Critique du premier record de Crystal Fairy

crystal fairy album

Crystal Fairy est un premier album sorti eu peu de nulle part pour le quatuor improbable du même nom composé de Dale Crover et Buzz Osborne des Melvins, de la charismatique Teri Gender Bender (Le Butcherettes) et d’Omar Rodriguez-Lopez (At The Drive-In, Mars Volta) qui officie ici à titre de bassiste de luxe.

Un premier effort qui, comme on l’attend de ces musiciens d’exception, ne laisse rien au hasard. C’est gras, punché et groovy, mais sans réprimer pour autant une intention punk certaine. L’expéditive Chiseler s’occupe justement de nous le faire comprendre en lever de rideau.

On reconnaît bien sûr la signature des Melvins sur l’ensemble des titres grâce à ce son si distinctif de la guitare du bon Buzz qui, il faut le mentionner, s’exerce ici à la six cordes comme dans les beaux jours de Houdini et Stoner Witch.

Le jeu de basse de Rodriguez-Lopez n’est pas juste impeccable, il est omniprésent et contribue à donner de la texture aux compositions tout en ajoutant une rondeur, ou un côté sucré, à l’assemblage de Crystal Fairy.

Et par-dessus le jeu des gars, on découvre une Teri Gender Bender qui connecte avec sa PJ Harvey intérieure et qui prend le plancher avec une séduisante confiance. Les amateurs de Le Butcherettes la découvriront donc moins rageuse et plus sexy dans sa livraison.

Mais attention, un charme invitant parce que dangereux : Gender Bender montre les dents à plusieurs reprises aussi sur l’album et cet élément de danger n’est jamais loin lorsqu’on lit les paroles qu’elle a concoctées pour l’exercice. Fine parolière, sa plume est aiguisée tout juste comme le jeu du bon Dale, toujours impérialement précis derrière les tambours.

Les meilleurs moments sur ce premier album, ou du moins, ceux qui se démarquent le plus de l’ensemble cohérent, sont probablement Moth Tongue pour son lent groove suave et les cris plaintifs de Gender Bender, Necklace Divorce et Secret Agent Rat pour leurs costauds riffs melvinsesques, Vampire X-Mas et sa charge heavy metal ou encore la pièce titre sur laquelle tous les membres brillent par leur performance.

Mais dans l’ensemble, Crystal Fairy est un disque furieusement réjouissant dans la région.

Voilà donc un «supergroupe» qui ne se contente pas que de livrer un produit rock satisfaisant et qui étonne plutôt en ratissant large à l’intérieur de ce que les membres font de mieux : un stoner rock protéiné, intelligent et accrocheur.

C’est toujours mieux que d’exploiter peu d’idées dans un large spectre de sonorités que vous me direz? Et bien vous aurez parfaitement raison.

Crystal Fairy est peut-être qu’un «one shot deal», mais contrairement à trop d’albums de «supergroupes», le quatuor a réussi à pondre un disque qui nous garde sur le rebord de notre siège (quand on n’est pas carrément debout à faire du air guitar) et plus important encore, un album auquel on reviendra souvent pour ses qualités beaucoup plus que par nostalgie de cette improbable association de musiciens chouchous.

MA NOTE : 8,5 / 10

Crystal Fairy
Crystal Fairy
Ipecac Records (18 février 2017)
44 minutes

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About Jean-Simon Fabien

Journaliste, chroniqueur @CamuzMontreal, clé à molette, fan de stoner-rock et des Maple Leafs du Toronto (mettons...). J'ai mon bac brun dans #RosePatrie aussi