se veut la combinaison de plusieurs mélodies ou de parties musicales différentes mais jouées en même temps, ce qui nous amène dans des territoires différents. Ça ajoute de la profondeur et une troisième dimension à la musique. Mais ça doit demeurer métal, c’est notre seule contrainte. Tout ça mélangé avec nos influences.

Boulevard Brutal: Parlant d’influences, j’ai remarqué beaucoup de références à King Crimson, Voivod et Celtic Frost dans votre musique… Est-ce que j’ai raison?

Morean: Absolument!!! J’avoue ne pas connaître beaucoup King Crimson par contre. Mais les gens comparent beaucoup ce que je fais avec ce groupe et j’ai bien aimé leur musique. Toutefois notre guitariste V. Santura (Triptykon, Dark Fortress) est un fan fini. Il a joué aussi avec Celtic Frost, alors il a composé la pièce The Black Plague Of The Soul en revenant de tournée avec eux. Tu peux entendre dans cette chanson qu’il a appris du maître lui-même (Thomas Gabriel Fischer)… Pour Voivod, le groupe a toujours signifié quelque chose de spécial pour moi et ce dès mon adolescence. Juste après Slayer en fait. C’est une des rares formations dont j’écoute encore la musique sur une base quotidienne.

Boulevard Brutal: Pourquoi avoir attendu huit ans avant de sortir un nouveau disque?

Morean: Nous avons une bizarre méthode de fonctionnement… Metathosis fut enregistré en 2007 et voit le jour maintenant. Pour le premier, nous l’avons sorti en fait en 2004. Nous nous sommes rencontré, avons écrit l’album, mais il n’est paru que quatre ans plus tard. Les compagnies de disques n’ont pas répondu à l’appel car elles ne savaient pas comment nous catégoriser. Elles ne pouvaient pas comprendre vraiment ce que nous faisions et nous avons vraiment été déçus par tout ça. Mais étrangement maintenant, les portes s’ouvrent et plus personne ne cherche à classifier notre style. Peut-être qu’à l’époque les gens ne voulaient pas de ce genre de métal, je ne sais trop.

Boulevard Brutal: Tu es maintenant le chanteur officiel de Noneuclid. Cependant un certain Bruce chante sur Metatheosis. Ma question… Who the fuck is Bruce? Et pourquoi n’est-il plus là?

Morean: Bruce est un de mes vieux amis et nous provenons de la même ville. Il est l’un des gars avec qui j’ai commencé à faire de la musique. Nous partagions le même local de pratique et nous sommes devenus des frères de métal si tu veux. On s’est mis à jouer des reprises à Noël, le temps où tout le monde revient en ville. On avait du plaisir à jouer du Emperor, Morbid Angel, Voivod, plein de trucs. Alors on s’est dit pourquoi ne pas aller plus loin avec ça? On s’est mis à écrire du métal, tout ce qu’il y a de plus normal. Les gens se foutaient de nous, mais le monde de la musique contemporaine s’est ouvert à nous et nous avons reçu plein d’offres intéressantes. Donc on a fait des spectacles avec des orchestres symphoniques et joué dans des festivals de musique contemporaine. Le groupe a donc pris une tournure différente en faisant des trucs vraiment hors de l’ordinaire. Bruce, malgré une voix décente, était plus du côté thrash métal, donc plus notre musique devenait compliquée, moins il était intéressé. Ça le stressait beaucoup de faire des concerts avec 80 musiciens, il n’y a pas de place à l’erreur. Il a quitté trois ans après l’enregistrement de Metatheosis et voilà maintenant que je suis le chanteur principal. Je sais que ça peut paraître compliqué pour certains…

Boulevard Brutal: Parlons maintenant de Dark Fortress… Vous avez un nouvel album qui sortira en septembre intitulé Venereal Dawn. À quoi peut-on s’attendre de ce disque?

Morean: Tu peux t’attendre à un album qui sonne vraiment Dark Fortress. Les gens qui connaissent le groupe savent d’où l’on provient, mais en même temps, on essaie toujours de faire quelque chose de différent avec un style et un son propre à lui. Les chansons sont longues, on a toujours écrit de longues chansons, avec un côté très épique. Il y a des passages très brutaux et d’autres plus mélodieux. On a travaillé fort et j’ai hâte que les gens puissent finalement l’entendre.

Tu veux en savoir plus? Tu peux entendre l’entretien complet ici:  

Parmi les trucs que Morean me conseillait d’écouter, il y avait notamment Dodecahedron, un groupe de black métal néerlandais pas piqué des vers… Voici le lien pour leur site internet. http://www.ddchdrn.com/

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Critique de War Eternal – Arch Enemy

29 mai 2014

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Je suis un fan de Arch Enemy. Mais je dois t’avouer que l’effort mis dans les récents albums se compare à celui de Thomas Vanek en série. Pas que ce n’était nécessairement mauvais, mais on sentait la troupe de Michael Amott sur le pilote automatique. Je peux bien comprendre qu’Amott voulait que son groupe produise le métal extrême le plus mélodique qui soit, mais mis à part quelques chansons, ça passait à côté de la track… Coup de théâtre, on apprenait récemment qu’Angela Gossow, chanteuse de la formation depuis déjà quatorze ans, se retirait pour gérer la carrière de Arch Enemy et finalement laisser sa place à la montréalaise Alissa White-Gluz, qui oeuvrait jusqu’à tout récemment avec The Agonist.

Qu’allait donc devenir Arch Enemy sans Angela? Est-ce qu’Alissa serait à la mesure? Une fille aux cheveux bleus? Personnellement, je m’inquiétais plus à savoir si Arch Enemy avait encore la capacité de nous sortir un bon album. Surtout avec le départ du frère de l’autre, le guitariste Christopher Amott, remplacé par Nick Cordle (Arsis). Alors, c’est bon ou mauvais ce War Eternal? Une chose est certaine, si tu n’es pas un fan d’Arch Enemy en partant, oublie ça l’gros. Malgré le changement de personnel, War Eternal est un album typique d’Arch Enemy… Et ça commence plutôt bien. Après l’introduction instrumentale intitulée Tempore Nihil Sanat (Prelude in F minor), c’est la pleine de blast beats Never Forgive, Never Forget qui me met un sourire au visage. J’aime ça. C’est vigoureux à souhait. Même chose avec les deux extraits que tu connais déjà probablement, War Eternal et As The Pages Burn. Pas mauvais du tout.

Il y a de bons moments entre autres avec les pièces Time Is Black (qui sonne très Heartwork de Carcass) et Down To Nothing. Si tu croyais que le départ de Christopher Amott laisserait des traces, bien dis-toi que le p’tit nouveau Nick Cordle fait la job en sale. Si tu aimes les solos qui torchent, il y’en a plein sur War Eternal. Même chose pour le batteur Daniel Erlandsson, son travail est à la hauteur de son talent. Mais il y a certaines chansons où Arch Enemy l’échappe un peu, comme le nouveau single You Will Know My Name. Générique en crisse. La plus plate du disque en fait.

Ok, je fais ma bitch à la Jean Airoldi et je donne une contravention de style à Alissa White-Gluz. Pourquoi porte-t-elle les mêmes fringues qu’à l’époque de The Agonist? C’est pas payant être la chanteuse de Arch Enemy? Trève de style vestimentaire, Alissa accomplit son rôle avec une bonne assurance, bien que j’aurais aimé entendre sa belle voix claire. Et c’est justement le problème avec War Eternal… Tant qu’à changer de chanteuse, pourquoi ne pas essayer de quoi de nouveau? J’ai l’impression qu’on exploite le talent de White-Gluz qu’à moitié. On la connait capable de beaucoup plus.

Bien que War Eternal est sans aucun doute bien meilleur que Khaos Legions, ce n’est pas de la trempe de Wages Of Sin paru en 2001. Pis Slayer ne sera jamais capable d’accomplir un autre Reign In Blood si jamais tu te poses la question. Toutefois cette guerre éternelle est un disque appréciable, si tu ne t’attends pas à trop. Je l’ai écouté à plusieurs reprises et j’aime bien ce que j’entends. Est-ce que je vais me le procurer en vinyle? Non. Mais ça fait la job dans le char. Je peux skipper des tounes, tsé…

Cote de Steve: 7 Jean Airoldi sur 10

https://twitter.com/stevedallaire


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