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«Nous entrons en studio en octobre…» – Entrevue exclusive avec Kurt Brecht de D.R.I.

23 août 2014

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Beau coup de filet de mon chum SebBrutal qui a réussi à me dégoter une rare entrevue avec le légendaire chanteur de D.R.I., Kurt Brecht. Je vénère son groupe depuis mon adolescence, alors j’étais vraiment heureux de pouvoir lui parler. Lui ne semblait pas partager nécessairement mon enthousiasme, j’ai eu des invités un peu plus bavards, mais l’entrevue demeure très intéressante et ça m’a permis d’en découvrir plus sur les projets du groupe. On discute de l’industrie de la musique, sa participation sur le projet Probot de Dave Grohl et plein d’autres trucs. Voici quelques extraits de l’entrevue et tu peux l’entendre au complet en bas de page.

Boulevard Brutal: Lorsque j’ai appris que j’avais une entrevue avec toi, j’ai demandé aux gens sur Twitter si ils avaient une question pour toi. La réponse était unanime, va t-il y avoir un nouvel album de D.R.I. un jour?

Kurt Brecht: Bien on a réservé un studio en octobre dans le sud de la Californie où nous serons d’ailleurs en tournée. Nous allons donc en profiter pour enregistrer avec le réalisateur Bill Metoyer. Il a travaillé sur nos gros albums (Crossover, Four Of A Kind, Thrash Zone), aussi avec Slayer et plein d’autres gros noms.

Boulevard Brutal: C’est la première nouvelle que j’ai à ce sujet!

Kurt Brecht: On ne sait pas trop encore ce qu’on va faire, peut-être juste un EP…

Boulevard Brutal: Avez-vous déjà des chansons de prêtes?

Kurt Brecht: Oui, elles sont toutes prêtes…

Boulevard Brutal: On peut s’attendre à quoi? Un son comme à l’époque de Four Of A Kind ou la période avant?

Kurt Brecht: La période avant. Plus punk rock que métal je dirais.

Boulevard Brutal: Comment va la santé de votre guitariste Spike (atteint d’un cancer du colon)?

Kurt Brecht: Vraiment bien! Il a eu quelques problèmes avec ses doigts il y a environ un an, mais ça va bien maintenant.

Boulevard Brutal: De tous les albums que tu as enregistré avec D.R.I., quel est celui dont tu es le plus fier?

Kurt Brecht: Hmmmm…. Je dirais que je ne suis pas super fier des albums que nous avons fait… Il y a des chansons dont j’étais certain qu’elles seraient bonnes, mais le travail en studio faisait que ça ne fonctionnait pas comme prévu. Pour d’autres, c’est l’inverse qui s’est produit. C’est comme dans les films tsé, souvent même après avoir mis beaucoup d’effort dans la production, le film est poche… Full Speed Ahead est probablement celui dont je suis le plus fier. Et je constate que tranquillement les gens redécouvrent ce disque et s’aperçoivent que c’est un excellent album, même si à l’époque Full Speed Ahead n’a pas créé beaucoup d’impact.

Tu peux donc entendre le reste de l’entrevue ici! Enjoy!

 

 

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Critique de Mordrake – Hollow

5 août 2014

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Hollow est une formation montréalaise qui après quelques années d’existence et plusieurs changements de personnel, nous présente finalement son premier album intitulé Mordrake. Le groupe avait d’ailleurs impressionné bien du monde lors de sa prestation au Heavy MTL en 2012. D’entrée de jeu, je te dirais qu’il en fait tout autant sur disque. Je suis du type plutôt frisquet envers le black/death symphonique, mais je dois avouer que l’approche de Hollow m’a séduit. Mordrake est une galette des plus robuste. Toujours sans contrat de disque, il ne serait pas étonnant de voir Hollow se faire signer bientôt, du moins je le souhaite.

Pour faire changement, je vais te parler de la fin de l’album, car oui, Mordrake se divise en deux parties, la seconde étant vraiment, mais vraiment divertissante. Connais-tu la légende d’Edward Mordrake? Bien c’est un homme qui aurait vécu au 19ème siècle qui possédait un visage féminin derrière la tête. Et bien que ce faciès ne pouvait parler, semble t-il qu’il avait la capacité de rire et pleurer… Pire, ce deuxième visage chuchotait des choses terribles à Mordrake durant la nuit. Tellement que le pauvre a demandé à des médecins de lui retirer cette chose immonde, mais en vain, s’enlevant ainsi la vie à 23 ans. Déconcertant… Baptême, j’en ai même fait un cauchemar… J’avais la face du maire Jean Tremblay derrière mon crâne qui disait sans cesse «Saguenay is a white cities»… Assez pour mettre fin à ses jours me diras-tu.

D’accord, trêve de niaiseries. Le thème est des plus intéressant, mais la musique l’est tout autant. Répartie sur les trois dernières chansons, la saga de Mordrake nous transporte de sa naissance jusqu’à sa mort dans un univers autant brutale que mélodique, tout ça sur la voix versatile et fascinante de Jeff "Mott" Macdermott. Fan de Dimmu Borgir? Tu vas adorer. D’autant plus que les norvégiens semblent en panne d’inspiration depuis un bout… V’la ta chance! En prime, la section symphonique est juste bien dosée pour ne pas tomber dans le côté «fromagée» de la chose.

Quant à la première moitié du disque, je n’ai guère à redire. Les compositions sont éclatantes, encore une fois les influences de Dimmu Burger sont omniprésentes, ajoutée d’une touche du Children Of Bodom des beaux jours. Je dis ça parce que le travail du guitariste Dave "Cadaver" Gagné est digne des plus grands. Ses solos sont savoureux et ajoute au côté mélodique de la musique de Hollow.

Ça te plait? Moi aussi. Un ange qui se fait massacrer, j’aime ça. Fait intéressant, aucun trigger n’a été utilisé durant l’enregistrement des pistes de batterie de Blake "Blaac" Lemieux. Donc ce que tu entends est naturel, ce qui donne une sonorité plus organique à ce Mordrake. Et c’est tant mieux comme ça, j’ai toujours reproché le côté synthétique au métal symphonique. La réalisation de Kevin Jardine (Slaves On Dope, ben oui toé) est irréprochable, le gars a réussi parfaitement à capter le son de Hollow. Autre aspect intéressant dont je ne parle pas assez souvent, la pochette et le livret de Mordrake sont de toute beauté. Ça vaut le coup de se procurer ça en cd. En vinyle j’espère un jour…

Malgré le fait que ce premier opus de Hollow ne soit des plus originaux (les influences sont indéniables), Mordrake est un disque extrêmement bien fait qui me réconcilie avec un style musical que j’avais abandonné depuis belle lurette. Tu peux te procurer Mandrake pour seulement 10$ ici

Cote de Steve: 8.5 faces de pet derrière le crâne sur 10

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Critique de Esoteric Warfare – Mayhem

18 juillet 2014

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Enfin un nouvel album du ‘’True Mayhem’’, comme le dit si bien la page officielle du groupe sur Facebook. Je n’étais pas au courant qu’il existait un faux Mayhem, enfin… Même après 30 ans de carrière, il est toujours intéressant d’accueillir un disque de la formation la plus controversée de tous les temps. Meurtre à l’interne, suicide du chanteur et j’en passe, Mayhem a fait plus parler de lui avec ses actions qu’avec sa musique. Et Esoteric Warfare n’est que le cinquième album complet de ces ténébreux norvégiens. Beaucoup de changement de personnel aussi lors de ces trente ans, le dernier étant le départ (ou la mise à pied) du guitariste Blasphemer. N’ayez crainte, les gars ne l’ont pas mangé ni fait des colliers avec des morceaux de son crâne. C’est un peu ça aussi vieillir…

5 albums sur 3 décennies, c’est pas un gros char. Sept ans après la sortie du confus Ordo Ad Chao, voici donc le très attendu Esoteric Warfare. Et ce que j’apprécie de Mayhem, c’est qu’à chaque fois, tu ne sais trop à quoi t’attendre. Ce que tu penses, le groupe s’en crisse pas mal. Pas question de refaire un De Mysteriis Dom Sathanas, y’a déjà plein d’autres groupes qui s’en chargent. Avec maintenant Teloch (NIDINGR) à la guitare, on pouvait donc s’attendre à quelque chose de différent encore une fois avec Esoteric Warfare.

Différent, oui et non. Bien que Teloch possède un son à la Blasphemer, il ajoute sa touche personnelle sans trop s’éloigner de la ligne directrice de Mayhem. Ce nouveau disque se veut en quelque sorte une rétrospective musicale de la carrière de la formation. Pour la première moitié de l’album, c’est le côté plus agressif et old-school que l’on retrouve entres autres sur Watcher et Psywar (la meilleure pièce du disque à mon avis). C’est également sur ces morceaux que l’incroyable batteur Hellhammer se distingue le plus. J’irais même plus loin en disant qu’il vole carrément le show. Une vraie leçon de blast beats en règle.

Jusque-là, tout va bien. Pour la deuxième moitié toutefois, il faut être un peu plus patient pour en apprécier le plein potentiel. On y retrouve encore une musique sauvage comme à l’époque de Chimera sur Corpse Of Care mais aussi des chansons très glauques aux pauses ambiantes comme l’on pouvait entendre sur Ordo Ad Chao. Rien qui ressemble à Grand Declaration Of War, fort heureusement. C’est d’ailleurs sur ces passages plus expérimentaux que la voix d’Attila prend la vedette. Le gars est littéralement possédé, on se croirait en pleine séance d’exorcisme… Narrations glaciales, cris totalement désespérés, grognements des plus lugubres, tout y est pour que la tête te fasse un 360, Linda Blair style…

Même si plusieurs écoutes sont nécessaires pour apprécier Esoteric Warfare (d’où ma critique tardive), c’est un disque beaucoup plus cohérent que les deux derniers. La réalisation est toujours aussi crue mais toutefois plus puissante que sur Ordo Ad Chao. Tu entends même la basse de Necrobutcher, c’est ben pour dire…  Ne cherche pas de Freezing Moon ou de Funeral Fog là-dessus, tu vas être déçu, ta croix à l’envers va passer de travers. À cette étape de leur carrière, il est évident de constater que Mayhem ne refera jamais le même album deux fois, que tu le souhaites ou non.

Cote de Steve: 8 colliers avec des morceaux de crânes sur 10

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Necrobutcher: "Pis si t’aimes pas ça, FUCK YOU!!!"

Blacky quitte Voivod!!!

11 juillet 2014

Dan and Blacky - VOIVOD!!!!!

Triste nouvelle, Jean-Yves "Blacky" Thériault ne fait plus partie de Voivod. Au moment où j’écris ces lignes, tout ce que je sais est que lui et Voivod ne communiquent plus depuis des mois. Thériault a confirmé qu’il ne sera pas sur scène samedi à Jonquière. Dommage, car le groupe devait être honoré par leur ville natale le même soir. Plus de détails sous peu.

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Critique de When Life Comes To Death – Young And In The Way

4 juillet 2014

YAITW

Il est possible que le nom Young And In The Way te dit quelque chose. C’est ce fameux groupe qui a fait les manchettes un peu partout sur la planète la semaine dernière en aspergeant la foule de sang de cochon, forçant ainsi la salle où il se produisait à fermer quelques jours, le temps de nettoyer le gâchis. Ben oui, tu me diras qu’il n’y a rien d’original dans tout ça, David Jalbert le fait dans presque toutes ses prestations. Mais on s’entend, Jalbert, c’est un osti de malade… N’empêche que YAITW ne donne pas sa place et nous présente son premier album sur une grosse étiquette, soit Deathwish Records.

Ça faisait longtemps que je n’avais pas ressenti un certain élément de danger en écoutant un disque, la dernière fois étant avec l’excellent Unrelenting Fucking Hatred de Rage Nucléaire. YAITW te bouscule avec son black métal crasseux teinté de D-Beat et de punk avec une agressivité hors du commun. Y’en a plein qui font le même truc, mais rares sont ceux qui le font avec autant de férocité. Dès ma première écoute, j’étais su’l cul. C’est tellement intense comme expérience que c’en est presque suffocant.

La formation de la Caroline Du Nord se présente comme un collectif, alors je n’ai aucune idée du nom des gars. On s’en fout. Toutefois je peux te dire que When Life Comes To Death débute avec l’excellente Betrayed By Light, un marteau-pilon drette en partant. Les cris stridents du chanteur semblent provenir directement d’une grotte dans le fond de la Norvège. Ça fait peur. Fuck This life poursuit dans la même veine avec des blast beats dans le tapis et des guitares abrasives. YAITW ne font pas que du black métal pour le fun, il t’étouffe carrément avec. La pochette représente assez bien à quoi tu peux t’attendre comme recette musicale.

La pièce Be My Blood est toute aussi punitive alors que sur Self-Inflected, l’assaut s’arrête brusquement pour se conclure avec une douce guitare qui réussit tout de même à donner froid dans le dos… Intriguant. Sur Loved And Unwanted, le carnage reprend de plus belle et quand le chanteur gueule «Pull the trigger! Shoot me dead!», t’as comme pas le choix d’y croire tellement le niveau d’intensité est à son maximum. Même quand le rythme est plus lent comme sur We Are Nothing, la violence sonore ne baisse pas d’un cran. C’est pas un disque pour les doux.

Ce qui est étonnant, c’est que YAITW réussit quand même à offrir un produit diversifié tout en gardant la philosophie «m’a te tuer mon osti». La preuve étant sur la dernière chanson de l’album, Embrace Extinction, un truc planant qui s’étire sur plus de neuf minutes. Les gars démontrent que non seulement ils sont des brutes sans pitié, mais qu’ils sont aussi capables d’écrire de bonnes mélodies. Mais on s’entend, ça demeure tout de même déconcertant, t’inquiète pas.

Malgré le fait qu’il y avait un budget de disponible pour engager un réalisateur en studio, les membres de YAITW ont plutôt choisi de réaliser le tout eux-mêmes, question de liberté semble-t-il. Faut croire que c’était la bonne décision car le son est crasseux à souhait, en parfait accord avec la musique. When Life Comes To Death est un coup de poignard à la gorge, ni plus ni moins.

Cote de Steve: 9 David Jalbert sur 10

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Critique de Hymnosis – Psychotic Gardening

13 juin 2014

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Jusqu’à tout récemment, le nom Psychotic Gardening ne me disait rien. Mais bon, voilà que je reçois une copie physique de Hymnosis à la maison, ce qui est plutôt rare de nos jours (je ne reçois que des copies numériques en général), alors pour cette raison,  j’ai décidé de donner une chance à ce groupe de Winnipeg. D’autant plus que dans notre dernier podcast, nous étions supposés parler terrassement et jardinage, alors avec un tel nom de groupe, j’avais l’occasion idéale pour me reprendre… Ben oui toé, ce jardinage psychotique provient de Winnipeg. Les nuits y sont peut-être longues là-bas comme dirait l’autre, mais elles peuvent être brutales en crisse aussi. Psychotic Gardening en fait foi avec ce quatrième album (?!).

La formation manitobaine existe depuis 1995 et Hymnosis marque son retour après une longue pause. Le leader du groupe Chuck Labossiere a d’ailleurs participé à la tournée européenne et canadienne de Broken Hope durant cette période. Ça se met bien sur un curriculum vitae. Est-ce que ce retour en valait le coup? Sans aucun doute. Psychotic Gardening offre un mélange de doom et de death métal plus que satisfaisant. Et je ne sais trop pourquoi, mais c’est le genre de disque qui me met de bonne humeur. Pourtant la musique proposée ici n’a rien à voir avec les plaines à perte de vue et la joie de vivre.

Le jardinage démarre en trombe avec Origin Of The infection et dès lors, c’est la voix vociférante du chanteur Gillishammer qui prédomine sur les bass drums galopants du batteur Matt Penner. Heavy en sale. Defile continue un peu dans le même ton, toutefois avec un death métal un tantinet plus traditionnel. Une bonne toune pour hocher de la tête tout en semant des carottes.

C’est toutefois avec Re-Hybridized Stain que le son plus doom de Psychotic Gardening se définit. Les fans de Paradise Lost et Type O Negative pourront se régaler de cette pièce et bien d’autres d’ailleurs sur cet opus, cependant il ne faut pas compter sur les voix claires, les grognements gutturaux sont à l’honneur. Mindfold et Genome Degradation nous ramènent quant à elles dans des territoires plus rapides et agressifs. Et c’est ce que j’apprécie de ce Hymnosis, c’est un disque très varié qui se laisse déguster du début à la fin.

Le point culminant demeure toutefois l’excellente reprise du classique de Death, Open Casket. Parle-moi de ça quand un groupe réussit à totalement s’approprier une chanson. Parfaitement réussie. L’apport de Tim Roth de Into Eternity et Chuck Wepfer de Broken Hope sur cette pièce y est certainement pour quelque chose. Tiens, gâte-toé!!!

Malgré le fait que Psychotic Gardening ne soit signé encore par aucune compagnie de disques (ce qui ne saurait tarder, du moins j’espère) , Hymnosis est une offrande des plus robustes. Réalisation titanesque, performance musicale irréprochable, ambiance glauque et sadique, que demander de mieux? Du fumier? Euh… Non. Peut-être juste une petite touche d’originalité additionnelle et on aurait droit à un album exceptionnel. Même à ça, Hymnosis est un excellent divertissement à qui tu devrais toi aussi tendre le chou-fleur.

Cote de Steve: 8 Garden Party sur 10

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Entrevue avec Morean de Noneuclid et Dark Fortress

8 juin 2014

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Je t’ai parlé récemment en critique du deuxième album de Noneuclid intitulé Metatheosis, un disque que j’ai adoré. Le chanteur de la formation allemande a lu la critique, m’a contacté pour me remercier et m’a offert de faire une entrevue avec lui. Je ne pouvais tout simplement pas refuser. Noneuclid est encore peu connu ici et s’il y a un groupe que tu te dois de découvrir cette année, c’est bien lui. Morean est un passionné de musique comme j’en ai rarement rencontré. Avant que je débute l’enregistrement, il me parlait de son amour inconditionnel de Voivod et de tout le talent qu’il y au Canada. En fin d’entrevue, il s’est mis à m’envoyer des liens de groupes que je devais découvrir et tu l’entends pitonner sur son ordinateur. Un vrai de vrai. Je n’ai rien coupé au montage parce que je trouvais ça très sympathique. Malgré le fait qu’il était minuit pour lui en Allemagne (six heures de différence avec nous), il a pris le temps de nous jaser ça. Morean est aussi le chanteur de Dark Fortress, une excellente formation black métal qui sort son nouvel album en septembre. Doublement intéressant… Je te partage donc quelques extraits de l’entrevue et tu pourras l’écouter au complet en MP3 en fin de page.

Boulevard Brutal: Première des choses, je tenais à te féliciter pour le nouvel album. Il n’y a rien qui sonne comme Noneuclid. Qu’est qui t’inspire à écrire une telle musique.

Morean: Merci, c’est gentil. Je suis heureux de voir que les gens apprécient une musique que nous faisons avant tout pour nous-mêmes. Dans la vraie vie, je suis un compositeur de musique classique contemporaine, et bien d’autres trucs. Notre musique est différente parce que je suis habitué à écrire différentes harmonies, sauf qu’avec Noneuclid on fait ça avec du métal. On joue beaucoup avec la polyphonie, qui se veut la combinaison de plusieurs mélodies ou de parties musicales différentes mais jouées en même temps, ce qui nous amène dans des territoires différents. Ça ajoute de la profondeur et une troisième dimension à la musique. Mais ça doit demeurer métal, c’est notre seule contrainte. Tout ça mélangé avec nos influences.

Boulevard Brutal: Parlant d’influences, j’ai remarqué beaucoup de références à King Crimson, Voivod et Celtic Frost dans votre musique… Est-ce que j’ai raison?

Morean: Absolument!!! J’avoue ne pas connaître beaucoup King Crimson par contre. Mais les gens comparent beaucoup ce que je fais avec ce groupe et j’ai bien aimé leur musique. Toutefois notre guitariste V. Santura (Triptykon, Dark Fortress) est un fan fini. Il a joué aussi avec Celtic Frost, alors il a composé la pièce The Black Plague Of The Soul en revenant de tournée avec eux. Tu peux entendre dans cette chanson qu’il a appris du maître lui-même (Thomas Gabriel Fischer)… Pour Voivod, le groupe a toujours signifié quelque chose de spécial pour moi et ce dès mon adolescence. Juste après Slayer en fait. C’est une des rares formations dont j’écoute encore la musique sur une base quotidienne.

Boulevard Brutal: Pourquoi avoir attendu huit ans avant de sortir un nouveau disque?

Morean: Nous avons une bizarre méthode de fonctionnement… Metathosis fut enregistré en 2007 et voit le jour maintenant. Pour le premier, nous l’avons sorti en fait en 2004. Nous nous sommes rencontré, avons écrit l’album, mais il n’est paru que quatre ans plus tard. Les compagnies de disques n’ont pas répondu à l’appel car elles ne savaient pas comment nous catégoriser. Elles ne pouvaient pas comprendre vraiment ce que nous faisions et nous avons vraiment été déçus par tout ça. Mais étrangement maintenant, les portes s’ouvrent et plus personne ne cherche à classifier notre style. Peut-être qu’à l’époque les gens ne voulaient pas de ce genre de métal, je ne sais trop.

Boulevard Brutal: Tu es maintenant le chanteur officiel de Noneuclid. Cependant un certain Bruce chante sur Metatheosis. Ma question… Who the fuck is Bruce? Et pourquoi n’est-il plus là?

Morean: Bruce est un de mes vieux amis et nous provenons de la même ville. Il est l’un des gars avec qui j’ai commencé à faire de la musique. Nous partagions le même local de pratique et nous sommes devenus des frères de métal si tu veux. On s’est mis à jouer des reprises à Noël, le temps où tout le monde revient en ville. On avait du plaisir à jouer du Emperor, Morbid Angel, Voivod, plein de trucs. Alors on s’est dit pourquoi ne pas aller plus loin avec ça? On s’est mis à écrire du métal, tout ce qu’il y a de plus normal. Les gens se foutaient de nous, mais le monde de la musique contemporaine s’est ouvert à nous et nous avons reçu plein d’offres intéressantes. Donc on a fait des spectacles avec des orchestres symphoniques et joué dans des festivals de musique contemporaine. Le groupe a donc pris une tournure différente en faisant des trucs vraiment hors de l’ordinaire. Bruce, malgré une voix décente, était plus du côté thrash métal, donc plus notre musique devenait compliquée, moins il était intéressé. Ça le stressait beaucoup de faire des concerts avec 80 musiciens, il n’y a pas de place à l’erreur. Il a quitté trois ans après l’enregistrement de Metatheosis et voilà maintenant que je suis le chanteur principal. Je sais que ça peut paraître compliqué pour certains…

Boulevard Brutal: Parlons maintenant de Dark Fortress… Vous avez un nouvel album qui sortira en septembre intitulé Venereal Dawn. À quoi peut-on s’attendre de ce disque?

Morean: Tu peux t’attendre à un album qui sonne vraiment Dark Fortress. Les gens qui connaissent le groupe savent d’où l’on provient, mais en même temps, on essaie toujours de faire quelque chose de différent avec un style et un son propre à lui. Les chansons sont longues, on a toujours écrit de longues chansons, avec un côté très épique. Il y a des passages très brutaux et d’autres plus mélodieux. On a travaillé fort et j’ai hâte que les gens puissent finalement l’entendre.

Tu veux en savoir plus? Tu peux entendre l’entretien complet ici:  

Parmi les trucs que Morean me conseillait d’écouter, il y avait notamment Dodecahedron, un groupe de black métal néerlandais pas piqué des vers… Voici le lien pour leur site internet. http://www.ddchdrn.com/

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Critique de War Eternal – Arch Enemy

29 mai 2014

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Je suis un fan de Arch Enemy. Mais je dois t’avouer que l’effort mis dans les récents albums se compare à celui de Thomas Vanek en série. Pas que ce n’était nécessairement mauvais, mais on sentait la troupe de Michael Amott sur le pilote automatique. Je peux bien comprendre qu’Amott voulait que son groupe produise le métal extrême le plus mélodique qui soit, mais mis à part quelques chansons, ça passait à côté de la track… Coup de théâtre, on apprenait récemment qu’Angela Gossow, chanteuse de la formation depuis déjà quatorze ans, se retirait pour gérer la carrière de Arch Enemy et finalement laisser sa place à la montréalaise Alissa White-Gluz, qui oeuvrait jusqu’à tout récemment avec The Agonist.

Qu’allait donc devenir Arch Enemy sans Angela? Est-ce qu’Alissa serait à la mesure? Une fille aux cheveux bleus? Personnellement, je m’inquiétais plus à savoir si Arch Enemy avait encore la capacité de nous sortir un bon album. Surtout avec le départ du frère de l’autre, le guitariste Christopher Amott, remplacé par Nick Cordle (Arsis). Alors, c’est bon ou mauvais ce War Eternal? Une chose est certaine, si tu n’es pas un fan d’Arch Enemy en partant, oublie ça l’gros. Malgré le changement de personnel, War Eternal est un album typique d’Arch Enemy… Et ça commence plutôt bien. Après l’introduction instrumentale intitulée Tempore Nihil Sanat (Prelude in F minor), c’est la pleine de blast beats Never Forgive, Never Forget qui me met un sourire au visage. J’aime ça. C’est vigoureux à souhait. Même chose avec les deux extraits que tu connais déjà probablement, War Eternal et As The Pages Burn. Pas mauvais du tout.

Il y a de bons moments entre autres avec les pièces Time Is Black (qui sonne très Heartwork de Carcass) et Down To Nothing. Si tu croyais que le départ de Christopher Amott laisserait des traces, bien dis-toi que le p’tit nouveau Nick Cordle fait la job en sale. Si tu aimes les solos qui torchent, il y’en a plein sur War Eternal. Même chose pour le batteur Daniel Erlandsson, son travail est à la hauteur de son talent. Mais il y a certaines chansons où Arch Enemy l’échappe un peu, comme le nouveau single You Will Know My Name. Générique en crisse. La plus plate du disque en fait.

Ok, je fais ma bitch à la Jean Airoldi et je donne une contravention de style à Alissa White-Gluz. Pourquoi porte-t-elle les mêmes fringues qu’à l’époque de The Agonist? C’est pas payant être la chanteuse de Arch Enemy? Trève de style vestimentaire, Alissa accomplit son rôle avec une bonne assurance, bien que j’aurais aimé entendre sa belle voix claire. Et c’est justement le problème avec War Eternal… Tant qu’à changer de chanteuse, pourquoi ne pas essayer de quoi de nouveau? J’ai l’impression qu’on exploite le talent de White-Gluz qu’à moitié. On la connait capable de beaucoup plus.

Bien que War Eternal est sans aucun doute bien meilleur que Khaos Legions, ce n’est pas de la trempe de Wages Of Sin paru en 2001. Pis Slayer ne sera jamais capable d’accomplir un autre Reign In Blood si jamais tu te poses la question. Toutefois cette guerre éternelle est un disque appréciable, si tu ne t’attends pas à trop. Je l’ai écouté à plusieurs reprises et j’aime bien ce que j’entends. Est-ce que je vais me le procurer en vinyle? Non. Mais ça fait la job dans le char. Je peux skipper des tounes, tsé…

Cote de Steve: 7 Jean Airoldi sur 10

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Critique de Metatheosis – Noneuclid

21 mai 2014

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Noneuclid est une sorte de «supergroupe» même si la plupart des membres ne te disent probablement pas grand chose. Tu connais peut-être les groupes dont ils proviennent toutefois. La formation est composée de membres de Dark Fortress, Triptykon, Revamp, Obscura and The Hungry Gods, donc tu devines que ce ne sont pas des tout-nus. Le premier album, The Crawling Chaos, est paru il y a huit ans, donc Noneuclid n’est pas plus pressé à sortir un disque que Ville Saguenay à «patcher» les trous dans ses rues. C’est Seb de Boulevard Brutal qui m’a fait découvrir trois chansons de ce Metatheosis, citant les influences de Voivod pour m’aguicher. Méchante agace. Il me connait bien le dude. Quinze minutes plus tard, j’avais acheté l’album en pré-commande. En plus, tu peux débourser le montant que tu veux sur le Bandcamp du groupe, ça j’aime ça.

C’est très rare que je paie pour un disque dont je fais la critique. Je n’ai aucun regret sur cet achat. Et là, je vais taper un mot que je n’ai pas écrit depuis belle lurette, originalité. Une denrée de plus en plus rare ces temps-ci. D’entrée de jeu, pour apprécier la démarche de Noneuclid, il faut que tu sois ouvert à la musique avant-gardiste. Pas de demi-mesure, t’aimes ça ou tu détestes. Étant donné que c’est un projet à temps partiel, la formation basée en Allemagne y va «all-in» dans son expérimentation musicale. Pourtant, bien que Noneuclid incorpore des éléments métal bien connus dans ses chansons, il n’y a rien qui ressemble à ce que le groupe fait. Metatheosis est un disque extrêmement rafraichissant.

Parlant de Voivod, la voix claire de Bruce (Bruce qui au fait?) ressemble étrangement à celle du grand Snake. Quand il utilise sa voix plus méchante, les influences de Tom Araya se font sentir. Mais le mystérieux Bruce a quitté Noneuclid après l’enregistrement de Metatheosis, et c’est le guitariste Morean (Dark Fortress) qui a pris la relève. Alors comment ça sonne maintenant? Ton idée est aussi bonne que la mienne… Chose certaine, les gars sont durs à suivre. Qu’importe, le travail du dit Bruce est impeccable tout au long du disque.

Néo-Thrash? Oui, à la base. Des fois ça ressemble à du Coroner et d’autres fois à Celtic Frost, mais on est bien loin de Municipal Waste ou Havoc. Death métal? Certains passages pourraient se retrouver sur un album de Morbid Angel sans problème. Black métal? On y retrouve des riffs ultra rapides et des blast beats sur une voix malsaine à l’occasion. Progressif? Totalement. Les fans de King Crimson peuvent aisément se régaler sur la trilogie intitulée Into The Light. C’est là aussi que la présence du bassiste Linus Klausenitzer (Obscura) est d’autant plus évidente. Pis il y a des traces de doom métal aussi, entre autres sur le pièces The Black Plague of the Soul et Buried Forever. J’imagine que l’apport du guitariste V. Santura (Triptykon) y joue pour quelque chose. Donc il est presque impossible de décrire parfaitement le style de Noneuclid, sauf peut-être pour te dire que ces musiciens vertigineux réussissent à mélanger tous ces genres de manière ahurissante. Encore mieux, ils parviennent à faire de foutues bonnes chansons.

Metatheosis se veut donc un album pour oreilles averties. Pas le disque idéal pour une soirée baloney sur le BBQ, genre. Ça nécessite quelques écoutes pour en apprécier le plein potentiel, idéalement avec une bonne paire d’écouteurs, ben ben fort dans tes oreilles… Une sacrée belle découverte.

Cote de Steve: 9 «Si tu l’achètes sur Bandcamp, donne plus que 2$, crisse de cheap»sur 10

P.S. Tu aimes les filles aux cheveux bleus? La semaine prochaine, je te parle du nouveau Arch Enemy….

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Critique de C’est Un Très Beau Témoignage – Matante Mutante

10 mai 2014

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Faut que je t’avoue quelque chose en partant, j’ai un certain parti pris pour Matante Mutante. J’ai joué de la batterie avec le groupe à quelques occasions dans le passé, les gars sont des chums, je ne m’en cache pas. Mais à ma défense, lorsque je les ai vu en spectacle pour la première fois en 2008, je ne les connaissais pas personnellement. Toutefois notre passion commune pour le métal et surtout le baloney nous a unie à tout jamais. Je suis cependant assez intègre pour critiquer leur travail et je crois que Matante est capable de comprendre mon point de vue, bon ou mauvais. Elle est capable d’en prendre. Il le faut bien, car ça prend du courage et de la ténacité en baptême pour faire du métal en français.

Donc deuxième album de la formation de Saguenay après le très bon Y’a Un Os Dans L’Baloney paru il y a déjà quatre ans. Le groupe a roulé sa bosse depuis ce temps, jouant en finale du Festival Dédé Fortin en 2012, s’ajoutant à ça d’innombrables prestations toutes aussi spéciales les unes que les autres. Si tu n’a jamais vu Matante Mutante sur une scène, il faut que tu vois ça au moins une fois dans ta vie. Tu ne peux pas résister à leur folie… Et ce nouvel opus, ça ressemble à quoi? Ceux qui sont familiers avec le groupe ne seront pas déboussolés. On y retrouve toujours les influences thrash de Sepultura, les harmonies de System Of A Down et le côté disjoncté de Mononc’ Serge, mais avec des compositions plus solides que sur la précédente offrande.

Avec des titres comme La Nymphomane Anorexique Droguée Lesbienne Monoparentale Sur Le B.S. et Je Suis Ce Que Je Chie, tu pourrais croire que Matante ne prend pas sa musique au sérieux. Pas pantoute. De tous les bands que je côtoie, c’est de loin le plus travaillant. Malgré les jobs aux horaires de fous et les jeunes enfants (oui, les gars ont l’audace de se reproduire), Matante est dans son local à chaque lundi soir à travailler ses tounes et peaufiner les moindres détails. Et c’est pour ça que C’est Un Très Beau Témoignage est un bon disque.

Parlons d’abord de la musique. Avec Matante Mutante, tout est dans le groove, mais les gars ne se limitent pas à la formule «couplet-refrain-couplet». Il y a toujours de quoi qui sort du lot dans chacune des pièces pour rendre le tout intéressant. Et malgré que l’enregistrement du disque s’est fait en un temps éclair, c’est tight pas à peu près, particulièrement la section rythmique du batteur Dave Morais et le bassiste Éric Tremblay. Impressionnant. Le guitariste Mathieu Tremblay y va de ses plus beaux riffs cette fois-ci, particulièrement sur l’intro de ma chanson préférée du disque, Chapiteau En Polythène. Quant au chanteur Steeve Gagnon, il livre ses textes absurdes de façon on ne peut plus baveuse, un peu à la manière de Serj Tankian de System Of A Down. L’exercice de diction sur La Nymphomane est à couper le souffle. Du beau boulot.

Personnellement, je trouve que ce nouvel album est plus concis que Y’a Un Os Dans l’Baloney. Matante est toujours aussi grosse, laide et puante, mais plus expérimentée et en confiance. Un bémol toutefois, la réalisation de Francois C. Fortin (Studio Sonum) est identique au disque précédent. Même si ça sonne très bien, j’aurais apprécié quelque chose d’un peu plus aventureux. Juste un peu trop homogène à mon goût. Bref, si je te parle de Matante Mutante aujourd’hui, c’est que malgré tout son talent, la formation demeure encore méconnue et mérite définitivement un meilleur sort. C’est Un Très Beau Témoignage est disponible en ce moment à seulement 5.99$ sur Itunes, lâche-toé lousse. Crisse, c’est pas plus cher qu’une livre de baloney tranché mince.

Cote de Steve: 8 Nymphomanes anorexiques droguées lesbiennes monoparentales sur le bs sur 10

https://twitter.com/stevedallaire


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