Heavy Montreal 2014 : J1

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Que pouvait-on espérer de mieux qu’un week-end ensoleillé et très chaud pour cette 6e édition du Heavy Montreal (jadis connu sous le nom Heavy MTL), qui, en ce qui me concerne, se définissait sous le signe de la nostalgie.

Oui, de la nostalgie. D’abord, parce que la plupart des bands présents sont ceux avec lesquels j’ai été catapulté dans cet univers musical il y a à peine plus de 25 ans (Metallica, Slayer, Anthrax, Overkill), mais aussi car cette édition me ramenait directement à la fin de mon adolescence avec Grim Skunk, The Offspring et Body Count, période de ma vie où j’ai passé de nombreux week-ends à repiquer les riffs de mes groupes favoris à la guitare, avec des amis d’enfance, dont un avec qui j’ai justement eu l’occasion de renouer lors du week-end.

Mais trêve de sensiblerie, parce qu’un metalhead, ça manifeste son bonheur par des hurlements barbares, t’sais, retour sur un week-end de musique lourde où les parfums de houblon, de skonce, de sueur et de coconut s’entremêlaient.

\m/ Samedi \m/

 

BABYMETAL

Je ne lancerai pas un débat sur le phénomène Babymetal, car les défenseurs de ses jeunes nippones âgées entre 15 et 16 ans semblant sorties tout droit d’un manga et qui s’adonnent, en quelque sorte, au métal, ont des défenseurs aussi dévoués que creepy dans la sphère. J’ai peur… Je ne voudrais donc surtout pas les froisser. Or, comprenez-moi bien : si le phénomène ne m’empêche pas de dormir et ne me donne pas non plus de l’urticaire, je ne suis certes pas le public cible.

Cela étant dit, j’étais curieux de voir comment le phénomène Babymetal allait être accueilli par une foule déjà imposante sur le site du parc Jean-Drapeau. Il y avait certes des fervents, mais j’aurais imaginé une réception plus spectaculaire. Si le trio de chanteuses appuyé par des musiciens qui pourraient pratiquement être leurs pères est une curiosité en soi, il n’y a pas de quoi fouetter un tamagotchi. C’est sympa, voire mignon le temps d’une chanson, mais on se rend compte que les chorégraphies et le côté théâtral demeurent relativement simplistes.

Comme dans plusieurs sphères culturelles issues du Japon, Babymetal fait autant appel à l’excentricité qu’au kitsch, mais peut-être que l’an prochain, on pourrait inviter le groupe black japonais Sigh, tant qu’à faire?

OVERKILL

Overkill! Première performance de cette fin de semaine que j’attendais avec impatience. Bien que celle-ci ne ce soit pas révélée comme l’un de mes faits saillants, j’ai beaucoup d’estime pour la formation thrash du New Jersey qui roule sa bosse depuis plus de 30 ans. Alternant entre des morceaux de leur tout récent (et solide) White Devil Armory et quelques valeurs sûres de leur vaste répertoire, Overkill a livré la marchandise. Malgré de petits ajustements de son au départ du show, il ne fallait guère plus que quelques notes distortionnées pour qu’un mosh pit se déclenche par des fans crinqués à mort. Le chanteur, Bobby Ellsworth, toujours en voix (qu’elle plaise ou non) et malgré qu’il doive faire attention à sa santé, a rempli son mandat avec aplomb.

 

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MUNICIPAL WASTE

Entre des interventions franchement comiques, une craque à l’endroit de Babymetal et un clin d’oeil baveux à Metallica (une intro de Fuel revisitée par Tony Foresta), la formation Municipal Waste a torché un max et ravi les métalleux rassemblés devant la scène de l’Apocalypse. Livrant un thrash/crossover allant droit au but et dont les titres dépassent rarement le cap des 2 minutes, le quatuor, en feu, a encouragé la foule – conquise dès les premiers riffs – à lâcher son fou. « Je veux voir des gens grimper et faire des plongeons des arbres » a scandé Foresta, qui avait l’air de prendre son pied. Certains téméraires n’ont pas hésité à s’exécuter. Le show, un des plus satisfaisants de la fin de semaine, s’est conclu sur un double circle pit. Fou!

WHORES

Je peux déjà vous le confirmer, le band ne se retrouve (hélas) pas dans la plupart des retours et comptes rendus de l’événement et pourtant… J’ai souvent du mal à déterminer LE fait saillant d’un événement du genre, mais cette fois, ça ne fait aucun doute dans mon esprit, WHORES est ma révélation de cette 6e édition du Heavy Montréal! C’est le meilleur show auquel j’ai eu l’occasion d’assister. C’est simple, Whores n’est constitué que de 3 membres, mais les gars ont de l’énergie pour 10. Avec son sludge injecté de punk sale, le trio nous jette une musique aussi primitive que viscérale. La puissance du groupe, en parfaite symbiose, était incroyablement contagieuse. Si le nombre de spectateurs était plutôt décevant au tout début de la prestation, l’espace de la scène de la forêt s’est vite rempli, au plus grand bonheur du groupe qui jouait pour la première fois à Montréal. «Try to fucking top that!» a lancé le chanteur et guitariste Christian Lembach. « It’s fucked up that you know these songs » a-t-il renchérit par la suite, alors qu’il n’en revenait pas de voir un circle pit « comme si c’était l’an 1984 à nouveau ». Fuck. Yeah! Horns up à la personne qui a eu la bonne idée de les inviter.

VOIVOD

Avec l’annonce récente du départ (encore) du bassiste Blacky, j’étais curieux de voir comment son remplaçant, Dominique «Rocky» Laroche allait se défendre. Ce dernier est parvenu à tirer son épingle du jeu, malgré une sonorisation où la basse semblait floue et trop boomy. Et si Snake célébrait son 50e anniversaire de naissance, le chanteur de la formation québécoise mythique, qui a affirmé lors du show « ne pas pouvoir espérer mieux comme célébration », ne semblait pas au sommet de sa forme. Enfin, c’est l’impression que j’ai eue tout au long des pièces auxquelles j’ai assisté. Les fans semblaient toutefois enchantés, surtout lorsque le groupe a exécuté Tribal Convictions (t’sais, le thème de Solidrok!), The Unknown Knowns, Voivod et Astronomy Domine, cover de Pink Floyd qu’ils se sont si bien appropriés.

 

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ANTHRAX

C’est en digérant un burger que je venais de me farcir (un burger qui a semblé mystifier l’ami Burn), que j’ai visionné du coin de l’oeil, le show d’Anthrax sur l’écran de la zone VIP. Me rafraîchissant le gorgoton d’une blonde bien froide, j’ai préféré reposer mon pauvre dos un brin avant une soirée qui ne faisait que commencer. Bon, j’avoue que j’éprouve également une relation particulière à l’endroit d’Anthrax. Peut-être que tu vas comprendre, si je te dis que mon album préféré est Sound of White Noise (What?). J’assume, En ta’! Vient ensuite Among The Living et Persistence of Time parmi mes albums préférés, mais j’ai toujours eu du mal avec la voix de Joey Belladona. Toujours est-il que la troupe menée par Scott Ian a dû endurer les steppettes de Belladona, qui prenait beaucoup de place (ce n’est pas pour cette raison d’ailleurs, que le groupe lui avait déjà montré la porte?). Au moins, ces vieux thrashers, en grande forme, ont pigé dans leur meilleur répertoire avec Among The Living, Caught in A Mosh, I Am The Law et deux de leurs plus grands succès, Got the Time et Antisocial, ironiquement des reprises de Joe Jackson et Trust.

BEYOND CREATION

Déchiré entre l’idée de voir l’excellente formation montréalaise et le désir de revivre mon cégep, j’ai finalement opté pour The Offspring, qui jouait pas mal au même moment.

Désolé les gars. Vraiment.

Pour me faire pardonner, sachez que j’ai « pluggé » votre superbe album The Aura sur mon compte instagram récemment et j’ai très hâte d’entendre votre prochain disque. Je serai là, la prochaine fois.

THE OFFSPRING

J’aurais dû aller voir Beyond Creation finalement… Pas que la prestation du groupe punk qui jouait l’intégral du classique indémodable Smash (c’est le 20e anniversaire de sa sortie) était mauvaise. Ce n’était juste pas aussi fun et enlevant que ce que j’avais anticipé.

 

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METALLICA – By Request

Que dire de plus que tout ce qui a déjà été dit? J’aime bien me moquer du Ringo Star du métal (Lars, pour les intimes), et des multiples directions et tentatives douteuses entreprises par le groupe depuis le Black Album. N’empêche que Metallica, c’est dans une catégorie à part. Oui, c’est devenu une grosse machine bien huilée, c’est démesuré, mais il s’agit d’un success story incroyable et inspirant pour le milieu du métal. 45 000 personnes réunies pour ce band samedi soir, ça m’a donné des frissons.

Je ne vous passe pas en revue tous les morceaux de ce concert «concept» By Request, le seul présenté en Amérique du Nord cette année, mais je peux vous dire que le groupe était en sacrée grande forme. Je crois que je n’avais pas vu Kirk Hammett aussi en maîtrise de sa guitare depuis un bon moment. Ses solos ont été franchement à la hauteur du répertoire, provenant majoritairement des premiers albums, des classiques ultimes du heavy métal. Je crois bien qu’il s’est également passé quelque chose de spirituel pendant Orion. Mémorable.

Le concert de 2 heures 30 minutes valait la pénible et longue sortie du site pour atteindre la station de métro Jean-Drapeau.

 

 

About Alexandre Duguay

Rédacteur, intégrateur et développeur web. Autrefois musicien (violoniste et guitariste). Toujours mélomane, cinévore et audiophile. Collectionneur de vinyles, cassettes et VHS.

There are 3 comments

  1. JFPilon

    Pas mal d’accord avec tout ça…. Sauf pour Kirk Hammet.
    Sérieusement, je ne me rappelle plus le nombre de fausses notes qu’il a fait. Hammet est trrrès « sloppy » et ce, depuis longtemps. Il est devenu un running gag dans le cercle des guitaristes métal.

  2. JohnDoH

    On a pas tous les mêmes goûts et ça parait. Faut vraiment pas aller voir beaucoup de show dans sa vie pour aller The Offsprings au lieu de Beyond Creation… à mon avis de METALHEAD.

    Je ne regrette absolument pas de ne pas avoir flambé 3-400$ pour cet édition des plus DÉCEVANTE.

    Pis à tous ceux qui disent.. »c’est bin mieux organisé que le rockfest », j’imagine vous êtes mou ou bien vous êtes une fille.

    Je respecte quand même tout ceux qui ont apprécié.

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