Le Best Ov 2019 de Kristof G.

Parce que t’as été sage en 2019, mononc’ Kristof G. t’a monté un beau petit top, composé de 15 excellents disques*, d’une poignée d’entrevues/rencontres mémorables, d’un trio des meilleurs shows, et à la toute fin, d’un beau p’tit cadeau, une gracieuseté du Cardinal Copia lui-même. L’exclusivité qui conclut ce Best Ov (information extirpée du bon Tobias Forge l’été dernier), je tenais à l’offrir pour Noël en primeur à tous les lecteurs/trices de Boulevard Brutal). Lis ça ma fille / mon gars.

*P.S. Ça me surprendrait que ta liste soit identique à la mienne. N’oublie pas de commenter ton top 3 dans les commentaires sur Facebook. Je suis toujours curieux d’écouter du nouveau stock que je serais malencontreusement passé à côté.

15. GHOST — Seven Inches of Satanic Panic EP 

Deux nouvelles tounes de Ghost, c’est toujours ben mieux que pas de nouvelles tounes de Ghost, ça, hein? Ben oui, chez BB, on aime pas mal tous le Cardinal et de ses sbires d’amour, et ce, même s’il ne nous a offert comme offrande cette année qu’un tout petit 7 pouces à saveur sixties ultra-accrocheur. Ça reste dans’ tête et ça ne veut plus jamais partir, ces hits-là! Même pas pu en trouver de copie physique, c’est rare comme de la marde de papa, ça. Au fait, saviez-vous que Tobias est comme moi un solide cinéphile du genre horrifique? #LisCeBestOvJusquAuBoutTuVasêtreContent

14. Claudio Simonetti’s GOBLIN — The Very Best of, Vol.1 

Étant un gros trippeux de films d’horreur (ben oui), je ne peux pas ne pas être fan fini de Goblin, le band de maestro Simonetti (oui-oui, il y a un autre Goblin—formé d’ex-membres du band en chicane avec Claudio—qui était aussi censé passer à Montréal en octobre avant d’annuler leur tournée). Cette année, le claviériste a sorti 2 disques, dont ce beau best ov tout neuf, composé de classiques thèmes cinématographiques qu’il vient de réenregistrer avec ses courants musiciens. Ça groove grave. P.S. Y’en a même qu’y disent (Metal Hammer en 2018) que c’est lui qui aurait inventé le death metal en 1977, en gueulant ‘lalala’ très grassement sur Suspiria. Même si ce n’est pas vraiment le cas (le dude de MH avait sûrement fumé de quoi pour exagérer ça), reste que c’est quand même bon en ta’. #BestOvDansUnBestOv #BBinception #Humour

13. SLAYER — The Repentless Killogy Live at the LA Forum 

Ben oui, un autre enregistrement live de Slayer. Mais pas n’importe lequel: le dernier sorti avant que les Californiens pionniers du thrash ne se séparent. En boni avec le BluRay, il y a un moyen métrage horrifique et bien sanglant, incorporant un trio de clip du band et tellement trop d’acteurs cultes pour les nommer ici. Parfait pour le bas de Noël. Pour leur payer une dernière fois nos respects. #SLAYEUUUUUUUUUUUUUUR #BonneRetraitePapaAraya

12. GROOVY AARDVARK — Eater’s Digest

Je sais, je triche un peu ici (le Eater’s Digest original est sorti en 1994), mais reste que c’est une foutue belle réédition, avec ses deux vinyles, sa pochette ‘gatefold’, son CD et ses cossins (pick, sticker, photos), mais surtout ses pièces inédites, enregistrées il y a un peu plus de 25 ans. Jamais trad, joual, métal et prog n’ont fait si bon ménage. Ni plus ni moins qu’un des plus grands albums métalliques que le Québec n’a jamais connus. #MadeInQuebecTabarnac

11. KING GIZZARD & THE LIZARD WIZARD — Infest the Rats’ Nest 

Ces prolifiques (15e album en depuis leur formation en 2010, et 2e cette année!) petits hipsters ont sorti, contre toute attente, un album mâtiné de thrash (sur fond de Motörhead), rappelant un tantinet ce que faisait Barn Burner et même Voïvod par moment (dans la voix et pour son côté space punk). Bref, du gros fun sale, pour un band australien qui surfe la plupart du temps dans le rock classique. Surprenant. #BoudePasTonFunBro

10. FULL OF HELL — Weeping Choir 

Une bande de jeunots, qui en ont dedans en s’il vous plaît. Live, c’est très impressionnant, et sur disque, c’est dense, hachuré, opaque, saturé… assez demandant, mais unique en son genre. Non, ce n’est pas facile d’accès, mais donne-leur une chance. Tu risques de pogner de quoi. P.S. Cheers à tous les fans qui ont contribué à leur GoFundMe pour racheter leurs instruments volés; vous rockez. #ExigeantMaisGratifiant #Sérieux

9. DESPISED ICON — Purgatory 

Purgatory est le sixième album du band depuis leur formation en 2002. Clair que votre mal de cou ne va pas s’arranger avec ce disque, et c’est bien tant mieux. Ça rentre en simonac’, ça sonne comme une tonne de brique et ça déborde de riffs incisifs et de solos joliment mélodiques. Se faire crier dessus n’a rarement été aussi plaisant. #MadeInQuebecTabarnac #JoyeusementPunitif

8. KADAVAR — For the Dead Travel Fast 

Kadavar, c’est comme un bon chocolat chaud. Brun, velouté, familier et réconfortant, comme dans (kraut)rock classique. Ces Allemands savent comment te faire faire des oui-oui, et y’aiment ça quand tu souris. Et ça se passe comme il le fait sur For the Dead Travel Fast, leur cinquième depuis 2012. Va savoir pourquoi je ne suis pas allé les voir aux Foufounes il y a quelques semaines (m’en mord les doigts encore). #BrunLaCouleurDeLamour

7. TRONOS — Celestial Mechanics 

Ça, c’est le projet de Shane Embury, bassiste de Napalm Death (et de Brujeria, Lock Up et Venomous Concept, entre autres), qui s’accompagne ici du batteur Kirk Verbeuren (Megadeth, ex-Soilwork) et d’un paquet d’invités spéciaux, donc les bassistes émérites que sont Troy Saunders (Mastodon), Bill Gould (Faith No More, Brujeria), Dan Lilker (Nuclear Assault, Venomous Concept, Brutal Truth), et même Denis ‘Snake’ Bélanger de Voïvod, qui prête sa voix à une reprise de Sabbath (Johnny Blade). Nonobstant des crédits alléchants, c’est comment? Souvent ambiant et planant, toujours heavy en sacrament, par moments brutal, bruyant, riche, pesant (évidemment) pis globalement ben ben intéressant. Celestial Mechanics, c’est un disque à écouter en réfléchissant et en marchant (mais pas en textant, franchement). #EmburyForPresident

6. HIGH ON FIRE — Bat Salad EP 

Matt Pike, ce pas tuable nouveau Dieu métallique, nous a balancé cet été, juste avant de repasser en ville en tournée, ce petit 3-tounes pas-piqué-des-vers direct dans’ face. C’est pas mêlant, on en aurait pris 7-8 de plus, facilement! Surtout avec ses puissants hommages à Sabbath (la pièce titre groove sans bon sens!), Bad Brains (avec une lourde mais rapide refonte de Don’t Bother Me) et Celtic Frost (avec sa véhémente reprise de Into the Crypts of Rays ET le ‘Mega’ visuel ornant la magnifique pochette). C’est 10/10, chef. #PikeAttack #PowerTrio

5. CANNABIS CORPSE Nug So Vile

On connait tous le gimmick du band: insérer le plus de jeux de mots verdâtres que possible dans leurs offrandes résolument old school death metal. Si le band des frères Hall (le leader est ‘Land’ Phil Hall, de Municipal Waste et Iron Reagan) ne se prend pas au sérieux, reste que leurs compositions sont ultra-solides, et n’ont rien à envier aux plus grands du genre. Entre quelques clins d’œil aux groupes de Chris Barnes et feu Chuck Schuldiner (avec même des références à nos Cryptopsy), y’a ben assez d’immenses riffs bien poisseux pour te rendre TRÈS heureux mon ami. Et t’as même pas besoin d’en fumer un gros pour tripper trop. #Résineux

4. MUNICIPAL WASTE — The Last Rager EP 

Fiabilité, c’est le nom que je pourrais leur donner, à nos chummés de Municipal Waste (ben oui, le band de LandPhil!). Toujours le mot pour rire (en show, leur Wave of Death est parfaite), toujours des grosses tounes pour te donner mal au cou ou te donner le goût de faire du stage diving dans le circle pit. Pis d’aller écumer la section horreur du club vidéo, à la recherche d’un petit Troma, un post-apo’ ou un Fulci bien dégorgé, yo. #EnweilleParLà

3. GATECREEPER Deserted 

Caverneux et joyeusement dégobillé comme du vieux Obituary, les ‘Creepers sont toujours aussi en forme sur ce deuxième long jeu, qui nous arrive 1 an après leur délicieux split avec les p’tits chums d’Iron Reagan. Sûr et certain que feu le père Hanneman aimerait la guit’ tranchante et souvent tordue qui traverse Deserted. Lourd de chez lourd. Comme une scie mécanique bien huilée qu’on n’aurait pas nettoyé depuis la sortie du 3e Texas Chainsaw Massacre en 1990. Ça nous prend une tournée au plus sacrant avec Power Trip, alias le band du gars avec l’autre plus belle moustache du métal contemporain. #MoustacheMetal

2. TOMB MOLD Planetary Clairvoyance 

Comme si un rouleau compresseur te passait dessus dans une swompe remplie de piranhas et de caïmans, ou plutôt comme si le Nostromo te rentrait dedans avant que tu tombes dedans un trou noir sans fond rempli de xénomorphes et leur chère maman. Tu ne t’en sors clairement pas vivant. Si ce n’est pas déjà fait, pèse sur play maintenant, mon sacrement. #CommeUneGrossePoutineA4heureDuMatin

1. CATTLE DECAPITATION Death Atlas 

Disque brutal de l’année, même si l’album vient juste d’arriver. J’ai-tu vraiment besoin de justifier ça? ‘Me semblais aussi. Je n’ajouterai que Travis Ryan (vocaliste extrême extraordinaire) se surpasse encore ici et que c’est un p’tit gars de chez nous qui graisse la galette (Olivier Pinard, bassiste de Cryptopsy). Trop fort pour la ligue, et ce, bien que ça pourrait sonner un peu trop clinique pour certains. Mais pas moi. #WorldDomination #ContenuQuébecois

BEST OV SHOWS 2019

VOÏVOD @ Moulinet à Terrebonne (9 mars). Méchant party!

CORROSION OF CONFORMITY @ Heavy Montreal (28 juillet). Avec Pepper Keenan, enfin.

IRON MAIDEN @ Centre Bell (5 août). En spectacle, dur à battre en simonac’!

 

BEST OV ENTREVUES 2019

Jaser d’anthrax et du festival Polliwog avec CARLOS et DANIEL d’ANONYMUS.

Jaser de films d’horreur (!) Avec DANI ‘CRADLE OF FILTH.

Ex aequo : Jaser (séparément) de H.R. Giger avec les métalleux suisses MANUEL GAGNEUX (ZEAL & ARDOR) et le légendaire TOM G. ‘WARRIOR’ FISCHER (HELLHAMMER, CELTIC FROST, TRYPTIKON).

Boire de la bière en jasant de films d’horreur (encore!!) et de bon houblon avec les boys (TONY, RYAN et DAVE) de MUNICIPAL WASTE.

Jaser de films d’horreur (toujours!!!) avec TOBIAS FORGE de GHOST.

CINÉ-CADEAU SPÉCIAL BRUTAL: ENTREVUE INÉDITE AVEC TOBIAS FORGE DE GHOST

Photo : Kristof G.

Justement, parlant de GHOST, lorsque j’ai interviewé Tobias Forge à la fin août (pour continuer la conversation à saveur horrifique – pour la solde de Rue Morgue Magazine – entamée sur le site de Heavy Montreal), je lui ai mentionné que tout l’univers visuel et narratif de Ghost ferait un fantastique ouvrage du genre ‘coffee table book’, avant de lui demander s’il avait des plans du genre, qui ne seraient pas directement liés à de la musique ou une tournée en tant que telle.

Après une pause de 5 secondes, il a lâché un « yessss », avant de poursuivre avec « nous sommes définitivement en train de planifier les prochains projets, mais on ne sait pas encore ce que ce sera ». Qu’est-ce que serait le projet de rêve pour toi, que je lui ai demandé, à brûle-pourpoint. Il m’a répondu aussitôt :

« Le rêve? Le rêve serait de faire un long métrage, un film. Ça serait vraiment cool. » Exactement la réponse que j’espérais, dans mon for intérieur. Sérieux, j’irais vraiment voir ça, moi, au cinéma Banque Scotia, en 3D avec des lunettes en plastoc, un film de Ghost (pourvu qu’il n’y ait pas un Patrick Swayze en CGI… hahaha). Mais quel genre de film? Selon Forge, ce ne serait pas un biopic, mais plutôt quelque chose d’ancré dans l’univers narratif du band. À la manière de ceux de Pink Floyd, The Who, KISS et Metallica — dont certains ont été hélas « cultes mais pas géniaux » (ses mots).

Selon lui, « même si Through the Never [2013] est un meilleur film que KISS Meets the Phantom of the Park [1978], ce dernier est plus cool, parce qu’il est tellement fromageux qu’il surpasse toutes attentes, ayant une valeur spéciale ». Ben d’accord. Metallica avait peut-être un beaucoup plus gros budget, mais le film de KISS est totalement hilarant (même si ce n’était pas voulu à la base) et bien plus divertissant au final. Et celui de Slayer est pas pire pentoute (voir le #13 ci-dessus).

Est-ce qu’il y aurait des performances du band, ou ça se passera plus du côté de la fiction, qu’on peut se demander. Et Forge de me répondre qu’il « y aura des performances, mais elles seront un peu en arrière-plan par rapport à l’aspect fiction dramatique ». Oh! Tellement excitant. Ça sent bon. Espérons que ça se rapprochera plus de Phantom of the Paradise (fantastique film aussi horrifique que musical, réalisé par Brian De Palma en 1974, avec le chanteur Paul Williams) que de Cradle of Fear (saignant nanar de 2001, mettant en vedette les boys de Cradle of Filth, à l’écran comme sur la trame sonore). On se croise les doigts en mettant des chapelets dans les escaliers de l’oratoire en sacrifiant de quoi dans un pentagramme inversé.

Et quand est-ce qu’on peut espérer pouvoir visionner l’œuvre? D’ici 5, 10 ou 20 ans, que j’ai poursuivi, sachant que ces projets-là prennent beaucoup de temps. Et c’est là que le créatif chanteur m’a surpris, avec une réponse que je n’attendais pas vraiment :

« J’espère d’ici quelques années… une couple d’années… peut-être d’ici un an et demi? » Shit, man, yes, que j’ai pensé vite-vite en anglais (je ne parle pas suédois) dans ma tête. D’ici un an et demi, ça veut dire qu’ils ont sûrement un scénario d’écrit et qu’ils en sont vraisemblablement à l’étape de la recherche de financement et qu’ils vont tourner dans pas trop longtemps. En lisant mes pensées, il a compris qu’il en avait peut-être trop dit et a tenu rapidement à nuancer son initiale ardeur :

« On verra. Mais on ne sait pas si ça se fera ou pas… Parce qu’on travaille sur plusieurs projets à la fois. Comme un film demande à lui seul beaucoup d’efforts, je ne suis donc pas certain qu’on ait toute l’énergie requise pour y arriver. D’une façon ou d’une autre, cette histoire sera racontée, que ce soit dans un film, ou encore une bande dessinée, peut-être. On verra. »

OK. On va se calmer. On verra. OK, une bédé, ce serait cool pareil. Mais reste que 1 an et demi, si on se fie à Toby (après une rencontre, une photo sur Instagram et un coup de fil à la maison, on est rendu proche, t’sais), à partir d’août 2019, ça nous amènerait au début 2021 (ou peut-être avant!), moment où la sortie d’un nouvel album (une soundtrack?) de Ghost est prévue. Depuis un moment, on sait aussi qu’il n’y aura pas du tout de tournée en 2020. Donc, moins d’éventuels problèmes d’horaire lors de la planification d’un possible tournage.

De plus, il y a quelques semaines, notre homme a dit à un journaliste finlandais qu’il rentrerait en studio en janvier 2020 pour enregistrer une seule pièce pour un projet mystère… peut-être pour accompagnera le trailer d’un hypothétique film? Qui sait. On peut spéculer en masse, mais ça fait du sens pareil. On verra.

About Kristof G.

Lorsqu’il ne te parle pas de préoccupations métalliques, Kristof G. t’invite dans les coulisses des tribulations journalistiques d’un fan de métal perspicace et autodidacte, s’ayant médiatiquement taillé une petite place, en balançant son infectieux enthousiasme dans ta face.