Les Résidences Métal : Sinister – Diabolical Summoning

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SINISTER – Diabolical Summoning
Parution : 1993
CD, cassette, vinyle

 

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Brrrrrrr! C’pas chaud, chaud hein? C’est sûr que toé, avec la touffe de poil que t’as sur le crâne, t’es pas si pire, mais moé, avec les deux-trois cheveux qui me restent sur le coco, j’peux bien me les geler. L’hiver, le frette, la météo… On aimes-tu ça, parler de météo pour remplir les silences?

Si je t’en parle moé le jeune, du frette, c’est que quelque part en décembre de l’an 1993, il s’est passé de quoi. C’était un soir de tempête, alors qu’en prenant une marche de santé, cigarette au bec, j’écoutais Diabolical Summoning de Sinister sur mon walkman jaune Sony. Dans l’temps, quand mon budget était limité, je me procurais mes albums en cassette, pis celle de Diabolical Summoning, c’est au défunt Rock en Stock de la rue Crescent que je l’avais achetée. Afin d’assouvir ma soif de musique extrême, j’avais demandé au disquaire de la place de me suggérer de quoi qui bûchait, mais qui sonnait aussi un peu « technique ». Le second enregistrement de Sinister venait à peu près tout juste de paraître, et c’est ce que l’employé s’est empressé de me conseiller.

Pour bûcher, ça bûchait en sale, mon gars! Sur le coup, à la première écoute, j’étais même un peu sous le choc. L’album ouvre avec Sadistic Intent, une toune qui commence à la basse alors que la guitare, appuyée par la batterie, répond aussitôt avec la même séquence. Je pense que j’étais avec un ami de l’époque quand j’ai fait jouer ça pour la première fois et si je me souviens bien, notre réaction a été de rire, surtout quand on a entendu la voix caverneuse de Mike van Mastrit. Fuck. C’était fou! Surtout avec les paroles qui allaient comme suit : Blood flows over me. Feeling of excitement. A pleasant ache. Écoute, jeune pouèle, tu vas comprendre.

Je dois t’avouer que j’ai pas embarqué tout de suite sur ce groupe qui provient des Pays-Bas. Mais comme le disquaire du sous-sol bondé de joyaux métalliques avait généralement des bonnes suggestions pour moé, j’ai donné une couple de chances à l’album… En vain. Mis à part quelques riffs ça et là que je trouvais intéressants, j’étais loin d’être convaincu. En partant, j’ai jamais été le plus grand fan au monde de Cannibal Corpse et il me semblait que Sinister entrait dans le même créneau. C’est peut-être ça qui m’a rebuté au départ. Hey, je t’ai rien offert. Il me reste de la p’tite bière d’épinette. Prends toé-donc un verre.

J’en étais où moé? Ha oui! Ça fait que je te disais qu’il s’est passé de quoi, un soir de décembre de ’93. Là, je cré ben que tu t’attends à une affaire de malade pas possible, mais dans le fond, ce qui s’est passé ce soir-là, c’est que j’ai été illuminé. Bang! Je venais de réaliser que c’te chrisite d’album là, ben c’était du solide. Pis en crucifix à part de ça. Je te jure, depuis ce soir là, je reviens à ce produit néerlandais au moins une fois au six mois. Je veux dire, chacune des 8 pièces a de quoi de vraiment fort. Y’a des riffs qui blastent, des riffs qui groovent, pis y’a effectivement des moments qui camouflent des passages un peu plus techniques. Et je sais pas pourquoi, mais c’te soir là, je me suis mis à capoter sur la réalisation. Il y a de quoi dans le son, dans le mix qui me plaît beaucoup. Je ne crois pas avoir entendu d’autres albums avec ce genre de sonorité.

En passant, pour ta culture générale l’jeune, la personne derrière la réalisation et la prise de son est le britannique Colin Richardson. Le monsieur est reconnu pour son travail avec Carcass, mais c’est aussi lui qui a réalisé les premiers Fear Factory, entre autres. Pas un deux de pique. Y’ aussi la couverture qui avait son impact dans le temps. C’était une illustration de Wes Benscoter à qui l’on doit la pochette de Divine Intervention de Slayer et plus récemment, End of Disclosure d’Hypocrisy ou encore celle de Macabre Eternal pour Autopsy.

Bon. C’est l’heure de mon bingo à la cafétéria. Mais avant que tu partes, sache que Diabolical Summoning est un des meilleurs albums de death métal du début des années 90 et qu’il a malheureusement été sous-estimé. En tout cas, moé, je le place dans la même ligue que les The Bleeding (Cannibal Corpse), False (Gorefest) et il est même supérieur à The Last Man on Earth d’Asphyx. C’est aussi à mon humble avis le meilleur, sinon le seul album de Sinister qui vaut le détour. Tiens, en v’là une autre pour la route.

Hey! L’jeune, si j’te r’vois pas avant, ben passe un torrieux de bon temps des fêtes. Tu repasseras en 2014, j’pas ben ben sorteux, pis j’vais sûrement te trouver d’autres classiques du bon vieux temps.

 

About Alexandre Duguay

Rédacteur, intégrateur et développeur web. Autrefois musicien (violoniste et guitariste). Toujours mélomane, cinévore et audiophile. Collectionneur de vinyles, cassettes et VHS.

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