Critique de Sunbather – Deafheaven

Deafheaven_Sunbather_Cover_F_CMYK

Tu dois probablement penser que je suis tombé sur la tête et que je fais maintenant des critiques de serviettes hygiéniques. Je dois admettre, la pochette du deuxième album de Deafheaven est plutôt louche. Mais attention toé chose, la formation de San Francisco donne dans le black métal. Tu as bien lu. Enfin oui, du black métal au départ, mais mélangé avec plein d’autres trucs. Ça prend une certaine ouverture d’esprit pour apprécier la musique de Deafheaven. Si pour toi le black métal se doit de demeurer conforme aux normes établies par les Mayhem et cie de ce monde, arrête de lire drette là. Sunbather ne s’adresse pas à toi. Tu continues à lire? Tant mieux, car tu vas découvrir un disque phénoménal qui va te faire passer par toute une gamme d’émotions. Émotion… Tu vois pas souvent passer ce mot dans des critiques d’albums métal, hein?

Si il y a un style musical dont il est difficile d’innover et incorporer de nouveaux sons, c’est bien le black. Nombreux sont ceux qui se sont pété la gueule en essayant. Avec Sunbather, Deafheaven relève le défi de manière déconcertante. Pour faire une comparaison facile, cet opus se veut l’équivalent métallique de Disintegration de The Cure, surtout au niveau du son des guitares et des textes. C’est dépressif en baptême. Si la vie est tough pour toi en ce moment, tu devrais peut-être attendre un peu avant de te taper du Deafheaven. Je dis ça de même… J’aime mes lecteurs tsé.

La pièce Dreamhouse débute l’album avec la même férocité qu’un journaliste de TVA qui se débat pour trouver une nouvelle savoureuse en plein mois de juillet. Du gros black métal sale. Ça rentre au poste en crisse. J’aime ça. La voix criarde de George Clarke est sublime. D’ailleurs, même dans les passages plus calmes, il garde ce même ton de voix désespéré. Et ce qui surprend sur cette longue pièce de neuf minutes, c’est que même dans les moments les plus brutaux, la guitare de Kerry McCoy est toujours mélodique à travers les multiples couches de sons abrutissants. En plein milieu de la chanson, Deafheaven nous offre un passage shoegaze tout à fait enivrant. J’aime encore plus ça. Les gars étalent carrément leurs tripes sur la table. De toute beauté. Et surtout, différent.

Il n’y a seulement que sept morceaux sur Sunbather sur un total de soixante minutes. Les tounes sont longues, épiques, mais il est impossible de décrocher. Deafheaven mise énormément sur les atmosphères. Irresistible, la deuxième pièce, est une instrumentale composée uniquement de guitares et de piano. La chanson porte bien son nom. Rien à voir avec le black métal traditionnel. On retrouve plein d’interludes ambiantes comme ça tout au long de ce disque, notamment sur une autre chanson instrumentale, l’excellente Please Remember, remplie de guitares influencées par Johnny Marr de The Smiths.

C’est toutefois la pièce-titre qui se veut l’apogée de Sunbather. S’étalant sur plus de dix minutes, Deafheaven nous offre un voyage complètement hallucinant à travers l’esprit torturé de George Clarke. Il crie ses textes schizophréniques sur une musique qui va de gros blast beats aux sons post-rock de façon tout à fait naturelle. Ça donne presque le goût de pleurer tellement c’est fort. Le batteur Daniel Tracy est quant à lui inspiré et inspirant, son jeu colle parfaitement aux différentes ambiances de cette chanson épique. Sublime.

Écoute, je pourrais t’en parler pendant des heures. Je ne fais pas des découvertes comme ça à tous les jours. J’ai fait écouter l’album à mon collègue Alexandre Duguay et il est du même avis, Sunbather est un must. Si t’es prêt à entendre un produit qui sort des sentiers battus, ça te prend ça.

Critique de Steve: 9 Kotex sur 10

https://twitter.com/stevedallaire

There are 2 comments

  1. Le Best OV 2013 de Steve Dallaire | Boulevard Brutal

    […] Pochette douteuse, certes. Mais attention toé chose, la formation de San Francisco donne dans le black métal. Tu as bien lu. Enfin oui, du black métal au départ, mais mélangé avec plein d’autres trucs. Ça prend une certaine ouverture d’esprit pour apprécier la musique de Deafheaven. Pour un public averti. Critique de l’album […]

  2. Le Best OV 2013 de Alexandre Duguay | Boulevard Brutal

    […] Avec sa pochette rose et un titre comme Sunbather (Bain de soleil), la formation californienne Deafheaven vient casser l’image du black métal pas rien qu’un peu. Le genre de groupe que doit renier Watain (ou pas…). Mais on s’en crisse un peu, de ce que peuvent bien penser les black métalleux old school, car cet amalgame de black et de shoegaze, dont la plupart des pièces sont construites autour du mode majeur, parvient à faire de cet album un chef d’oeuvre en son genre. Entrecoupées de quelques moments ambiants, les pièces de résistances telles que Dream House, Vertigo ou encore la pièce titre vont t’achever solide en te faisant passer par toute une gamme d’émotions. Si GY!BE ou Explosions In The Sky avaient faits du black métal, ça donnerait un truc sûrement aussi fort que Sunbather de Deafheaven. Toujours pas convaincu? Peut-être que la critique de mon collègue Steve Dallaire va t’aider. […]

Laisser un commentaire

Entrer les renseignements ci-dessous ou cliquer sur une icône pour ouvrir une session :

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l’aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s