Métal en rafale : Overkill, Castle, Marty Friedman, Winter of Sin, Mordbrand, Dead Congregation et Enabler

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NDA – Notez qu’à partir de maintenant, je vous indique la valeur moyenne de l’échelle de dynamiques (Dynamic Range) pour chacun des albums évalués. Plus la valeur est basse, plus le disque souffre d’une compression résultant d’un mastering visant à maximiser le volume.

White Devil ArmoryOVERKILL – White Devil Armory
Nuclear Blast | juillet 2014
DR5 (mp3 320 kbps)

8

N’ayant jamais obtenu un succès comparable à leurs pairs (Metallica, Megadeth, Slayer, Testament), Overkill est un des rares groupes américains issus de la scène thrash à avoir fait preuve d’autant de cohérence. Mine de rien, Overkill débarque avec son 18e enregistrement studio en 30 ans de carrière. Essayez d’en faire autant! Sûr que du lot d’albums livrés par Overkill, tous ne sont pas du calibre de The Years of Decay ou Horrorscope. Pourtant, la majorité de leur catalogue est plus que potable. Un exploit si vous voulez mon avis. Fidèles à eux-mêmes et conservant une formule qui semble toujours leur convenir, ce groupe poursuit sur son excellente lancée depuis Ironbound (2010). Je pourrais reprendre la critique que j’avais écrite pour The Electric Age, mais je ne le ferai pas. Pour la simple et bonne raison que je considère White Devil Armory supérieur. On peut certes reprocher au groupe son « manque d’évolution », mais Armorist, Pig, Bitter Pill ou King of The Rat Bastards, en plus de figurer parmi les faits saillants de ce solide effort, sont fort accrocheurs et donnent envie d’y revenir. Quand même!

 

Stitched PanoramaCASTLE – Under Siege
Prosthetic Records | mai 2014
DR8 (mp3 192 kbps)

7.6

Établi à San Francisco, Castle s’affaire à ressusciter le bon vieux heavy/doom occulte des années 70 et 80 depuis quelques années déjà. C’est grâce au précédent Blacklands que Mat Davis (guitare) et Liz Blackwell (chant et basse), ce sont surtout fait entendre. Et s’ils captent l’attention, c’est qu’ils font plutôt bien les choses. De mieux en mieux, même. Under Siege marque ainsi leur troisième effort, dans la lignée de ce à quoi nous avions pu goûter auparavant, avec une légère évolution solidifiant la construction de leurs compositions. L’«ozzyesque» Pyramid Lake, la mélodique et sentie Powersigns, tout comme la plus lourde Temple of the Lost en sont bien la preuve. Je dois cependant avouer que j’ai beaucoup de mal avec le timbre de la chanteuse. Même si elle fait preuve d’une belle intensité au niveau de l’interprétation, sa voix ne projette pas, comme si elle retenait son souffle, et des problèmes de justesse peuvent agacer ceux et celles plus sensibles à ce genre de détail. Mais en somme, riffs galopants, présence de bons solos de guitare rock n’ roll et aura obscure sont au rendez-vous.

 

INFERNO_FRONT_FIXMARTY FRIEDMAN – Inferno
Prosthetic Records | mai 2014
DR6 (mp3 320 kbps)

7

J’ai beaucoup de considération pour le guitariste Marty Friedman. En particulier pour son apport au sein de Megadeth, et là, je pense notamment à ses interventions sur le sublime Rust In Peace et le solide Countdown to Extinction. Mais au-delà de son passage dans le groupe de Dave Mustaine, il ne fait aucun doute que Friedman est un guitariste versatile et un excellent musicien, même si, je l’avoue, je ne suis pas le plus grand fan de son œuvre en solo. C’est que, voyez-vous, lorsque Friedman s’éloigne du métal, sa propension à tendre vers le sirupeux – à la limite du kitsch – s’amplifie considérablement. C’est là où le bat blesse. Bien qu’Inferno demeure, dans l’ensemble, assez heavy, on retrouve tout de même des titres où ça dégouline (Undertow et les refrains sur I Can’t Relax mettant en vedette Danko Jones). Enfin, s’il ne fait aucun doute que le musicien maîtrise gammes et arpèges et possède un style interprétation très senti (son vibrato et son jeu lui confèrent une signature bien à lui), Marty Friedman n’est pas aussi prolifique en matière d’écriture, ce qui donne lieu à des compositions inégales. En revanche, il y a davantage de bon que de mauvais et l’intervention de plusieurs musiciens invités valent leur pesant d’or (Meat Hook avec Jorgen Munkeby, saxophoniste de Shining, Sociopaths avec David Davidson (Revocation), Lycanthrope avec Alexi Lahio de Children of Bodom). La pièce Horrors, co-écrite avec Jason Becker, ramène à la période de Perpetual Burn et témoigne du talent des deux musiciens.

 

Violent Reigns SupremeWINTER OF SIN – Violence Reigns Supreme
Cyclone Empire | mars 2014
DR4 (mp3 320 kbps)

7.9

Formé à l’aube du 21e siècle par Schmerz et Schrat, Winter of Sin propose un quatrième album avec lequel je découvre le groupe. J’ignore si c’est l’ajoute récent de deux ex-membres de God Dethroned qui suscite soudainement un intérêt, mais bon sang que je suis content d’être tombé sur ce Violence Reigns Supreme. Démarrant en trombe avec la puissante Astral Dethearing Algorythm et poursuivant avec la même fougue sur Maesltrom, on comprend que Winter of Sin désire nous en foutre plein la gueule avec son black/death mélodique. Picking en trémolo, blast beats et grognements sauvages sont entrecoupés d’envolées mélodiques accrocheuses rappelant, entre autre, les beaux jours de Dissection. Évidemment, on décèle également des relents de God Dethroned par endroit, la moitié du récent line up aidant. Mais c’est essentiellement à une machine à riffs destructrice qu’on nous convie, quoi que celle-ci nous distribue parfois quelques lignes un peu trop communes. L’ensemble est entrecoupé par une pause acoustique et instrumentale, digne de ce qu’a pu nous offrir Katatonia (Elohim Meth), At The Gates (Into the Dead Sky) ou encore Dissection (Crimson Towers). Fiable.

 

Untitled-2MORBRAND – Imago
Deathgasm Records | mai 2014
DR8 (mp3 192 kbps)

7.2

La première impression peut sembler bonne, mais il arrive ensuite qu’on se rende compte que cette impression réconfortante a peut-être été renforcée par un sentiment de familiarité. Celle-ci finit toutefois par se métamorphoser en quelque chose d’un peu plus… trop (?) commun. C’est malheureusement ce qui se produit avec cet Imago de Modbrand, formation suédoise donnant dans le death métal old school. Ce tout premier enregistrement complet est un manifeste témoignant de l’héritage légué par des compatriotes tels que Dismember, Entombed ou encore (surtout) Edge of Sanity. Héritage auquel a d’ailleurs contribué le chanteur Per Boder, puisqu’il a été de l’éphémère God Macabre qui faisait paraître en 1993 The Winterlong. Il devient cependant difficile d’être impressionné par des compositions loin d’être mauvaises (sauf pour l’ennuyante et superflue Imago), mais ancrées dans un carcan que tellement d’autres ont remâchés avant Mordbrand, qu’ils en paient malheureusement un peu le prix.

 

Promulgation Of The FallDEAD CONGREGATION – Promulgation of the Fall
Martyrdoom/Profound Lore | mai 2014
DR5 (mp3 320 kbps)

8.9

Allons droit au but. Non seulement, Promulgation of the Fall a le potentiel de se retrouver au sein de plusieurs palmarès de fin d’année, mais ce second album de Dead Congregation possède tout ce qu’il faut afin d’être élu «album death métal de l’année». Second disque de ce groupe en provenance de la Grèce, Promulgation of the Fall s’avère, à mon avis, un album très important de la scène death métal moderne. Je pèse mes mots. Conscient des racines du genre sans se complaire dans l’hommage old school, Dead Congregation offre toute une leçon d’évolution du death metal pur et dur. Extrême, sans tomber dans le piège de la surenchère de brutalité à tout prix et démontrant un talent indéniable pour la composition, le quatuor amorce cet album avec quatre morceaux qui s’imbriquent à merveille, comme s’il s’agissait d’une symphonie pour la fin du monde. On peut cibler quelques influences ou similarités avec d’autres groupes, comme par exemple, le riff d’introduction d’Immaculate Poison évoquant Morbid Angel, tandis que le superbe solo de guitare rappelle les moments glorieux d’Andreas Kisser sur Arise. Mais cela n’affecte en rien le fait que Dead Congregation possède une personnalité forte, qui lui est propre. Promulgation of the Fall est un album que tout amateur de death métal, sans exception, ne devrait pas bouder, et ce, sous aucun prétexte (même la qualité de production, le mastering du moins, n’étant pas à la hauteur du matériel enregistré).

 

La Fin Absolue du MondeENABLER – La fin absolue du monde
Creator-Destructor / Earsplit Compound | mai 2014
DR9 (mp3 320 kbps)

8

Avec son titre provenant du (crissement bon) film pour la télévision Cigarette Burns du maître John Carpenter et avec tout ce que cela peut évoquer, en plus d’être déjà fan de leur précédent All Hail The Void, il ne m’en fallait guère plus pour anticiper ce plus récent méfait d’Enabler. Le trio composé de Jeff Lohrber (voix, guitare, musique et paroles), Amanda Daniels (basse et voix) et Ryan Steigerwlad (batterie) continue de livrer une musique directe où l’urgence est toute aussi palpable. Si All Hail The Void possédait un penchant plus prononcé vers le métal, cette fois, c’est le hardcore (autant avec les lignes de guitare qu’avec la voix de Lohrber, plus perçante) qui prédomine. Du même coup, que ce soit un peu plus punk ou un peu plus métal – le groupe de Milwaukee est tellement à la jonction des deux mondes – on s’en fiche un peu. D’autant plus que La fin absolue du monde bûche en sale (New Life, Information Overload, The Exiles), d-beat en ciboire (I’ve Got A Bad Feeling About This, Prey) et c’est bon en torieux (Close My Eyes, Balance of Terror, Sickened by the Wake). Bref, Enabler kicke des culs… encore!

 

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