Critique de Dark, Towers / Bright Lights — Cranial

Le dernier Cranial c’est un peu le soundtrack d’une mort lente et brutale dans les entrailles du grand Sarlacc, vous savez, la bébitte dans le sable au début de Return of the Jedi? Bin c’est ça.

Pour ceux qui auraient besoin de notions plus concrètes sur le son de Cranial, disons que le groupe explore les zones noires d’un métal où se côtoient doom, sludge, post et autres influences black. Pour les amateurs de notes de bas de page, notons aussi que le groupe a été fondé en 2014 par un membre de la défunte formation Omega Massif.

Et tant qu’à name droper des groupes, au rangs des références on peut dire que Cranial évolue dans un territoire qui pourrait également être celui d’Inter Arma. C’est la comparaison les plus fidèle qui me vient à l’esprit. Dark a un moment qui n’est pas sans évoquer le sauvage doom de Love Sex Machine aussi !

Donc, c’est gras, c’est lourd, puis c’est lent, avant de devenir noise, drone et très très intense, et on recommence. C’est, pour le dire schématiquement, la manière dont sont construits les quatre morceaux de ce nouvel album, Dark, Towers / Bright Lights. Voilà quatre tableaux qui explorent les contrastes d’une nuit sombre, le vacarme et la froideur mécanique de l’industrialisation ou encore la descente pénible dans les abysses d’un monde post-apocalyptique. C’est du moins ce que les pièces m’inspirent.

Et malgré le titre, il ne faut pas se leurrer, Dark Towers / Bright Lights n’est pas un exercice stylistique dans lequel deux pôles antagoniques seraient en tension : le noir et la lumière ou le massif et l’indicible. Non. Et contrairement à la tour qui s’élèvent vers le ciel, on a l’impression que mouvement dont témoigne l’album se fait dans l’autre sens, vers le bas, dans une incontrôlable chute vers un vide infernal.

C’est un album exigeant donc. Durant les 45 minutes de temps de lecture, on se sent rouleau compressé par les le mur de percussions et l’attaque des guitares, si bien qu’à la fin de l’exercice on se sent polit comme un galet aplani par 200 ans de marées montantes.

Il s’agit d’une production ambitieuse et rigoureuse tout comme le travail de composition d’ailleurs qui représente un véritable tour de force. Le document en version finale manque cependant de texture et de définition par moment, mais ce n’est pas comme si c’était une faute grave, je ne fais que le relever.

Au Boulevard on a pas mal aimé ça cette année Cranial.

MA NOTE : 8 / 10
Cranial
Dark Towers / Bright Lights
45 minutes

*meilleur moment : Towers.

Advertisements

About Jean-Simon Fabien

Journaliste, chroniqueur @CamuzMontreal, clé à molette, fan de stoner-rock et des Maple Leafs du Toronto (mettons...). J'ai mon bac brun dans #RosePatrie aussi