Le Best OV 2013 de Alexandre Duguay

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2013 aura été, en ce qui concerne le métal, une crucifix de bonne année! Une année qui n’a peut-être pas démarrée sur les chapeaux de roues; il y aura également eu quelques ratés notables (Super Collider de Megadeth me vient en tête, genre), mais on peut parler grosso modo d’une cuvée supérieure. 2013 a aussi été une année de retours importants. D’abord, celui de Black Sabbath avec Ozzy qui a fait beaucoup de bruit. Beaucoup de bruit pour rien en ce qui me concerne, mais il n’y a pas que les papys vétérans qui se la sont ramenées. J’étais excité comme une groupie de boys bands à l’idée du comeback de Carcass, mais aussi du retour de Gorguts. Sinon, y’a pas mal de vieux de la veille qui ce sont pointés avec des offrandes fort potables, tandis que d’autres ce sont contentés de servir platement du réchauffé. Bref, tout ça pour dire que du métal, il y en a eu encore une hostie de trâllée, ce qui fait qu’on ne peut hélas tout entendre. Mais du lot qui est parvenu à mes oreilles en quête de sensations fortes, je peux dire qu’il y a eu de l’ostensoir de bon stock.

Tellement en fait que l’exercice m’a donné du fil à retordre. Avoir à trancher ne fut pas très agréable, mettons. Vous me redemanderiez quel est mon top 10 demain et il y a fort à parier qu’on y retrouverait quelques variables. Vraiment pas facile donc, (je vous reviens d’ailleurs en début d’année prochaine avec mes autres candidats écartés au Best Ov 2013), mais il faut se prêter au jeu, aussi brutal soit-il! So be it!

 

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#10  Ghost B.C. – Infestissumam / In Solitude – Sister

Ben oui toé, un ex aequeo! Je contourne déjà les règles en partant. J’suis d’même…

L’occultisme et le satanisme ont toujours été des thèmes bien présents au sein de la culture heavy métal, mais disons que cette année, certains groupes s’en sont donnés à cœur joie. Abordant la chose chacun à leur manière, Ghost B.C. et In Solitude, deux groupes suédois, jouent cependant bel et bien dans le même carré de sable. Le second le fait peut-être avec moins d’éclat au niveau du marketing, mais leur puissant Sister, plus subtil et livré avec une plus grande cohésion, possède un pouvoir tout aussi envoûtant. Quant à Infestissumam, saluons la présence impressionnante de Papa Emeritus II grâce à son charisme inquiétant. J’ai écouté Infestissumam jusqu’à m’en lasser. Je l’ai laissé de côté quelques mois et y suis revenu récemment pour être bien certain qu’il avait sa place au sein de mon petit palmarès personnel. Avec du recul, j’en conclue qu’il mérite son spot.Chacune des pièces comporte des passages accrocheurs et efficaces. Un disque théâtral, amusant et kitsch à la limite, oscillant entre rock, heavy et même empruntant quelques éléments au punk et au disco. Zombie Queen et Year Zero me gagnent à chaque putain de fois.

Pour les fans de : Mercyful Fate, Graveyard

 

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#9  Gris – À l’âme enflammée, l’äme constellée…

À l’ère de la consommation hyper rapide et boulimique de contenu, le pari de suggérer un album totalisant 80 minutes peut s’avérer suicidaire. Surtout lorsque la majorité des pièces font entre 8 et 15 minutes et que l’écoute exige de l’auditeur une immersion complète afin de pouvoir apprécier pleinement l’œuvre. C’est ce dont il s’agit pour À l’âme enflammée, l’äme constellée… du duo québécois Gris. Tu ne peux pas écouter cet ambitieux projet en t’entraînant ou en passant l’aspirateur. Tu peux toujours, mais ce ne serait pas te rendre service et ce serait aussi injuste pour Icare et Neptune, les musiciens derrière ce projet. Guitares acoustiques, violon lyrique et voix aériennes enrobent ce black métal atmosphérique (l’atmosphérique a ici prédominance) et introspectif. Malgré la grisaille et l’aspect dépressif qu’il peut susciter chez l’auditeur, À l’âme enflammée, l’äme constellée… apporte également un étrange sentiment de réconfort.

Pour les fans de : Sombres Forêts, Dordeduh

 

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#8  Exivious – Liminal

Fusionnant jazz et métal, Liminal est le second effort du groupe Exivious, notamment fondé par des musiciens qu’on a pu entendre le temps d’un album de Cynic, Traced In Air. Ce que propose Exivious s’y apparente donc, à la différence que le quatuor prodige se concentre uniquement sur des pièces instrumentales. Virtuosité, cérébralité et musicalité se côtoient dans un juste équilibre, faisant de Liminal un disque aussi planant que stimulant. Un des moments forts de cet album est sans contredit Deeply Woven. On y retrouve d’ailleurs un solo de saxophone à mi-chemin entre ceux de Gato Barbieri issu de la trame sonore de The Last Tango in Paris (faut voir ce classique du 7e art au moins une fois dans sa vie) et celui sur la trame sonore de Lost Highway. De la haute voltige.

Pour les fans de : Cynic

 

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#7  Eye of Solitude – Canto III

Bien que le doom ne soit pas mon genre de prédilection, quelques groupes et albums parviennent toujours à me gagner. L’an dernier c’est The Foreshadowing qui a suscité un vif intérêt chez moi. En 2011, après quelques premières écoutes plus ou moins concluantes, Paragorn of Dissonance d’Esoteric m’avait finalement conquis. Cette année, ce sont les anglais de Eye of Solitude qui remportent la palme du meilleur album doom métal. Pas étonnant, puisque Canto III contient des éléments qui évoquent à la fois le meilleur d’Esoteric et The Foreshadowing. Construit autour de l’Enfer tiré de la Divine comédie de Dante, Canto III se présente comme une œuvre sombre, mélodique et grandiose. Puissant.

Pour les fans de : Esoteric, The Foreshadowing, My Dying Bride

 

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#6  The Dillinger Escape Plan – One of Us is The Killer

« Nom d’un tympan atrophié », dirait Robin à Batman. One of Us Is The Killer, cinquième album studio de cette bande de disjonctés qu’est The Dillinger Escape Plan rentre au poste avec une énergie décapante. Tes oreilles vont saignées et tu vas en redemander! Si la musique du groupe peut sembler hermétique au premier abord (surtout si on s’initie avec les premiers albums), One of Us is The Killer, souvent violent et hyper agressif, n’est pas dénué de changements radicaux, de dissonances et de rythmiques complexes, mais il demeure l’album le plus accessible du groupe à ce jour. The Dillinger Escape Plan prend même une tangente plus conventionnelle avec la pièce titre et la sentie Nothing’s Funny.

Pour les fans de : Converge, Refused, Meshuggah

 

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#5  Gorguts – Colored Sands

Tout comme Carcass, l’idée du retour de Gorguts après un hiatus prolongé (12 ans dans ce cas-ci) avait quelque chose de plutôt excitant. Et tout comme les britanniques, le groupe du compositeur, guitariste et chanteur Luc Lemay est venu foutre une solide claque à la communauté métal. Sans déconner, Le toit de monde, premier titre qu’on retrouve sur le puissant Colored Sands, est sans équivoque l’entrée en matière la plus brutale et kick ass de l’année. Complexe, sombre, étouffant, atmosphérique, technique, dissonant, puissant. Voilà en quelques mots ce qui constitue ce disque. Mention spéciale à la pièce centrale, The Battle of Chamdo, une superbe instrumentale pour ensemble à cordes qui rappelle Shostakovich et Bernard Herrmann, et qui nous permet de reprendre notre souffle avant une seconde moitié oppressante.

Pour les fans de : Origin, Deathspell Omega

 

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#4  Deafheaven – Sunbather

Avec sa pochette rose et un titre comme Sunbather (Bain de soleil), la formation californienne Deafheaven vient casser l’image du black métal pas rien qu’un peu. Le genre de groupe que doit renier Watain (ou pas…). Mais on s’en crisse un peu, de ce que peuvent bien penser les black métalleux old school, car cet amalgame de black et de shoegaze, dont la plupart des pièces sont construites autour du mode majeur, parvient à faire de cet album un chef d’oeuvre en son genre. Entrecoupées de quelques moments ambiants, les pièces de résistances telles que Dream House, Vertigo ou encore la pièce titre vont t’achever solide en te faisant passer par toute une gamme d’émotions. Si GY!BE ou Explosions In The Sky avaient faits du black métal, ça donnerait un truc sûrement aussi fort que Sunbather de Deafheaven. Toujours pas convaincu? Peut-être que la critique de mon collègue Steve Dallaire va t’aider.

Pour les fans de : Alcest, Explosions in the Sky, GY!BE, Agalloch

 

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#3  Carcass – Surgical Steel

Tu veux connaître ma théorie au sujet de Carcass? Ben tu vas la savoir pareil! Quelque part en 1994, les membres du groupe ont été clonés. Ainsi, ce sont ces clones qui ont été responsables du pas mauvais, mais pas vargeux Swansong. Personne ne se doutait que les membres originaux avaient été substitués par des doubles de second ordre, tandis que les vrais musiciens avaient été secrètement conservés grâce à la cryogénisation. Tu me crois pas? Je veux dire, il n’y a pas d’autres explications logiques! Penses-y deux secondes… Presque 20 ans plus tard, Bill Steer et Jeff Walker arrivent avec le superbe Surgical Steel, comme si le temps s’était figé tout juste après Heartwork. Surgical Steel est non seulement le chaînon manquant de leur discographie auquel nous avons enfin droit, mais il s’agit également de la suite logique de Necrotism et Heartwork. Une parfaite combinaison des meilleurs éléments de ceux deux opus réunis. Sérieusement, on ne pouvait pas demander mieux de la part de ce groupe culte qui n’a pas pris une ride. Ça torche en sale.

Pour les fans de : Carcass! Ok… aussi Exhumed, At The Gates, Arch Enemy

 

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#2  Leprous – Coal

Si quelqu’un m’avait dit qu’un jour le groupe norvégien Leprous se retrouverait dans un de mes tops de fin d’année, je me serais assurément foutu de sa gueule. Solide à part de ça! Leprous est un band sur lequel je n’ai jamais accroché, mais la donne a, de toute évidence, radicalement changé cette année. Je n’irai pas par quatre chemins : Coal m’a renversé. J’irai même plus loin, cet album m’a ému. Profondément. La qualité de production, gracieuseté d’Ihsahn – qui s’époumone violemment sur Contaminate Me -, est superbe (la guitare et la batterie ont une sonorité bouncy qui me plaît beaucoup), la voix d’Einar Solberg est absolument remarquable, alors qu’il est soutenu par des musiciens exceptionnels. Coal frôle de bien près la perfection.

Pour les fans de : Ihsahn, Faith No More, Dream Theater, Devin Townsend Project

 

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#1  Queens of The Stone Age – …Like Clockwork

Pas rapport icitte comme #1? Oui et non (en tout cas, c’est pas aussi WTF que le top 10 de Robb Flynn). Anyway, on pourrait dire de …Like Clockwork qu’il est le moins métal des albums métal cette année. Toujours avec sa touche stoner (quand même, t’sais!), QoTSA puise davantage aux sources du rock pur et dur, des années 70 à aujourd’hui. Mais qu’importe la dose de métal comprise sur ce disque (d’ailleurs on pourrait en dire pratiquement autant du Infestissumam de Ghost B.C.), il s’agit en ce qui me concerne du meilleur disque de l’année. Avec des riffs de guitares à faire mourir d’envie n’importe quel guitar hero (mort ou vif), sans oublier de superbes envolées vocales d’une voix qu’il maîtrise plus que jamais, le fait saillant de ce …Like Clockwork est sans conteste son frontman, Josh Homme. Les arrangements sont eux aussi d’une efficacité redoutable. Épique.

Pour les fans : de crisse de bonne musique, mais aussi du côté obscur de David Bowie, Queen et les Beatles.

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About Alexandre Duguay

Rédacteur, intégrateur et développeur web. Autrefois musicien (violoniste et guitariste). Toujours mélomane, cinévore et audiophile. Collectionneur de vinyles, cassettes et VHS.

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