Métal en rafale : Misery Index, Vader, Crowbar, Mastodon, E-Force, Sargeist et Take Over and Destroy

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NDA – La cote DR correspond à la valeur moyenne de l’échelle de dynamiques (Dynamic Range). Plus la valeur est basse, plus le disque souffre d’une compression résultant d’un mastering visant à maximiser le volume

Layout insert centredMISERY INDEX – The Killing Gods
Season of Mist | mai 2014
DR5 (mp3 320 kbps)

6.8

En lisant la liste du guitariste Mark Kloeppel sur le blogue de Decibel, j’ai compris que le musicien de Misery Index connaissait bien son métal, d’autant plus que la plupart de ses suggestions tombaient pas mal dans mes cordes. L’énumération faisant forcément partie de ses influences, je m’étonne de ne pas être davantage interpellé par la musique du quatuor de Baltimore. Pas que The Killing Gods soit complètement ennuyant, mais, malgré un solide départ, la suite de ce cinquième album s’essoufle rapidement. Peut-être est-ce dû au fait que les cinq premiers titres, tous reliés et empreints de lignes hyper mélodiques, ne sont rien de moins que de la bombe. Peut-être est-ce plutôt attriuable au fait que Misery Index ne donne tout simplement pas dans le genre de sonorité, ni de production métal que je préfère. J’aime le death et le grindcore, mais pas celui overproduced où il n’y pas une crotte qui dépasse. L’ensemble demeure brutal, heavy et hautement énergique, mais l’inspiration ne semble pas toujours au rendez-vous (le début de la pièce titre en est bien la preuve). Trop de riffs m’aparaissent d’un manque d’originalité flagrant. Dommage.

 

Tibi et IgniVADER – Tibi Et Igni
Nuclear Blast | mai 2014
DR6 (mp3 320 kbps)

8

Qu’entend-je? Est-ce la musique du film Dune (1984)? Non. Il s’agit de la pompeuse introduction orchestrale de Tibi Et Igni des death métalleux de Vader. Mise en contexte un peu trop over the top (tout comme les autres passages orchestraux sur Hexenkessel et The Eye of the Abyss), qui nous plonge au cœur de la stimulante pièce Go to Hell. Un titre rapide et pas mal fun, malgré le fait que des pièces du genre, j’en ai entendu une ou deux depuis le temps, mettons. Et ça se poursuit de plus belle sur Where Angels Weep, tandis que Vader ne démord toujours pas sur Armada on Fire. Vous saisissez le topo? Malgré qu’il ne reste de la bande polonaise qu’un seul membre original, soit le guitariste/chanteur Piotr « Peter » Wiwczarek, Vader livre un 11e album studio digne des meilleures propositions du groupe. Il ne faut pas chercher de midi à quatorze heures en ce qui concerne l’inventivité, mais on s’en sacre un peu, puisque Tibi Et Igni regorge de riffs accrocheurs et de blast beats satisfaisants. Dans ta face!

 

Symmetry in BlackCROWBAR – Symmetry In Black
Entertainment One | mai 2014
DR7 (mp3 320 kbps)

8

Je dois passer (une fois de plus) aux aveux : je n’ai jamais suivi de près la carrière de Crowbar. Je suis familier avec leur album éponyme et ses quelques clips qui roulaient à l’époque de Solidrok. Ça se limite à cela! Il va donc sans dire que l’écoute de Symmetry In Black m’a fait revivre, dans une certaine mesure, cette (glorieuse) période de la première moitié des années 90 où la scène métal connaissait une explosion de groupes et d’albums aussi marquants que de grande qualité. Tout comme le retour d’Eyehategod cette année (voir le Métal en rafale du 18 juillet 2014), ce 10e enregistrement est franchement bienvenu. Mais au-delà de ma nostalgie, Symmetry In Black a non seulement de quoi ravir les fans de sludge et de métal issus de la Nouvelle-Orléans (la pochette est cousine avec celle de NOLA de Down), mais agit aussi en tant que manifeste, démontrant avec aplomb qu’un groupe de la trempe de Crowbar a toujours sa raison d’être, vingt ans plus tard. Certains patterns musicaux se ressemblent par moment et on demeure en terrain connu, n’empêche que Crowbar livre un solide effort aussi pesant que groovy, avec d’excellentes compos telles que Walk With Knowledge Wisely, The Taste of Dying, Reflection of Deceit et l’instrumentale The Piety of Self-Loathing venant enfoncer un dernier clou à cet opus honorable.

 

Once More 'Round The SunMASTODON – Once More ‘Round The Sun
Reprise Records | juin 2014
DR5 (mp3 320 kbps)

8.3

Heavy ou pas heavy? Telle est la question. Une question que plusieurs se posent lorsqu’un groupe métal commence à emprunter une voix dites plus « commerciale ». C’est le cas de Mastodon, dont la direction a pris un tournant inquiétant pour les fans qui ne juraient que par les albums concepts du groupe. Ainsi, avec The Hunter en 2011, le quatuor d’Atlanta se rapprochait davantage du hard rock, tout en consevant un côté progressif. On peut en dire tout autant de Once More ‘Round The Sun, suite logique à The Hunter, musicalement parlant du moins. Décrit par le groupe comme un « album d’été », les musiciens ont choisi de livrer un contenu plus « lumineux » étant donné les multiples et lourdes épreuves vécues par plusieurs des membres de la formation. Honnêtement, que Mastodon soit heavy ou pas, je n’en ai pas grand chose à faire. Ce qui m’intéresse surtout, c’est de savoir si les musiciens sont capables de livrer de la bonne musique, et la réponse est oui. Sans équivoque. Mastodon a un sens de la composition hors du commun. Chacune des pièces de ce plus récent disque réserve d’agréables surprises auditives, et que dire des refrains accrocheurs et hautement satisfaisants. Mes préférées du lot : Thread Lightly, High Road, Chimes at Midnight, Feast Your Eyes, Aunt Lisa et Ember City.

 

E-Force-The-CurseE-FORCE – The Curse…
Mausoleum Records | 2014
DR5 (m4a 256 kbps)

7.9

Les fans de Voïvod sont probablement familiers avec le nom d’Eric Forrest, ce dernier ayant agit à titre de chanteur/bassiste pour la formation québécoise sur les albums Negatron et Phobos, avant de fonder quelques années plus tard son propre groupe, E-Force. Aisni, The Curse… (un gentil petit diminutif pour The Curse of the Cunt, ouais) est le troisième album du trio établi en France. Livrant un thrash assez sombre, l’un des meilleurs atouts d’E-Force est sans contredit son guitariste, Jérôme Point, très habile sur le manche de sa six cordes, exécutant de superbes solos dignes de Marty Friedman, Chris Poland ou encore Chuck Shuldiner. Bien qu’il se révèle assez linéaire (comme me le soulignait mon collègue Steve Dallaire), The Curse… demeure néanmoins très potable. D’autant plus qu’on sent bien que la production résulte d’un honnête labeur.

 

Feeding the Crawling ShadowsSARGEIST – Feeding the Crawling Shadows
World Terror Commities | mars 2014
DR5 (mp3 320 kbps)

7.4

Pvriste de black métal, tv es? Peut-être n’ai-je même pas besoin de t’entretenir au sujet du 4e album de Sargeist, Feeding The Crawling Shadows. Tu me répondras que tu as l’a déjà écouté 666 fois. Mais supposons qu’il t’ait échappé, tu risques de vouloir te précipiter sur ce méfait des finlandais satanistes. Je veux dire, demeurer plus fidèle au black métal scandinave du début des années 90 que ça, c’est que tu es probablement l’un de ces groupes qui a lancé le mouvement. Autrement dit, on se retrouve face à une qualité de production moyenne, noyée dans la reverbération, avec une trâllée de blast beats et d’enchaînements d’accords mineurs en tremolo. Certes moins efficace que le précédent Let The Devil In, Sargeist ne convainc malheureusement pas sur le départ avec sa pièce titre, dont le vocal évoque Mayhem. Cependant, plus on avance, plus l’écoute se bonifie avec des titres de plus en plus mélodiques et mieux construits, quoique la réalisation semble plus brute et sale sur ce Feeding The Crawling Shadows. Les fans du genre devraient à tout le moins trouver leur compte à l’écoute d’In Charnel Dreams, la crust/punk Unto the Undead Temple, Return of the Rats ou encore Inside the Demon’s Maze.

 

VacantFaceTAKE OVER AND DESTROY – Vacant Face
Comfort Point | août 2014
(sreaming)

7.8

L’an dernier, je vous faisais brièvement part de Take Over And Destroy, en soulignant leur partution intitulée Endless Night comme étant l’un des candidats of Best Ov 2013. S’il s’agissait d’une des belles surprises de 2013, TOAD m’a surpris cette année avec cette sortie plutôt inattendue de Vacant Face. Je fus donc heureux de pouvoir me mettre du nouveau matériel dans les canaux auditifs, mais je dois avouer, que même si ce nouvel enregistrement demeure très bon, il me décoit légèrement. Difficile pour moi toutefois de mettre le doigt sur ce qui fait que je ne suis pas autant exalté que l’an passé. Parce que bien franchement, toutes les références qui me viennent en tête à l’écoute de cet album me parlent beaucoup. TOAD pige autant dans le métal que le punk, en passant par le gothique et le rock n’ roll, avec un soupçon de psychdélique, tout en référant au cinéma d’horreur rétro. Pensez à un mélange de Moonspell, Cathedral, Beastmilk, Ghost et The Cramps, avec un petit clin d’oeil aux trames sonores italiennes des films de Fulci sur la pièce The Fly Is Awake. Peut-être que l’ensemble aurait été plus efficace, si le sextuor avait coupé dans le gras. Quelque peu inégal donc, mais quand même très intéressant.

 

About Alexandre Duguay

Rédacteur, intégrateur et développeur web. Autrefois musicien (violoniste et guitariste). Toujours mélomane, cinévore et audiophile. Collectionneur de vinyles, cassettes et VHS.

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