Critique de Rheia — Oathbreaker

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Oathbreaker poursuit sa mutation. Du hardcore écorché des débuts le groupe belge revient sur Rheia avec un chaos post-black-métal volatile et émotif. Volatile parce tout est en suspension sur ce complexe nouvel effort.

Et c’est la première grande surprise à laquelle on est confronté sur Rheia. Le groupe délaisse les lourdes sonorités «terrestres», les gros riffs joués sur les grosses cordes et les variations typiquement hardcore qui étaient mis de l’avant sur Eros / Anteros, le précédent disque du quatuor.

Ici on est plutôt dans les nuages – ou dans les turbulences du courant jet – de la même manière que chez Deafheaven par exemple, mais avec la précision chirurgicale de Liturgy en prime. Car oui, c’est terriblement bien exécuté.

Mais Oathbreaker se détache toutefois de ces groupes associés généralement à la vague du USBM* avec sa grande habileté à jongler avec les genres. Avoir une voix féminine aide certainement à varier les procédés d’attaques, les ambiances et les transitions. Ça, Caro Tanghe le fait à merveille. Même si les longs intermèdes atmosphériques s’imbriquent parfois mal au chaos généralisé des pièces de Rheia.

Oui, les membres d’Oathbreaker deviennent de meilleurs techniciens à chaque album qu’ils produisent, mais on sent toutefois que leurs qualités de songwriter plafonne par moments sur Rheia… plafonne ou plutôt qu’elles ne parviennent pas à atteindre leur niveau d’exécution. Joué à la perfection des idées mal ficelées ce n’est pas suffisant.

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En gros, c’est plus laborieux pour Oathbreaker de captiver autrement que par l’agression. Mais quand ils sont en mode chaos, c’est d’une grande réussite.

La finale épique de Where I Leave tend à me faire mentir sur ce dernier point, mais ça ne compte pas, c’est sur ce titre que le groupe est le plus convaincant, mais est aussi le plus loin de son tournant post-black. Sur cet avant-dernier titre Oathbreaker sonne comme Cult Of Luna ou Rosetta et, pour ma part, c’est vers ce genre de sonorités et de crescendos que les musiciens devraient se diriger.

Oathbreaker accouche d’une disque audacieux, surprenant pour ceux qui suivent le groupe depuis les débuts, mais un disque au final assez épars. C’est dommage parce que voilà justement un groupe qui prend des risques et se submerge dans l’exercice de sa création.

MA NOTE : 7 / 10

Oathbreaker
Rheia
Deathwish Inc (30 septembre 2016)
61 minutes

*USBM est un acronyme pour l’étiquette controversé United States Black Metal.

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About Jean-Simon Fabien

Journaliste, chroniqueur @CamuzMontreal, clé à molette, fan de stoner-rock et des Maple Leafs du Toronto (mettons...). J'ai mon bac brun dans #RosePatrie aussi

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