Tsé le feeling de joie quand tu mets une vieille froc (manteau au Saguenay) et puis que tu trouves un 20 $ dans le fond d’une poche? Ben c’est un peu le même sentiment que j’ai eu en découvrant Cosmogon de Unfold. Pourquoi? Parce que ça faisait longtemps que je n’avais été aussi agréablement surpris. Quand on consulte le dossier de presse du groupe, on peut y lire qu’ils font du post-hardcore et honnêtement, j’en ai quelque peu soupé de ce style. Rien ne m’avait vraiment impressionné depuis quelques années dans ce genre, mon dernier gros coup de cœur étant Oceanic de Isis (si vous n’avez pas ce disque dans votre collection, bien dites-vous qu’elle est incomplète). Unfold cependant, c’est plus que du post-hardcore, c’est de l’art à l’état pur, un mur de son brutal et d’émotions fortes qui vous agrippe à la gorge pour ne lâcher prise qu’à la toute fin.
Complètement méconnu de ce côté de l’Atlantique, le sextuor suisse formé en 1995 selon la compagnie de disque et en 1996 selon la page officielle Facebook (osti, démêlez-vous là, là), effectue un retour cette année après une pause de 7 ans, Cosmogon étant seulement leur troisième album. Je vais certainement me taper les 2 premiers, car celui-ci est un chef-d’oeuvre, rien de moins. Sorti en septembre dernier, c’est tellement passé dans le beurre que même le brutal Seb (jeune fringuant habituellement affamé de tout métal qui sort de l’ordinaire) avait oublié qu’il m’en avait envoyé une copie, probablement ayant l’esprit trop pris par les tribulations rocambolesques de la série La Promesse à TVA…
Unfold, c’est heavy pas à peu près, on le constate d’ailleurs dès l’ouverture avec Erebe, une pièce lourde et chaotique qui ne fait aucun compromis pour vous rentrer dedans à grands coups de pelle. Mais peu à peu les mélodies se développent et prennent forme dans notre subconscient, ce qui fait la beauté de leur musique. Parmi les 6 chansons de Cosmogon, c’est l’épique Ethera qui en quelque sorte représente l’épicentre du disque, un tour de force de plus de 13 minutes qui résume bien le son d’Unfold, soit une savante combinaison de hardcore et de métal aux influences de Tool, Neurosis, Pink Floyd et King Crimson. À ça s’ajoute des passages planants aux claviers, une voix qui torche, des guitares assommantes et surtout une réalisation sans faille rendant parfaitement justice aux textes schizophréniques et tordus du chanteur. Ma seule déception? J’aurais pris une toune de plus, 38 minutes, ce n’est pas long, j’en redemande encore… Cosmogon, c’est de la musique pour ceux qui aiment la musique. C’est une démarche artistique qui n’a rien à foutre des tendances actuelles, avec des musiciens intègres qui n’ont qu’un seul but, soit vous faire vibrer, et ce encore plusse mieux que La Chicane et Plouk Desjardins.
Post-hardcore? Post-rock? Difficile de coller une étiquette à un groupe comme Unfold. Pour ceux qui aiment la musique subtile et intelligente et qui détestent Nickelcrap et Blessed By A Broken Cock? Fuckin’ right!!! Dans mon lecteur MP3 et j’espère bientôt le vôtre pour les 12 prochains mois à venir, minimum. Je vous donne peut-être l’impression que j’aime tout ce que je critique, mais j’avoue que j’ai été plutôt choyé récemment. Je prépare déjà ma prochaine chronique et je vous avertis, je vais parler d’une merde, et toute une. On devrait bien s’amuser.
Cote de Steve Brutal: 9.5 rages dans une cage sur 10

Même moi d’habitude c’est pas vraiment mon genre pis là, j’ai vraiment apprécié. Faut dire j’étais rendu à ma 3e bouteille de Baby Duck.
http://www.winesofcanada.com/babyduck.html
J’aime bien Unfold, mais dans le style je suis que trop vendu à Cult Of Luna
[…] Influencé de groupes tels Tool, Neurosis, Pink Floyd et King Crimson, Cosmogon de Unfold m’a carrément jeté su’l cul. Impossible de vraiment définir la musique de ce groupe, faut que tu l’écoutes pour comprendre. Une belle découverte. Ma critique est ici. […]