Métal en rafale : Beneath, Insomnium, Hark, Fisthammer, Thantifaxath et So Hideous

metal-en-rafale-deaf

NDA – Notez qu’à partir de maintenant, je vous indique la valeur moyenne de l’échelle de dynamiques (Dynamic Range) pour chacun des albums évalués. Plus la valeur est basse, plus le disque souffre d’une compression résultant d’un mastering visant à maximiser le volume.

The Barren ThroneBENEATH – The Barren Throne
Unique Leader Records | avril 2014
DR5 (mp3 320 kbps)

8.1

The Barren Throne, deuxième album du groupe Beneath, s’amorce un peu à la manière de Beneath The Remains de Sepultura. C’est à dire qu’on a droit à une mélodie arpégée de guitare clean qui aboutit sur un riff dévastateur. Mais là s’arrête la comparaison, puisqu’une fois dans le vif du sujet, l’auditeur a droit à du death aussi technique que brutal (Barren Throne, Putrid Seed of Affection, Veil of Mercy), comme sait si bien le faire Suffocation. D’une intensité peu reposante donc, le quintette, aussi énergique qu’occupé, parsème cependant ses compositions de passages mélodiques vraiment bienvenues (Chalice) et se permet un superbe morceau lyrique au tempo plus assis, Sky Burial, qui n’est pas sans rappeler quelques titres d’Hypocrisy. Pour plusieurs, la scène musicale Islandaise se résume à Bjork ou Sigur Ros. Soit. Étonnamment, bien que l’Islande soit inclus parmi les pays scandinaves, on ne l’associe pas systématiquement au métal nordique comme la Suède, la Finlande ou la Norvège. Pourtant, un grondement effervescent est bel et bien en branle là-bas. Et le groupe de death métal Beneath en est un sacré porte-étendard.

 

inso_cover32cmx32cmCMYKprintuseINSOMNIUM – Shadows of the Dying Sun
Century Media | avril 2014
DR6 (mp3 192 kbps)

7.2

Formation chouchou chez les fans de death métal mélodique, Insomnium s’en tient une fois de plus à sa formule gagnante sur son sixième album en carrière, Shadows of the Dying Sun. C’est à dire qu’on se retrouve face à des lignes de guitares aériennes et épiques, bien souvent fort efficaces. Toutefois, l’impression d’avoir déjà entendu certains riffs (le début de Revelation est proche parent de Decoherence, par exemple) vient parfois jouer en défaveur du groupe finlandais. Insomnium, c’est un peu comme les trames sonores de Hans Zimmer : c’est pompeux, un brin fromagé et quand bien même ça peut prendre aux tripes, ça finit par se ressembler un peu, beaucoup, trop. Bien que j’apprécie et éprouve du respect pour Insomnium, je n’ai jamais été un fervent admirateur du groupe. Je transpose donc mon fanatisme envers Amorphis (groupe qui s’en donne à coeur joie dans la même formule depuis belle lurette) pour comprendre le phénomène des inconditionnels qui restent pâmés, même si la redite est de mise. En revanche, je me réserve le droit de remettre en question la pertinence d’une pièce comme la sirupeuse The Promethean Song.

Je vous invite à consulter l’avis plus élaboré (et plus positif) de mon estimable collègue Steve Dallaire.

 

CrystallineHARK – Crystalline
Season of Mist | mars 2014
DR6

7

Baroness. C’est le nom de groupe qui hante mon esprit lorsque j’écoute ce Crystalline du trio sludge en provenance du pays de Galles. Sans en être une copie carbone, Hark s’en rapproche presque trop dangereusement. Notamment en ce qui a trait à la voix (pas unique mais solide, néanmoins) du guitariste/chanteur Jimbob Isaac. C’est donc ce rapprochement un peu trop omniprésent qui me fait tiquer au sujet de cet album. Ceci étant dit, Crystalline est loin d’être vilain et bénéficie d’un mixage dans ta face signé par un certain Kurt Ballou (membre de Converge qui a réalisé des albums pour Kvelertak, Beastmilk, Vallenfyre). Hark rentre ainsi au poste avec ses riffs stoner et groovy – l’âme de RATM prend même possession de certains moments sur ce disque, comme l’ouverture de Mythopoeia ou encore celle de Sin of Sleeves. Essentiellement, si vous appréciez le stoner dans la lignée de Mastodon, Baroness et cie, vous serez servis.

 

4PAN1TSPBFISTHAMMER – Infallible
Indépendant | janvier 2014
DR6 (mp3 192 kbps)

7.4

Livrant un death métal relativement technique, incorporant de multiples variations de tempi, le tout avec une sonorité plutôt imposante, on ne penserait pas, sur le coup, que Fisthammer est constitué de trois musiciens. C’est pourtant la vérité. Et le trio en provenance de Philadelphie fait bonne figure avec ce deuxième effort portant le titre Infallible. Fisthammer parvient à capter l’attention avec des pièces comme Arithmos Tou Therious, Doom of The Gods Part 2, Conjuration of the Fire God ou encore Dismal Inveracity, l’une des plus satisfaisantes du lot. Tandis qu’il y a alternance entre rugissements caverneux et un vocal plus perçant à la Chuck Shuldiner ou à la Black Fast, on se fait bombarder de riffs virtuoses et de double bass drum, mais Infallible n’est pas sans failles… Un titre comme Automation of Flesh démarre en force, mais on a malheureusement droit à ce foutu effet d’explosion en sourdine entendu ad nauseam sur un foule de productions modernes qui fait tilter le subwoofer. Plutôt débandant. Autrement, quelques titres ne se démarquent hélas pas de ce que d’autres groupes proposent ces temps-ci. Assez solide, mais pas mémorable.

 

Sacred White NoiseTHANTIFAXATH – Sacred White Noise
Dark Descent | avril 2014
DR5 (mp3 320 kbps)

9

Oui, cela peut sembler inusité de retrouver «black métal» et «Toronto» dans la même phrase, mais c’est ce dont il en retourne pour le trio de musiciens anonymes constituant Thantifaxath. Et ce groupe, qui semble se plaire à une certaine forme d’«exploration» musicale, ne se prive pas afin de repousser les limites du genre. Ils ne sont certes pas les premiers à ne pas se limiter au carcan du black métal plus traditionnel, mais putain de bordel de merde qu’ils le font bien! Sacred White Noise n’est rien de moins qu’une hostie de claque en plein visage, venant enfin mettre un peu de chaos tout en apportant de la substance dans le milieu métallique. Sérieusement, si vous êtes de ceux qui considérez que la scène manque de sang neuf et d’originalité, vous auriez intérêt à vous pencher sur le cas de Thantifaxath. Chacun des titres de Sacred White Noise comporte des riffs monstrueux, déstabilisants, claustrophobiques ou tout simplement hallucinants. Fou! Au beau milieu de tout ce vacarme, les musiciens proposent l’aussi planante qu’inquiétante Eternally Falling. Avec ses pads de synthé des années 80, des accords et arpèges de guitares dissonants ramenant au soundtrack de Crash de Cronenberg et un solo de violon jazzé à la Mahavishnu Orchestra, vous ne pourrez que vous incliner face à la richesse de cet incroyable opus. Absent des réseaux sociaux les plus populaires et refusant d’accorder des entrevues, Thantifaxath parvient tout de même à faire sa place au sein d’une communauté musicale parmi les plus vastes. Comme quoi la musique peut encore parvenir à exister, mais surtout résonner, sans tout un packaging commercial superflu. Y’a de l’espoir.

 

Last Poem _ First LightSO HIDEOUS – Last Poem/First Light
Prosthetic | avril 2014
DR6 (mp3 224 kbps)

7.8

La comparaison avec Deafheaven (‘savez, ce groupe que certains aiment bien détester) est difficile à éviter. Toutefois, So Hideous n’a rien d’une émule. Le quatuor new-yorkais explore, dans une certaine mesure, le même territoire musical, mais son approche diffère par rapport à certains aspects, notamment en ce qui a trait aux emprunts et références à la musique classique. Possédant certaines affinités avec un groupe comme Celeste, So Hideous exploite davantage son côté mélodique, bien défini sur des pièces telles que Stabat Mater, My Light ou Last Poem (où l’on comprend notamment pourquoi le groupe cite Arvo Pärt parmi ses influences). Ainsi, les interventions du choeur et d’un orchestre amènent un bel effet dramatique. En revanche, ce genre de technique aurait été encore plus puissante, voire poignante, si la production n’avait pas été hyper compressée. Je ne sais pas si c’est le mixage ou le mastering qui est à blâmer, mais on aurait dû prendre davantage soin à bien laisser respirer la musique. L’impact des montées en intensité auraient eue une portée beaucoup plus saisissante. Bien sûr, certaines accalmies où le piano se retrouve seul donne l’impression que la musique souffle un peu, mais dès que la batterie (très en avant par rapport aux voix et à l’orchestre) martèle et que les guitares grondent, tout demeure au même niveau sonore, c’est à dire déjà beaucoup trop fort pour pousser plus loin les limites des climax. Dommage, puisque musicalement, ce Last Poem/First Light comporte de moments de pure grâce, comme la grandiose finale Glory.

 

About Alexandre Duguay

Rédacteur, intégrateur et développeur web. Autrefois musicien (violoniste et guitariste). Toujours mélomane, cinévore et audiophile. Collectionneur de vinyles, cassettes et VHS.

There are 3 comments

  1. http://www.taskoprojekt.net.pl

    The dedicated team of AVG professionals is accessible here all round the hands of time, whom
    you are able to reach by calling for the AVG tech support number.
    The facts are, people join MLM opportunities as a consequence of who
    introduced them. The business degree raises one’s social standing: in short, it opens for you personally
    doors that would have otherwise remained closed for you.

Laisser un commentaire

Entrer les renseignements ci-dessous ou cliquer sur une icône pour ouvrir une session :

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l’aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s