Critique : Hail Spirit Noir – Oi Magoi

HAIL SPIRIT NOIR – Oi Magoi
Aural/code666 | 20 janvier 2014
8.8/10

Oi-Magoi

Haris et Theoharis, deux musiciens de l’intéressante formation grecque Transcending Bizarre?, mettait sur pied en 2010 le side project Hail Spirit Noir. Projet dont à peu près personne ne soupçonnait l’existence, jusqu’à ce que le duo lance en 2012 un tout premier disque intitulé Pneuma.

S’il vous arrive de me lire de temps à autres (merci, merci!), peut-être avez-vous déjà aperçu le nom d’Hail Spirit Noir, puisque leur fameux Pneuma obtenait la palme de l’«Album de l’année» dans mon Best Ov 2012. Le qualifiant d’envoûtant et lui attribuant un score parfait, je soulignais qu’il s’agissait pour ma part «de l’un des disques les plus stimulants et remarquables entendus ces dernières années». Rien de moins.

Nul besoin de vous préciser que mes attentes envers Oi Magoi – second effort de ce duo de musiciens qui semble devenu un trio (Dim, aussi de Transcending Bizarre?, serait désormais un membre à part entière) – étaient forcément très élevées. J’ai même freiné mes ardeurs face à ce deuxième opus, de peur d’avoir à composer avec une déception aussi monumentale que catastrophique. Une inquiétude qui s’avère injustifiée, puisque Oi Magoi, l’effet de surprise en moins, se présente comme un digne successeur de Pneuma. Voici donc une modeste et brève analyse, pièce par pièce, d’un groupe qui définit avec justesse leur Oi Magoi comme étant «un album black métal psychoprog remplit de mélodies planantes et d’extase satyrique». Yeah!

666

Blood Guru
Un bref roulement de caisse claire, suivi aussitôt d’un riff très « prog 70’s », donne le ton à ce second disque au départ convaincant. Le xylophone qui double ensuite la basse évoque au passage Zappa, alors que les arrangements semblent légèrement plus élaborés, voire sophistiqués, bien qu’on reconnaît facilement la signature sonore d’Hail Spirit Noir. D’ailleurs, le changement drastique surgissant à 3:38 ramène directement à ce qu’on pouvait entendre sur Pneuma.

Demon for a Day
La pièce la plus catchy de l’album. Peut-être à cause de sa forme plus conventionnelle couplet-refrain, mais aussi grâce à ses excellentes mélodies accrocheuses. Il faut porter une attention toute particulière au pont instrumental, très inspiré, qui arrive à mi-chemin du morceau.

Satan is Time
Antithèse à Stairway to Heaven, ce premier extrait paru tout juste avant la sortie de l’album s’avère, malgré son titre, la composition la plus calme du lot. Mellotron et voix aériennes dominent cette incantation satanique. Sebbrutal me passait un commentaire à la blague en faisant référence à Harmonium. Vrai qu’il y a un côté hippie/commune ici, mais on s’imagine davantage une secte dirigée par un genre de Charles Manson plutôt qu’un Serge Fiori torturé. En tous les cas, Satan is Time est le genre de toune que j’aurais souhaité entendre sur le monotone Heritage d’Opeth.

Satyrico Orgio
La plus black des pièces qui se retrouvent sur cet album. De quoi satisfaire les plus puristes… J’irais même jusqu’à dire la plus « métal ». Au moins durant ses cinq premières minutes, puisque Satyrico Orgio se conclut par une mélodie qui semble sortie tout droit d’un film européen des années 70. Une finale que ne renierait pas le Mike Patton de Mondo Cane

The Mermaid
Avec son introduction dont la boucle évoque autant le rock progressif que la musique de films (on a l’impression d’entendre une variante du thème de The Exorcist joué par Goblin), The Mermaid pourrait bien vous envoûter durant un peu plus de 11 minutes. Lorsque la voix s’annonce, on se retrouve face à du Hail Spirit Noir auquel les fans ont été habitués. The Mermaid s’achève par une finale instrumentale à la fois galopante et épique.

Hunters
Sans la trouver mauvaise, Hunters est la pièce qui m’interpelle le moins du lot. Il s’agit de la moins inspirée en tout les cas. Quelques phrases et sections permettent de nous garder captifs, mais dans l’ensemble, on a malheureusement l’impression que sa fonction principale sert de remplissage.

Oi Magoi
Se traduisant par « Les Magiciens » la pièce titre n’est certes pas la plus heavy, mais demeure la plus ténébreuse. Avec son chant funeste en introduction et ses percussions quasi tribales un peu plus tard, on se retrouve au cœur d’un rituel inquiétant et pas très catholique. L’harmonica et l’orgue confèrent au morceau une atmosphère de carnaval des plus macabres, comme si Hail Spirit Noir s’était imaginé ce qu’aurait donné la trame sonore d’un cauchemar filmé par Fellini.

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En résumé., Oi Magoi ne possède pas le même impact que le précédent disque d’Hail Spirit Noir, mais dans le genre, c’est pas mal ce qui se fait de mieux ces jours-ci. Il ne reste désormais qu’à espérer une édition vinyle dotée d’un mastering sans autant de compression, comme on espère toujours la version 33 tours de Pneuma. Je signerais un pacte avec le diable pour obtenir ça, sans hésiter.

About Alexandre Duguay

Rédacteur, intégrateur et développeur web. Autrefois musicien (violoniste et guitariste). Toujours mélomane, cinévore et audiophile. Collectionneur de vinyles, cassettes et VHS.

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