Critique de KHAZADDUM – Plagues upon Arda

Indépendant
Date de sortie : 19 août 2017
Par Pascal Doyon

J’aime découvrir de nouveaux bands. Comme Gandalf le Gris, j’aime bien écouter un album de death metal tout en me demandant comment je peux détruire l’Anneau sans utiliser les Aigles des Montagnes de Brume. C’est là qu’entre en jeu Khazaddum, un band du Wisconsin, patrie des Packers si vous êtes fan de football ou…euh..des Admirals si vous êtes fan de hockey.

Je m’étais jamais posé la question «Comment ça sonnerait un Balrog qui chante du métal?», mais j’ai pas eu besoin de le faire, Khazaddum m’a offert une réponse aussi subtile qu’une charge des cavaliers de Rohan dans la face. Plagues upon Arda, c’est un album qui te balaie l’armée d’orques de l’Isengard, mais avec une touche d’orchestre qui en fait un solide candidat pour vos soirées où vous avez besoin de vous battre contre les forces de Sauron. Comme si Quentin Tarantino séduisait Peter Jackson pour faire un film ensemble.

Les chansons sont brutales, sans être chaotiques. J’aime le côté plus orchestral de certains titres, tels que sur The Fell rider’s scourge, Shelob the Great et la finale, Oathbreaker’s Curse. On sent bien l’influence de Behemoth dans ceux-ci, un des groupes fétiches de Khazaddum. Toutes les pièces sont bien équilibrées, et l’album en général s’écoute très bien avec un poster de la face géante de Elijah Wood qui a l’air de me demander de l’aide. Désolé mon gars, j’ai de la misère à monter le Mont Royal, penses tu vraiment que je peux aller au Mordor?

Bref, Plagues upon Arda est un bon premier album complet pour Khazaddum, mais est-ce suffisant pour sortir le band des Terres du Milieu? Côté technique, tout est là; une batterie rapide, mais peut-être un peu trop présente, des solos de guitare bien exécutés et pertinents, une voix gutturale assez standard pour du death metal. Le sujet n’est pas particulièrement original (J’attends toujours mon band qui chantera Dragonlance) et rien ne m’inspire particulièrement de partir gambader avec Tom Bombadil. Mon Tolkien, je l’aime «concept» comme Nightfall on Middle-Earth de Blind Guardian ou déprimant comme Summoning le rend(ait?) si bien sur leurs différents albums. Selon ce qui est écrit sur le site web de Khazaddum, le groupe cherche à créer une musique qui capture le côté épique du monde de l’écrivain britannique. Sans dire qu’il a manqué son coup, je ne suis pas sorti de mon écoute en me disant «FUCK JE DOIS JOUER À SHADOW OF MORDOR NEEEOOOOW».

En fait, c’est peut-être ma plus grande critique de l’album. Musicalement, c’est du death metal comme on s’y attend, avec des solos bien articulés, des moments plus mélodiques, et c’est bon comme un burger bien juteux. Mais il manque la sauce A1 pour qu’on fasse «Aw yisss, c’est parfait».

J’aurais pris plus de pièces comme Oathbreaker’s Curse pour que je me dise «OK, là on tient de quoi». Faire ressortir le côté épique de la mythologie tolkienne en arrière-plan, mais avec des coups d’épée qui décapitent les Uruk-hai comme un Aragorn sait si bien le faire. C’est ce que je souhaite pour les prochains albums de Khazaddum.

En somme, Plagues of Arda, ça passe le temps pour traverser la Moria avec Gimli, mais le Legolas en vous qui s’attend à du légendaire devra retourner mettre ses pantoufles noires comme la face des Nazgûls, on a rien pour oublier notre Mirror Mirror, Nightfall ou Flammifer.

P.S. Je ne donnerai pas de notes sur 10 pour le moment, parce que pour que ce soit pertinent, il faut que je vous donne ce qui est pour moi un album 10 sur 10 et un album 0 sur 10. J’y arriverai avec le temps.

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