Métal en rafale : Serpent Eater, Vampire, Fluisteraars, Lurk et Descend Into Despair

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HyenaSERPENT EATER – Hyena
Alerta Antifascista Records | décembre 2013

8

De la sauvagerie à l’état brute. C’est ce qui attend les métalleux qui se risqueront dans l’univers de Serpent Eater, groupe carburant principalement au crust et au grindcore. Les six compositions d’Hyena, bien foutues, mais quelque peu similaires – d’autant plus que tous les morceaux s’enchaînent sans interruption et sont tous construits autour de la même tonalité – restent au demeurant fort efficaces. S’employant à concevoir un univers tournant autour des déviations de la pensée et d’une humanité violée par la société moderne, le groupe formé en Allemagne laisse peu de place à l’espoir. En ce sens, la musique sur Hyena se veut aussi sombre que pessisimiste. De brefs moments d’accalmies viennent apporter un peu de répit, mais dites-vous que c’est pour mieux vous violenter, mes enfants! Brutal en sale!

https://alertaantifascistarecords.bandcamp.com/album/aa95-serpent-eater-hyena-lp

Press_Cover_01VAMPIRE – Vampire
Century Media | mars 2014

8.5

Mon valeureux collègue Steve Dallaire en discute plus en détail ici, mais je ne pouvais ne pas en parler également.

Ils l’ont l’affaire, les Suédois! Bon… Vrai qu’en terme d’innovation, Vampire ne remportera pas de prix, mais sérieux, ce disque se résume à du gros fun noir. Surfant eux aussi sur la vague du old school, ces suceurs de sang possèdent un avantage que bien d’autres musiciens doivent leur envier. Disons-nous donc les vraies (de vraies) affaires : Vampire est une hostie de puissante machine à riffs accrocheurs. Une arme redoutable qui joue en faveur du groupe. Les mauvaises langues peuvent bien les traiter de poseurs en pleurnichant qu’un groupe comme Repugnant a existé avant eux. Je m’en contre-torche! D’abord parce qu’il y a aussi eu d’autres bands avant Repugant qui ont eux aussi profané ce cimetière lugubre, mais surtout car cet album echaîne des titres tellement satisfaisants (Orexis, Howl From The Coffin, The Fen et Under the Grudge séduisent sur le champ, mais acune composition n’est ennuyante), que tu ne voudrais rater ce bal de vampires pour tout le sang du monde.

DromersFLUISTERAARS – Dromers
Eisenton | janvier 2014

8

C’est peut-être un adon, mais il semble que dernièrement, quelques groupes se plaisent à livrer des albums ne comprenant que 3 pièces et dont les durées de celles-ci varient entre 9 et 20 minutes. Ça été le cas avec Lycus (Tempest, 2013), ce le sera avec Nux Vomica (je vous en reparle dans la prochaine édition du Métal en rafale) est c’est aussi ce qu’on observe avec l’album intitulé Dromers de Fluisteraars. Signifiant « rêveurs », Dromers démarre en force avec De Doornen, la pièce la plus longue, mais aussi la plus intéressante du lot. Dans une esthétique plus traditionnelle du black métal mélodique, ce morceau se divise en quatre grandes sections où les riffs hypnotisants s’enchaînent avec fluidité. Avec un son de basse pénétrant, la troisième section possède un enchaînement envoûtant pour aboutir sur une conclusion toujours mélodique, mais toute aussi atmosphérique; plus près de ce que peut parfois livrer un groupe comme Enslaved, quoi. Si les deux autres titres sont légèrement moins puissants, Fluisteraars nous balance toutefois une solide proposition black qui devrait enchanter les fans de Dissection, Agalloch et Primordial. Émotions vives garanties.

http://records.eisenton.de/album/dromers

LURK_kaldera_convLURK – Kaldera
Doomentia Records | janvier 2014

8.4

Les premiers sons qui émergent de Kaldera, deuxième effort du ténébreux groupe de doom/sludge Lurk, sont ceux d’une clarinette basse. Vous avez bien lu. Une clarinette basse! Annonciatrice d’un événement apocalyptique, la note soutenue de Below Flesh aboutit à un solide riff obscur exécuté par cette même clarinette et doublée à la guitare. Une entrée en matière de bon augure qui ne trompe pas. Tout comme sur leur premier disque éponyme, Lurk nous impose des riffs pesants et dévastateurs avec un sens du groove encore plus développé qu’auparavant. Proposant des compositions simples, mais une musique davantage raffinée (on a quand même droit à du violoncelle et du violon sur 6 Feet, 6 Years), le quatuor finlandais n’a rien perdu de sa lourdeur et de son côté décapant. La voix rauque de K. Koskinen qui peut s’apparenter à celle de L.G. Petrov d’Entombed est toujours aussi dévastatrice. Et Koskinen tente même quelques lignes plus mélodiques sur l’excellente Sag Serene, tout comme sur la sombre Rest Unitaries. Enregistré en 2012 pour ne paraître qu’en tout début d’année 2014, Kaldera est un sacré bon album. Tantôt bluesy (la pièce titre), parfois poignant (la fin de Cutting tue), on a droit a du métal de qualité qui mérite d’être louangé. Un groupe encore trop méconnu qui mériterait beaucoup plus d’attention et de soutien de la part de la communauté métal.

The Bearer of All StormsDESCEND INTO DESPAIR – The Bearer of All Storms
Domestic Genocide Records | janvier 2014

7.7

Projet ambitieux s’il en est un, The Bearer of All Storms du groupe roumain Descend Into Despair exige pas moins de 93 minutes d’écoute. Vous l’aurez deviné, avec un nom de groupe pareil et une durée équivalent à un trajet Montréal/Trois-Rivières, nul besoin de vous préciser qu’il s’agit là d’une formation donnant dans le funeral doom. Si vous êtes comme moi, ce sous-genre peut vous donner dès lors l’envie de rebrousser chemin (avouez que certains musiciens de cette branche du métal se complaisent parfois dans une lourdeur et une monotonie assomante). Mais comme je l’ai déjà signifié auparavant, il m’arrive de tomber sur certains bands qui parviennent à atteindre ma sensibilité musicale. Sans être aussi puissant que The Foreshadowing, Esoteric ou Eye of Solitude, l’offre de Descend Into Despair n’est certainement pas dénué d’intérêt. Parfois cinématographique, la musique de ce groupe que les dépressifs suicidaires devraient éviter, est surtout riche et vaste. Bien que la qualité des séquenceurs orchestraux vient légèrement gâcher la sauce, les passages au piano, aux guitares acoustiques, ainsi que les choeurs et l’orgue apportent une valeur ajoutée aux arrangements. Au final, on peut y dénoter quelques passages moins inspirés, mais Descend Into Despair se rattrape bien souvent avec de superbes trouvailles aux ambiances des plus funestes.

https://domesticgenocide.bandcamp.com/album/the-bearer-of-all-storms

About Alexandre Duguay

Rédacteur, intégrateur et développeur web. Autrefois musicien (violoniste et guitariste). Toujours mélomane, cinévore et audiophile. Collectionneur de vinyles, cassettes et VHS.

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