Critique de Live VII — ISIS

isis the band

Depuis la fin d’ISIS (the band), le batteur et arrangeur pointilleux Aaron Harris collige, remix et republie à intervalles plutôt réguliers les archives de son défunt groupe post-métal, le chouchou de bien des amateurs encore à ce jour.

Le plus récent de ces documents vient de voir le jour chez Ipecac : Live VII, un septième concert réédité par Harris. Celui-ci provient de l’ultime tournée d’ISIS lors de son passage en Australie pour supporter la sortie de Wavering Radiant. C’était en 2010, en février. Quelques mois plus tard, en juin, le quintette mettait un terme à sa carrière dans un dernier concert à Montréal.

*ouais, c’est encore sensible. Désolé*

Mais bref, on n’attendait pas vraiment Live VII et nous voilà agréablement surpris. On ne l’attendait pas parce que Live VI est sorti en 2012 et que les rééditions remastérisées de Celestial, Oceanic et de Panopticon, en plus du double de b-sides et de démos, Temporal, laissaient croire que c’était la voie que prendraient dorénavant Harris pour écouler ses archives.

Et dès la première écoute, on comprend pourquoi Harris a voulu faire paraître le document. Live VII est probablement le meilleur des sept disques en concert d’ISIS et sa setlist met en valeur les compositions de Wavering Radiant, album qui d’ailleurs n’a rien à envier aux autres du groupe.

Évidemment c’est difficile d’écrire sur ISIS live la même semaine que la parution de Years In A Day, l’irréprochable coffret en concert de Cult Of Luna (la même semaine de la publication de ma critique, disponible ici). Même si on appelle ça «se mettre dans le bain», on aurait tort que de comparer les deux documents.

Mais pour la première fois sur disque, une captation d’ISIS parvient à rendre justice au matériel studio. Le côté plus carré des pièces de Wavering Radiant (je le dis sans malice) aidant, on sent quand même aussi l’expérience du groupe qui est ici au sommet de ses capacités d’exécution. La voix d’Aaron Turner a d’ailleurs souvent fait défaut sur les lives précédents, elle est ici à 95% juste, même si elle demeure un peu en retrait dans le mix.

Mais ce manque de définition et de texture dans la facture sonore de Live VII est généralisé à tous les instruments et au final, ça n’affecte pas vraiment l’expérience d’écoute : voilà ISIS qui fait ses tounes le pied au plancher dans une version brute de ses compositions. Et d’ailleurs, les Hall Of The Dead et Hand Of The Host se prêtent terriblement bien à cet exercice de «salissage» !

Mais il faut entendre la version de Holy Tears là-dessus. Ce titre bénéficie grandement de l’amplitude du son live et son interprétation plus crue la fait sortir du cocon soyeux de la production d’In Absence Of Truth. C’est d’ailleurs sur ce morceau que se démarque le plus le travail de Jeff Caxide (basse) et de Clifford Meyer (claviers). Une très bonne version de ce titre pour cet album un peu mal aimé par les amateurs.

Threshold Of Transformation et 20 Minutes / 40 Hours sont aussi parmi les bons moments de ce Live VII. Ces morceaux constituent une superbe conclusion au dernier album d’ISIS et même séparés ici dans la setlist, ils opèrent.

Au final, on a affaire à un disque bien envoyé sur scène et bien travaillé par Harris en postproduction, respectant l’esprit et l’urgence des prestations du défunt groupe. Un disque live qui, contrairement aux précédents où les doublons étaient (trop) fréquents, pige à différents endroits dans la discographie du groupe tout en donnant la place qui lui revient au dernier opus d’ISIS.

MA NOTE : 7,5 / 10
ISIS
Live VII
Ipecac Records (31 mars 2017)

Setlist
Hall Of The Dead
Hand Of The Host
Holy Tears
20 Minutes / 40 Years
Ghost Key
Wills Dissolve
Threshold of Transformation
Carry
Celestial (The Tower)

*Moment fort : Hand Of The Host
*Déception : ils jouent Wills Dissolve trop vite

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About Jean-Simon Fabien

Journaliste, chroniqueur @CamuzMontreal, clé à molette, fan de stoner-rock et des Maple Leafs du Toronto (mettons...). J'ai mon bac brun dans #RosePatrie aussi