Le Best Ov 2016 d’Alexandre Duguay

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À chaque année, c’est la crucifix de même affaire : effectuer mon BestOv me stimule autant qu’il m’angoisse. Pourquoi placer un titre à la 11e position plutôt qu’à la 6e? Est-ce que j’aurais fait les mêmes choix la semaine précédente? Ou la suivante? Ai-je manqué de quoi qui aurait dû se trouver là? Sûrement. Possible. Peut-être…

Fait qu’un moment donné, j’essaie de stopper la réflexion, et je me fie à la force. Le côté obscur de la force (ça fait plus métal, t’sais). Maintenant, qu’est-ce que je pourrais dire d’intelligent pour résumer l’année 2016? Rien. Je vais laisser parler la musique.

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15. MEGADETH – Dystopia

Megadeth-Dystopia

Dire que lorsque j’ai entendu le premier extrait, je n’étais guère impressionné. Du genre vraiment pas vendu. Si mon moi-même du futur était venu me dire de ne pas être aussi réfractaire, puisque Dystopia allait figurer à mon BestOv, je me serais envoyé pètre bien comme il faut! Bref, il s’agit d’une solide proposition de la part d’un (mono)groupe ayant toujours évolué dans l’ombre d’un géant, qui – disons-nous les vraies affaires – n’a pas l’égal du talent de compositeur de Dave Mustaine. Il serait facile de crier au génie après l’épouvantable Super Collider, et bien que l’on décèle des similarités avec le catalogue existant de Megadeth, Dystopia se défend honorablement. Mustaine fait/dit souvent des niaiseries, mais il faut souligner ses bons coups, comme l’embauche du guitariste Kiko Louleiro du groupe brésilien Angra, l’un des plus virtuoses de sa génération.

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14. BLOOD INCANTATION – Starspawn

14. BLOOD INCANTATION – Starspawn

Incapable d’établir s’il allait effectivement être le meilleur disque du genre à voir le jour en 2016 (la lutte a été chaude avec d’autres titres qui rivalisaient aussi bien), force est d’admettre que Starspawn fesse fort en s’il-vous-plait! Riffs dévastateurs enveloppés dans une réverbération caverneuse et appuyés par des growls d’outre-tombe, Blood Incantation amène un juste équilibre entre technicité et lignes plus mélodieuses et atmosphériques (tendez l’oreille vers l’instrumentale Meticulous Soul Devourment). Se situant quelque part entre Demilich et Morbid Angel, Blood Incantation partage également quelques points communs avec Artificial Brain. Son sceau d’excellence est amplement mérité.

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13. TERRA TENEBROSA – The Reverses

TERRA TENEBROSA – The Reverses

Les suédois de Terra Tenebrosa ne sont peut-être pas si faciles à apprivoiser. Inclassable et explorant plusieurs facettes de la musique extrême, le groupe se pointe toutefois avec leur enregistrement le plus concis et efficace à ce jour, ce qui devrait leur faire gagner de nouveaux fans. Étrange, sombre et bien vicieux, The Reverses n’est rien de moins qu’une expérience cauchemardesque qui risque de vous hanter. Il comprend notamment l’une des meilleures chansons de l’année : The End Is Mine To Ride.

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12. DEATH ANGEL – The Evil Divide

DEATH ANGEL – The Evil Divide

Je n’ai jamais été fan de Death Angel, mais l’heure de la reconnaissance est enfin arrivée puisqu’il s’agit, en ce qui me concerne, de leur disque le plus stimulant en carrière. Leur single Lost peut faire penser à Only d’Anthrax, mais la chanson s’avère plus accrocheuse encore. Le chanteur Mark Osegueda y offre une livraison digne d’un certain Dio. Les gars de Death Angel nous garochent leurs meilleurs riffs et des solos franchement excitants. Avec The Evil Divde, leur place ici est amplement méritée.

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11. WORMROT – Voices

WORMROT – Voices

Le grindcore régurgité en 2016 a fait beaucoup de dégâts, notamment avec Nails et Venomous Concept. Mais c’est avec son impardonnable Voices que le trio de Singapour s’impose face à ses contemporains. À plate couture à part de ça!

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10. ANTIMATERIA – Valo Aikojen Takaa

ANTIMATERIA - Valo Aikojen Takaa

Besoin d’un fixe de trve black métal bien glacial. Vous ne devriez pas être déçu par le finlandais AntimateriA. Sonorité de guitares qui coupent comme des rasoirs, voix enrobée d’une réverbération digne d’un palais médiéval, mélodies aux accents folkloriques… Valo Aikojen Takaa s’avère également très mélodique et atmosphérique. Un secret trop bien gardé cette année. Et comme un vrai, j’ai ma copie de l’album sur cassette!

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9. ZEAL AND ARDOR – Devil Is Fine

ZEAL AND ARDOR – Devil Is Fine

Zeal and Ardor est le projet de l’artiste Manuel Gagneux qui réussit un pari audacieux avec une proposition musicale inclassable, éclectique et rafraichissante! Pour faire simple, chants gospel et blues côtoient black métal sur ce surprenant Devil Is Fine. La combinaison des genres aurait pu être catastrophique, mais Gagneux réussit, par je ne sais quel tour de passe passe, à réunir deux styles aux antipodes avec une aisance telle, que la proposition est dès lors invitante. Le jeune musicien semble encore en laboratoire et ses expérimentations peuvent parfois créer cette rupture de ton. En revanche, il se défend de miser sur une cohérence thématique et non musicale. Ceci explique peut-être cela… Qu’importe, Devil Is Fine reste un incontournable cette année.

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8. HAMMERS OF MISFORTUNE – Dead Revolution

HAMMERS OF MISFORTUNE – Dead Revolution

Hammers of Misfortune s’avère l’un des groupes métal progressifs les plus stimulants des quinze dernières années. À mille lieu du genre qu’on a tendance à associer d’abord à Dream Theater, le sextuor californien se rapproche davantage de groupes des années 1970, tout en ne se gênant pas pour incorporer des éléments folk ainsi que des emprunts au NWOBHM. L’étendue des genres est notamment attribuable à l’apport des musiciens qui proviennent de divers autres groupes tels que le défunt Ludicra, Vhöl, Vastum et Death Angel. Dead Revolution, sixième album en carrière de la formation, est sans nul doute l’un des meilleurs disques de l’année et probablement leur plus inspiré depuis de Locust Years. Un exemple éloquent sur l’art d’écrire de solides compositions musicales.

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7. DARK TRANQUILLITY – Atoma

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Étrangement boudé lors de la sortie de Construct en 2013 (album qui m’avait plu), Dark Tranquillity revient avec un 11e disque qui va dans la continuité de leur titre pré-cité. La différence, c’est que cette fois, le groupe semble rallier davantage de fans. Il faut dire qu’Atoma apporte son lot de mélodies accrocheuses. Il se dégage également de celui-ci une certaine grisaille, une mélancolie qui suscite instantanément chez l’auditeur des émotions bien tangibles. Le melodeath n’est guère mieux représenté cette année. Écoute obligatoire.

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6. VEKTOR – Terminal Redux

Terminal Redux

Ouf! Les thrashers américains évoluent avec une fulgurance qui défie les lois de la physique. Si ce quatuor démontrait un fort potentiel sur Black Future et prouvait qu’il avait encore bien des choses à dire sur Outer Isolation, sachez qu’il atteint les plus hauts sommets sur le phénoménal Terminal Redux. Vektor est un groupe en pleine possession de ses moyens, tant au niveau de l’exécution que de la création. La bande ne se contente pas que de reproduire un thrash aux sonorités d’antan ce qui en fait peut-être bien le plus bel exemple de l’évolution du genre à ce jour. Vektor repousse les limites avec un album concept bien ficelé, des idées musicales fortes, des éléments progressifs stimulants et une technique de jeu sans failles.

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5. COLDWORLD – Autumn

COLDWORLD – Autumn

ColdWorld est le projet de l’Allemand Georg Börner qui possède, sans l’ombre d’un doute, un solide bagage musical. Toujours est-il que G.B. joue de tous les instruments en passant des guitares au violon, tout en se chargeant des claviers et de la programmation sur cet envoûtant disque empreint de mélancolie. Atmosphérique, cet opus de black métal dépressif comporte des phrases musicales qui prennent directement aux tripes. Affirmant son respect pour des groupes tels que Katatonia, Shining et Sigur Ros, je dirais que les amateurs de post black-metal y trouveront aussi leur compte. Mélodique, senti et poignant, Autumn est un disque d’une grande beauté.

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4. KATATONIA – The Fall Of Hearts

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Bon, vous ne retrouverez pas de révolution musicale chez Katatonia avec The Fall of Hearts, mais cet enregistrement est, selon moi, le plus stimulant du groupe depuis Viva Emptiness. Ça faisait un bail que je ne m’étais pas senti aussi interpellé par les compositions du groupe. Bien sûr, le métal demeure un aspect timide de l’ensemble, mais lorsqu’il se manifeste, c’est du solide. La production hyper léchée ne nuit pas, mais on retrouve surtout un regain d’inspiration au sein de la formation qu’on accueille à bras ouverts. Derrière l’impression de simplicité des titres se camouflent une certaines complexité des arrangements où chaque détail compte. Katatonia surprend avec quelques mélodies et changements d’accords très intéressants au détour. Un autre album pour lequel j’ai cru, à tort, qu’il serait mauvais lorsque j’ai entendu le premier extrait. Honte à moi.

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3. HAKEN – Affinity

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Sachez que le métal progressif n’est pas mon sous-genre de prédilection. Ce n’est pas tant la musique qui me rebute, mais plus souvent qu’autrement le style vocal lyrique sirupeux à la Dream Theater qui me fait dresser les cheveux (même si je n’en ai plus!). Mais il y a toujours des exceptions. Et même si je me retrouve ambivalent face à Ross Jennings, chanteur de Haken, le sextuor londonien offre un superbe album techniquement irréprochable. On retrouve ici un bel équilibre entre prog et heavy (assez heavy même par moment). Si des noms tels qu’Exivious, Scale the Summit ou Yes (vous allez saisir la référence sur la pièce 1985) vous plaisent, Haken vous stimulera au plus haut point.

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2. KHEMMIS – Hunted

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Si les quelques premières mesures (oui, seulement ça) ne te convainquent pas, je sais pas quoi te dire.  Épique et mélodieux comme ce n’est pas permis, Hunted est le second effort du groupe doom Khemmis. Non seulement s’agit-il d’une belle manifestation de maturité au niveau de l’écriture, le quatuor atteint des sommets qui vont t’achever.

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1. IHSAHN – Arktis

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Guitariste, compositeur et réalisateur émérite, l’ancien leader d’Emperor avait commencé à me perdre avec Eremita et Das Seelenbrechen. Conservant néanmoins tout mon respect pour le créateur, l’annonce d’Arktis a tout de même suscité chez moi la curiosité. C’est donc avec un plaisir immense que je renoue avec Ihsahn. Inclassable, Arktis emprunte plusieurs directions sans ne jamais s’égarer. Ihsahn conjugue des sonorités de black (Pressure), de rock progressif des années 70 (My Heart Is Of The North) et des guitares hurlantes transpirant le métal des années 80 (Until I Dissolve) à de l’électronique (South Wind) et même à des éléments qu’on jurerait empruntés au rap (Frail). Ce qui frappe au final, c’est que peu importe la direction des compostions, elles s’avèrent toutes illuminées par de superbes phrases musicales et ce, sans exception. Je m’étonne encore que ce disque n’ait pas été encensé davantage.

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Horns Up à Osmose

Osmose Productions est un label français qui n’a plus vraiment besoin de présentation. Fondée en 1991, cette étiquette a fait paraître cette année plusieurs titres de grande qualité. En fait, presque toutes leurs nouveautés 2016 ont été des plus intéressantes. Je pense d’abord aux groupes PHAZM et SEKTEMTUM qui sont passés bien près de se retrouver dans le top 15. Mais il y aussi eu le black métal symphonique d’ELDERBLOOD, le black glacial de NORDJEVEL, le métal crasseux de BLACK FUCKING CANCER ainsi que les propositions de DARKESTRAH et ABHOMINE. Horns up, Osmose!

Vous pouvez également découvrir mes écoutes métalliques partagées sur instagram, en recherchant le mot-clic #metalcoolique et vous abreuver sur Métalcoolique.

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About Alexandre Duguay

Rédacteur, intégrateur et développeur web. Autrefois musicien (violoniste et guitariste). Toujours mélomane, cinévore et audiophile. Collectionneur de vinyles, cassettes et VHS.

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