SOUVENIRS D’UN SOIR (première partie)

Lorsqu’il ne te parle pas de préoccupations métalliques, Kristof G. t’invite dans les coulisses des tribulations journalistiques d’un fan de métal perspicace et autodidacte, s’étant médiatiquement taillé une petite place, en balançant son infectieux enthousiasme dans ta face.

SOUVENIRS D’UN SOIR (première partie)

Plusieurs métalleux sont des ramasseux. Afin de se souvenir des épiques concerts auxquels ils ont assisté, certains conservent leurs billets desdits événements, et parfois même les flyers ou affiches les annonçant. Cependant, pour d’autres, ce n’est visiblement pas suffisant. Ou tout simplement pas assez original ou unique à leur goût. Comme moi, les gars.

Ce qui suit liste une foule d’articles (ou interactions, dans certains cas), que les fans de métal les plus crinqués se plaisent à accumuler. Pour le fun. Dans le coin gauche, les raretés, alors que dans un deuxième temps, on jasera des produits dérivés, qui sont normalement disponibles à la table de marchandise, communément appelé le comptoir des souvenirs.

PREMIÈRE PARTIE : CE QU’ON NE PEUT ACHETER (quoique…)

Le pick

Cet item (plectre en bon français) est normalement lancé dans la foule par le guitariste ou le bassiste. On a tendance à préférer celui du guitariste soliste, car normalement plus virtuose et spectaculaire, bien que ceux des bassistes devraient être plus convoités (et plus rares, car ils sont nombreux à n’utiliser que leurs doigts). Quelques points de plus pour les picks lancés durant le spectacle, car usagés, versus ceux ― promotionnels (donc en plastique cheap) et non professionnels ― utilisés pour saupoudrer souvent généreusement l’avant-scène après le rappel par certains vieux de la vieille.

Peu importe le type, le pick est normalement brandé, arborant souvent le logo du groupe d’un côté (et/ou accompagné d’un visuel approprié) et la signature du musicien au verso. Certains groupes en mettent en vente à peu de frais, que ce soit à l’unité ou en set, souvent accompagné d’autocollants. Il existe beaucoup de collectionneurs de ces petites choses, à peine plus grosses qu’une pièce de monnaie.

La baguette de drum

Elle est toujours plus rare que le pick, étant donné qu’elle coûte plus cher au musicien, qui n’en lance habituellement qu’une paire par concert, à la toute fin, quand c’est le cas. À moins que le marteleur soit de type puissant, donc qu’il en casse souvent. Évidemment, les baguettes complètes (en un morceau) sont plus prisées. Sachez que tenter de les attraper peut être risqué et même dangereux : attention à vos yeux, mesdames, messieurs. Une denrée rare, qu’on ne retrouve pas souvent au comptoir des souvenirs.

La peau de drum

Il est très rare qu’un batteur se sépare de ses peaux. Lorsque c’est le cas, c’est souvent pour se débarrasser des accidentées, ou s’il est commandité. Le lancer de la peau s’apparente à celui du Frisbee. Ainsi, la distance parcourue est bien souvent inversement proportionnelle au niveau de « fanitude » du receveur, souvent situé au fond de la salle, alors que les fans, les vrais, s’entassent naturellement au-devant de la scène.

On peut également déduire que le nombre de peaux lancées est vraisemblablement proportionnel à la taille de l’ego du lanceur. Lesdites peux ne sont que très rarement vendues au comptoir des souvenirs (parfois préalablement autographiées, vendues à des prix surdimensionnés).

Le setlist 

Les susmentionnés über-fans sont habituellement ceux étant le mieux placés pour attraper l’une de ces feuilles de papier, souvent scotchées au plancher de la scène près des moniteurs, et sur laquelle on retrouve la liste des chansons jouées ce soir-là. Le convoité huit et demi par onze est très pratique pour se souvenir des titres des pièces, surtout pour le nouveau fan ou celui qui est moins familier avec le répertoire du groupe.

L’aide d’un technicien de scène est parfois requise, en particulier lorsqu’il y a un barrière et une fosse (ou pit à photo) entre les spectateurs et la scène. Il est indéniable que les setlists situés en régie (du technicien de son ou de l’éclairagiste) sont moins palpitants à posséder, bien que souvent plus facile à obtenir, car moins convoités.

La rencontre + la poignée de main

Plusieurs minutes après le concert, certains artistes repassent sur scène pour récupérer eux-mêmes leur équipement ou passent à la table de marchandise; donc, si on est perspicace, on peut avoir notre moment. Sinon, la poignée de main est parfois distribuée de la scène durant les pièces par le chanteur et souvent, et de façon humide, glissante et/ou rapide (ex. : à la chaîne, hi-five), à la fin du set par les membres du groupe.

Par ailleurs, notez que si on est passablement bilingue et capable de former des phrases complètes (et surtout passionné et doté d’un peu de facilité pour rédiger), devenir reporter/critique/blogueur musical est l’option la plus viable (juré craché). Sinon, il y toujours l’option d’attendre patiemment après le concert derrière la salle de spectacle près du bus de tournée… mais à -30 degrés Celsius, ‘faut être VRAIMENT un fan fini chasseur d’autographes ou et/ou de selfie (voir plus bas).

L’autographe

Les mieux préparés apportent souvent un ou des items à faire signer (pochette de CD ou vinyle, idéalement une édition rare, importée ou exclusive) en plus de leur feutre, noir de prédilection, rouge sang ou encore argenté pour les visuels foncés. On recommande la marque Sharpie et d’éviter les imitateurs, afin de ne pas souiller l’item en question. Important : on doit laisser sécher l’autographe quelques secondes avant d’y toucher, afin d’éviter de tout gâcher. Évidemment, l’autographe peut s’appliquer sur la majorité des articles cités plus haut, afin de les rendre uniques et personnalisés, en plus d’aider le détenteur à se remémorer ultérieurement cet instant magique (le contact/interaction avec un artiste respecté et/ou adulé). À la rigueur, le billet de spectacle peut également faire l’affaire.

La photo 

Jadis (avant les années 2000, disons), ‘fallait faire preuve d’audace et subterfuges afin d’infiltrer une caméra photo (alors interdite) dans une salle de spectacle; la caméra jetable était souvent l’option la plus sécuritaire, bien que le résultat était rarement spectaculaire. Maintenant, il est quasiment impossible d’empêcher les spectateurs, comme ils sont pratiquement tous munis de téléphone intelligent pouvant prendre des photos (bien souvent de qualité HD). À part peut-être cet entêté de Danzig et ses goons, mais ça, c’est une autre histoire. Or, attraper son artiste préférer pour un selfie de fan est chose rare, comme post-concert les artistes établis préfèrent normalement aller décompresser dans le confort de leur loge ou bus de tournée. Si on réussit, nouvelle photo de profil Facebook garantie.

La passe backstage

Afin de mousser la venue en ville de leurs artistes internationaux, certaines grandes étiquettes de disque mettent sur pied des concours (en collaboration avec certains médias), permettant aux fans de courir la chance de gagner une passe donnant accès à une rencontre en coulisse. Lors de cette visite dans le convoité espace backstage, normalement après le concert, les fans ont droit à une jasette (courte), une poignée de main (moite), photo protocolaire, autographes et autres goodies.

D’autre part, les artistes les plus libidineux envoient parfois leurs employés en quête de décolletées groupies, à qui ils distribuent des passes VIP dans l’espoir de rapprochements sexys (oui oui, pareil comme dans les home vidéos de Pantera ou de la gang à Tommy Lee). D’autres, plus amicaux, offrent ces passes à leurs contacts, connaissances, amis ou fans finis habitant dans la ville visitée (i.e. Une histoire de Mastodon).

Normalement faite à base de tissu autocollant (lorsque ce n’est pas sous forme de bracelet), la passe est souvent agrémentée d’un visuel inspiré du dernier album du groupe ou de la tournée en cours, en plus d’être feutrée de la date du concert, la rendant valide que pour un soir. Notez que les photographes de presse obtiennent un équivalent, qui ne leur donne par contre accès qu’au « pit à photo » et leur permettant de shooter les trois premières chansons uniquement (c’est le règlement).

AUTRE CHOSE ?

D’autres souvenirs lancés par des artistes lors d’un concert? Plusieurs exemples me viennent en tête. Une piastre d’Alice Cooper (qui était transpercée de son fleuret), de Mononc’ Serge avec Anonymus (pendant la désopilante pièce Canadian Tire!) ou de Ghost. Une hostie lancée par Papa Emeritus pendant un de ses spectaculaires sermons. Une feuille de la Bible déchirée par Marilyn Manson (celui d’antan). Du faux sang sur un chandail blanc pendant une pièce de GWAR. La pire idée? Les ballons gonflables de la tournée Death Magnetic… comment je te dirais bien ça… les ballons de plage, c’est pas très métal, Lars (et ce, même si ca na pas empêché plus fans de les dégonfler pour les ramener chez eux).

La suite demain, avec la deuxième partie :

DISPONIBLE EN VENTE LIBRE

PHOTOS : KRISTOF G.

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About Kristof G.

Lorsqu’il ne te parle pas de préoccupations métalliques, Kristof G. t’invite dans les coulisses des tribulations journalistiques d’un fan de métal perspicace et autodidacte, s’ayant médiatiquement taillé une petite place, en balançant son infectieux enthousiasme dans ta face.