Critique en DUO du nouveau Slayer

Slayer-Repentless

Steve Dallaire

Je suis un fan de Slayer. On met ça au clair tout de suite. Les cinq premiers albums sont des intouchables. Mais ceux qui suivent les podcasts de Boulevard Brutal connaissent mon dédain pour Kerry King. D’accord, le gars a écrit des classiques, on s’entend là-dessus, mais soyons honnêtes Christ Illusion et World Painted Blood étaient carrément mauvais. Et là nous arrive Repentless, premier disque de Slayer sans le regretté Jeff Hanneman. Cherche pas ce que Repentless veut dire, ce mot n’existe pas. À la grande surprise de Kerry King lui-même d’ailleurs. Je considère donc cette nouvelle offrande comme un album solo de King. Araya n’a rien composé et il n’était évidemment pas question que Gary Holt écrive quelque chose. Après tout, le gars n’est que le simple leader d’un groupe thrash qui pond des classiques depuis une trentaine d’années. Chu certain que sa contribution à l’écriture aurait été totalement inutile tsé… Et même si Lombardo n’est pas présent sur Repentless, il n’écrivait rien lui non plus et Paul Bostaph, son remplaçant, fait la job amplement. Il l’a prouvé par le passé.

Tout comme Maiden, c’est un sacrilège de parler en mal de Slayer, ou de la moitié de Slayer dans le cas présent. Ben moi je vais le faire aujourd’hui. On dit de Repentless que c’est le meilleur album de Slayer depuis God Hates Us All. Effectivement. Mais tsé, c’est comme dire que la sauce à spagat de ta mère est meilleure que la sauce Catelli en canne. C’est certain que la sauce à ta mère est meilleure. Personnellement, je m’attendais à un mauvais disque de Slayer. Et oui, c’est mauvais… Mais pas autant que Christ Illusion et World Painted Blood toutefois. Pour te le démontrer, j’ai fait une analyse toune par toune. T’as l’droit de ne pas être d’accord en passant. Mais c’est toi l’pire.

Delusions of Saviour : Bon intro, dark. Je me dis que crisse, ça va être bon.

Repentless : J’adore cette chanson. Ça rentre au poste. Mais on dirait que la voix de Araya fut retravaillée en studio. Le pitch est trop haut, ça sonne bizarre. Araya Mouse. Les solos de guitares ne sont pas mauvais. Mais je m’ennuie des échanges entre Hanneman et King.

Take Control : ‘Est où la basse d’Araya? Plus mid-tempo celle-là. Correcte. Ça aurait fait une bonne toune sur World Painted Blood ou Christ Illusion.

Vices : J’aime l’intro avec les roulements de tambours de Bostaph. Mais c’est-tu moé ou on entend à peine la ride et le hi-hat ? Ça manque, surtout pour une musique comme le thrash où la batterie est prédominante. Encore une fois les solos sont… Bof.  Y’a pas grand-chose d’accrocheur là-dedans honnêtement. Je passe.

Cast The First Stone : Classique Slayer avec une sinistre intro. Meilleur début de toune à date. Mais le refrain est ordinaire en crisse, c’est là que ça se gâche. Ce refrain-là, on l’a entendu trop souvent. Je cherche encore la basse.

When the shitness comes : J’en ai déjà parlé lors d’un podcast de Boulevard Brutal. Vraiment ordinaire. Dead Skin Mask et Mandatory Suicide sans la magie. Comme la toune lourde obligatoire avec des bouttes parlés dedans qu’on retrouve sur chaque album de Slayer. BORING.

Chasing Death : Le chant d’Araya est clairement plus inspiré sur celle-ci. J’imagine qu’il avait fait un tour avec sa Scion avant d’enregistrer la chanson. Mais la toune en tant que telle n’a rien d’extraordinaire. J’aime le cri à 3:23. Le reste est à oublier.

Implode : J’en parle même pas. Nulle à chier. Une vraie honte. Next.

Piano Wire : On dit que c’est une pièce de Hanneman inachevée… Sans vouloir manquer de respect, elle aurait dû en rester ainsi. Ouch.

Atrocity Vendor : Intro un peu plus punk à la Hanneman. Y’a de la hargne dans cette toune-là. Belle performance d’Araya là-dessus. La meilleure de l’album sans aucun doute.

You Against You : Ça commence super bien et Araya nous met dans un bon mood. Je me surprends à hocher de la tête quand vlan! Un osti de solo pas de rapport à 0:48. Pourquoi? Ambiance de la toune totalement ruinée. Dommage. Ça redémarre tranquillement. Mais un autre solo atroce casse le rythme encore une fois à 2:35. Pas obligé de faire un disque à la St.Anger sans solos, mais tout de même!!!

Pride In Prejudice: La dernière. Solide en baptême. Le refrain est excellent. Du Grand Araya. J’aime ça la manière qui dit le mot bullshit. Ça vient me chercher. J’aimerais ça l’entendre live celle-là. Le riff de la fin est incroyable en passant. Ça finit bien l’album, mais pas assez pour sauver les meubles.

Donc… Repentless est meilleur que les deux derniers albums de Slayer mais n’arrive pas à la cheville de God Hates Us All, disque qui demeurera toujours le dernier bon enregistrement du groupe. J’ai écouté Repentless à quelques reprises pour cet exercice et je peux déjà te dire que je ne le réécouterai plus jamais. J’ai mieux à faire. Tant qu’à ça je vais me taper Diabolus In Musica. Ohhhhh….. Sacrilège. Encore une fois. Je suis un homme mort.

Cote De Steve: 4 Burger King sur 10

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Alexandre Duguay

Je vais vous faire une confidence : je n’ai jamais été capable d’écouter un album de Slayer d’un bout à l’autre depuis Undisputed Attitude (un excellent album de covers punk, soit dit en passant!). De Diabolus in Musica à World Painted Blood, je les ai tous écouté, mais par petits bouts. Autrement, mon esprit finissait inévitablement par errer ailleurs. Selon moi Slayer est, dans les pires moments, en manque d’inspiration et au mieux, sur le pilote automatique et ce, depuis 1998.

Évoluant dans le tumulte depuis de nombreuses années, sans oublier le triste décès de Jeff Hanneman en 2013, la parution d’un nouveau disque s’avérait une éventualité plus ou moins probable. Or, il semble que Slayer n’ait pas encore dit son dernier mot, puisque le groupe (ce qu’il en reste) s’acharne avec Repentless.

Oui. S’acharne. Du verbe s’acharner. Encore une fois, ces thrashers américains fonctionnent en mode automatique, livrant une majorité de pièces ennuyantes et peu inspirées. Repentless démarre avec une intro aussi plate qu’inutile et poursuit, par chance, avec un titre plus intéressant. Le plus efficace du lot : la pièce titre.

On devine ça et là des relents du passé avec quelques riffs ou éléments de percussion qui font tantôt penser à South of Heaven ou Seasons In The Abyss, mais encore là, ça ne justifie pas la raison d’être de ce nouveau disque qui n’apporte rien de vraiment plus intéressant que les albums qui le précèdent.

Sur une note plus positive, saluons la présence du guitariste d’Exodus, Gary Holt, qui s’acquitte d’une sale besogne avec brio. En effet, bien qu’on ne lui ait pas accorder de participation à l’écriture des pièces, Holt se défend avec quelque superbes solos (il faut entendre ses prouesses sur You Against You). Le musicien a beau demeurer dans l’ombre d’Hanneman, il sait tirer son épingle du jeu, comme il le fait déjà en live avec le groupe depuis deux ans.

Au final, vous ne serez pas surpris d’apprendre que je n’ai pas l’intention de me procurer de copie physique de Repentless. Pas même en cassette! Tout leur vieux stock reste encore meilleur, même après des centaines d’écoutes. Je crois même que je serais prêt à placer les mp3 de ce récent album à la corbeille, s’il manquait de place sur mon disque dur. Je le ferais… sans remord!

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There are 7 comments

  1. Anonyme

    vous êtes très sévères mais vous n’avez pas tord! les gars sont vieux et manque d’inspiration tout comme les Maiden, Motorhead et compagnie! Nous les métalleux dans la quarantaines avancés avons connues la magie des année 80!

  2. Psykodork

    Je ne me suis jamais gêné pour dire ce que je pensais de Slayer. Et les deux derniers albums étaient pitoyables. Et en effet, un peu comme Maiden, ils jouissent d’une sorte d’embellie médiaticosociale (ça n’existe pas plus que Repentless, mais c’est cute) qui est en partie attribuable au fait qu’ils ne se sont pas plantés cette fois-ci. Et c’est là que mon appréciation diffère de la vôtre. Malgré tout ça, ce n’est pas la merde que Steve a décrite (mais c’est lui le pire)… C’est leur album le plus inspiré depuis God Hates us All… mais c’est aussi un bon album. Et un bon album correct de Slayer, c’est déjà pas mal mieux que la moyenne des ours. Rien à voir avec les cinq premiers (qu’ils ne pourront jamais reproduire anyways), mais quand même plus intéressant à écouter. Au moins, contrairement à Christ Illusion et WPB, on en retient quelque chose… on moshe des bouts, on tape du pied, on accroche sur une passe de drum ou de guit, on allume sur un cri de Araya. Et ça, ça faisait un bout qu’on (je, si tu préfères) rêvait de refaire ça. Juste la première track à elle seule > CI+WPB… c’pas rien ça. 7/10

  3. sebbrutal

    J’aurais tendance à dire qu’il faut parfois oublier le passé florissant de plusieurs groupes légendaires pour apprécier leur matériel récent. Par contre, nous sommes en droit de s’attendre à du meilleur matériel.

  4. sebbrutal

    Je partage ton avis! Moi aussi j’y trouve un certain plaisir avec cet album. C’est encore hautement supérieur et beaucoup plus intègre que disons… Metallica en 2015. Je ne parle pas du LIVE, mais sur disque. Tsé, Slayer est encore capable de brasser comme il y a 25 ans. On ne peut pas en dire autant de la bande à Hetfield qui peine à faire la suite à Death Magnetic… 7 ans plus tard. Pis Death Magnetic est « acceptable » dans la mesure où le groupe n’a rien fait depuis presque 20 ans mais demeure à des années lumières des classiques du groupe.

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