Critique de Moongod – Aeternam

À l’écoute de ce deuxième album d’Aeternam, on pourrait aisément croire que le groupe provient d’Égypte ou du Maroc. Bien non, les quatre musiciens sont de la région de Québec, donc j’imagine qu’ils se sont probablement rencontrés dans un somptueux désert de Val-Bélair… Trève de plaisanterie, je décrirais la musique d’Aeternam comme du mélo-death symphonique à la sauce orientale. Le groupe Nile pratique ce style admirablement bien depuis une bonne vingtaine d’années mais Aeternam lui, le fait avec une approche encore plus mélodieuse et crédible. Le chanteur Ashraf Loudiy est d’origine marocaine et il incorpore exceptionnellement les influences musicales de son pays natal à la musique de son groupe. Si le premier album d’Aeternam intitulé Disciples Of The Unseen avait impressionné en 2010, Moongod risque de devenir l’élément déclencheur d’une longue carrière. C’est fort en Qatar-nak. De l’humour du Moyen-Orient ça mon chum…

Dès les premières notes de la pièce-titre, Aeternam dévoile ses cartes avec une intro symphonique, un riff de guitare puissant, des bass drums solides et la voix rocailleuse de Loudiy. Les sonorités orientales et les voix claires apparaissent dans le refrain et la magie opère automatiquement. Arrive ensuite Invading Jerusalem avec des blast beats puissant comme un crachat de lama en plein visage. Cosmogony démarre avec un riff thrash métal pour se transformer en une épique aventure aux sonorités orientales avec des flutes et de la sitar mais toujours soutenue par une musique brutale. Aeternam nous donne par la suite le temps de respirer un peu avec Iram Of The Pillars, une pièce totalement accoustique qui met en vedette la superbe voix d’Ashraf Loudiy. L’ambiance folklorique de ce morceau donne l’impression de se promener en plein désert arabe avec Badaboum.

Aeternam n’a pas peur d’expérimenter sur Moongod, les mélodies du Moyen-Orient sont omniprésentes tout au long du disque mais n’allez surtout pas croire que les gars délaissent leur facette death pour autant. Ils le prouvent entre autre sur Xibalba, un titre extrêment heavy où les influences de Behemoth se font sentir. Ça se poursuit de plus belle sur Descent Of Gods où le batteur Antoine Guertin domine avec avec son jeu subtile qui ne va pas sans rappeler celui de Sean Reinert (Death, Cynic). Moongod se conclut de manière majestueuse avec la très progressive Hubal, Profaner Of Light sur laquelle le groupe démontre la maîtrise de leurs instruments respectifs. Épique.

Aeternam a choisi de confier la réalisation à Jef Fortin (Neuraxis, Unexpect, Anonymus) et ce dernier accomplit encore une fois un boulot extraordinaire. Pas facile de travailler avec autant d’ambiances et de sonorités différentes et Fortin ne faillit pas à la tâche. Tous les instruments sont bien définis, le son est impeccable et son travail à la console parvient à donner un effet grandiose aux compositions d’Aeternam. Régis Labeaume aime bien vanter les mérites de SA capitale nationale, alors quelqu’un devrait lui faire entendre Moongod, il pourrait ainsi cesser de fantasmer sur le retour des Nordiques pendant une couple de minutes et découvrir par la même occasion un talent de sa région qui se doit d’être exploité à sa juste valeur.

Cote de Steve: 9 crachats de lamas dans’ face à Badaboum sur 10

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