Critique du premier record d’Arcadea

Ça sera bien la première fois qu’au Boulevard on critique un record aussi dansant et qui contient autant de claviers. C’est qu’Arcadea, c’est le nouveau projet bizarroïde futuriste de Brann Dailor, le chevronné batteur de Mastodon.

Pis au Boulevard, on aime ça Mastodon. Surtout Show Yourself, ça nous donne le goût de se mettre en chest.

Dailor s’est adjoint ici des services des clavieristes Core Atoms (Zruda, Gaylord) et Raheem Amlani (Withered, Scarab) pour créer un exercice de style qui serait quelque part entre le voyage astral et le trip d’acide dans la Station spatiale internationale.

Alors Arcadea c’est quoi? C’est de la batterie, des bidoullages pis des claviers partout dans place avec des voix haut perchée incantatoires et mystiques par moments alors que par d’autres, elles sont carrément robotisées, filtrées par le futur. Rien que ça.

Le tout donne un ensemble vigoureux et dansant comme on se disait dans les bureaux du Boulevard cette semaine.

Et il n’y a pas que les sons ici qui sont intrigants. Le concept qui guide ce premier album l’est tout autant. La trame d’Arcadea nous entraîne dans un futur à 5 milliards d’années de notre ère alors que la galaxie d’Andromède percute la Voie Lactée provoquant un déchaînement de gaz, de trous noirs et un réagencement conflictuel des astres. Dans cet univers dystopique, il faut l’ajouter, la vie n’est que particules en suspension et Saturne a des anneaux de glace. Sachez-le.

Le gros bordel astral bref. Et puis ça tombe bien, Arcadea excelle dans le bordel sonore avec son multicouche électronique. Des fois on a l’impression qu’on est témoin d’un improbable mash-up entre Genghis Tron et Mars Volta. Et vous savez quoi? Ça colle sur un moyen temps.

Après une entrée en matière complètement survoltée, ce qui caractérise au final assez bien la première moitié de l’album, le trio lève le pied un peu et prend son temps pour développer ambiances et mélodies. C’est particulièrement le cas sur The Pull Of Invisible Strings et Through the Eye of Pisces.

Après un voyage de 40 minutes, au bout du compteur de l’excellent Magnificient Facade, on reprend naturellement la lecture à la piste 1 et déjà, on entend de nouveaux éléments. Car Arcadea a réussi à créer un disque dans ta face mais composé d’éléments sublimés. Pour tout dire, c’est très bien fait.

Arcadea s’adresse aux amateurs d’éthique du bruit qui suivent les Lightning Bolt de ce monde. Aux amateurs de Mastodon? C’est moins clair. Mais c’est quand même possible d’écouter ce premier LP en chest.

MA NOTE : 8 / 10
Arcadea
Arcadea
Relapse Records
40 minutes

*Meilleurs moments : Army Of Electrons, Motion Of Planets

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About Jean-Simon Fabien

Journaliste, chroniqueur @CamuzMontreal, clé à molette, fan de stoner-rock et des Maple Leafs du Toronto (mettons...). J'ai mon bac brun dans #RosePatrie aussi