Métal en rafale : Herder, Panopticon, Tombs, The Oath, Incantation et Teitanblood

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NDA – La cote DR correspond à la valeur moyenne de l’échelle de dynamiques (Dynamic Range). Plus la valeur est basse, plus le disque souffre d’une compression résultant d’un mastering visant à maximiser le volume.

GODSHERDER – Gods
Reflection Records | mai 2014
DR5 (mp3 320 kbps)

8.2

Ayant tourné avec Beastmilk et Doomriders au printemps dernier, on présume que la bande néerlandaise de Herder est ainsi parvenue à se faire connaitre davantage, ce qui fait notre bonheur. C’est vrai, quoi! Sans cette tournée, les chances que la musique sludge/doom destructrice de ce quintette parvienne à nos oreilles auraient probablement été plus minces. Toujours est-il que Gods, disque suivant leur premier effort (Self Titled paru en 2011), poursuit dans la même lignée, avec un peu plus de hargne (Maelstrom), particulièrement au niveau de la voix (Ché, enragé). Les arrangements passent, eux aussi, à un niveau supérieur. De fait, quelques touches orientales (Gods) et tribales (Pythia, non pas sans rappeler Sepultura à l’époque de Roots), voire mystiques (Asylum of the Forgotten), amènent une dimension intéressante qui plus est, semble cohérente, du moins avec le titre de cet opus. Ça écorche et ça donne envie de headbanger à la mort. ‘Fait que, crinque le volume jusqu’à ce que la terre gronde, histoire de faire trembler les dieux… ou tes voisins!


 

Roads To The NorthPANOPTICON – Roads to The North
Indépendant | août 2014
DR9 (mp3 320 kbps)

9

Je l’ai déjà mentionné en parlant de l’album Kentucky paru en 2012, Panopticon est le projet du multi-instrumentiste Austin Lunn. Musicien américain des plus prolifiques, il ne cesse de faire paraître des singles, EP et splits depuis quelques années déjà. Si l’ensemble de son œuvre peut sembler inégal, l’évolution de cet artiste est en progression constante. Avec son plus récent album, Roads to the North, on peut ainsi établir que Panopticon a atteint sa pleine maturité. La vision artistique du type n’a jamais été aussi bien traduite que maintenant. En résulte un disque où l’on se retrouve au cœur d’un black métal épique, empreint de mélodies enlevantes et de guitar licks kick ass, sans oublier de magnifiques passages de folk et de bluegrass. Que dis-je! Pas que des passages acoustiques, mais bien des titres entiers, comme l’excellente première partie de The Long Road (One Last Fire) et l’introspective Norwegian Nights. Lorsque plus heavy, les multiples couches semblent parfois difficiles à discerner, dans un mix qui m’apparaît un peu flou. En revanche, Colin Marston a été capable d’aller chercher un grain très intéressant dans les textures des pièces acoustiques. Au final, Roads to The North s’avère un disque à la fois inspiré et ambitieux. Il est aussi imparfait, mais demeure toutefois un album très important pour la scène métal américaine. J’ose même avancer qu’il s’agit d’un opus majeur pour le métal tout court.


 

12 Jacket (Gatefold - Two Pocket) [GD30OB2-N]TOMBS – Savage Gold
Relapse Records | juin 2014
DR6 (mp3 320 kbps)

6

Je vais à contre-courant…Tandis qu’une forte majorité encense Savage Gold, du moins, d’après ce que j’ai pu observer, cet album du groupe de black « expérimental » de Brooklyn ne m’impressionne guère. Le problème ne provient pas du fait que Tombs est ouvert à l’exploration, mais bien que toute la démarche ne semble jamais aboutir. Pas assez souvent, en tout cas. Voilà ce que je reproche à ce disque. Par exemple, Thanatos est annonciatrice d’un raz de marrée dévastateur, mais il ne se passe rien de satisfaisant par la suite. On demeure dans l’attente d’un puissant riff qui justifiera l’entrée en matière, en vain… Et c’est un peu le même constat sur la majoriét des titres, musicalement et rythmiquement simplistes, voire faibles. La simplicité a sa raison d’être, mais lorsque celle-ci donne plutôt l’impression que le groupe tourne en rond, c’est de mauvaise augure. Passer au travers cet album (inutilement long) demeure pour moi une épreuve. Je n’accroche pas. Par chance, on retrouve quelques moments stimulants sur Seance, Edge of Darkness et Spiral, car autrment, je n’aurais même pas accordé la note de passage à ce surestimé Savage Gold.


 

The OathTHE OATH – The Oath
Cyclone Empire | mars 2014
DR10 (vinyle converti en mp3 320 kbps)

8.1

Jill Janus peut aller se rhabiller (littéralement). C’est que la guitariste suédoise Linnéa Olsson et la chanteuse berlinoise Johanna Sadonis, les blondes du groupe mort-né The Oath, au-delà d’un certain sex-appeal, s’avèrent bien plus talentueuses et charismatiques musicalement parlant. Mais ce n’est pas seulement ce qui fait de cet album – à la fois éponyme et posthume – une réussite. Fans de Ghost et In Solitude, prenez des notes. Si le heavy occulte et psychédélique ramenant à la fin des années 70 et au début de la décennie suivante vous fait sentir tout drôle dans le bas du ventre, jetez votre dévolu sur The Oath. Le groupe européen ne réinvente absolument rien, mais c’est probablement un de ceux qui reproduisent le mieux l’esprit du genre. De la pochette à la production, on jurerait que The Oath est une relique du passé. Et c’est encore plus vrai avec les compositions, franchement bien écrites pour la plupart d’entre elles. Si le son de la guitare sur All Must Die invoque celui de Motörhead, c’est sa finale envoûtante qui vous convaincra de deux choses : The Oath accouche de lignes mémorables et vous avez bien faits de vous adonner à l’écoute de l’album. Vous ne resterez pas insensibles à la power ballad qu’est Leaving Together (un des faits saillants ici) faisant revivre l’esprit de Randy Rhoads vers la toute fin du morceau. Tandis que Black Rainbow honore le NWOBHM, In Dream, interlude instrumental et acoustique comme le faisait si bien Sabbath dans le temps, aboutit sur la succulente Psalm 7 (dont un des riffs semble être une citation de N.I.B.). Une valeur sûre.


 

Dirges of ElysiumINCANTATION – Dirges of Elysium
Listenable Records | juin 2014
DR6 (mp3 192 kbps)

7.7

L’air de rien, la formation américaine donnant dans le death métal pur et (très) dur existe depuis 25 ans. Le seul membre fondateur encore à la tête du groupe, le guitariste John McEntee, en aura vu passer des musiciens au cours de l’existence d’Incantation. Étonnamment, l’essence même de la vision musicale du groupe n’a jamais véritablement changé. Il n’y a donc pas, ou peu de surprises à l’écoute de ce Dirges of Elysium, ce qui n’en fait pas un album ennuyant pour autant. En fait, Dirges of Elysium se hisse non loin des meilleurs méfaits du groupe. Des pièces comme Debauchery, Bastion of a Plague Soul, Portal Consecration, Impalement of Divinity ou encore l’imposante, très lente et toute aussi pesante Elysium (Eternity is Nigh) viennent confirmer ce que j’avance au sujet du 10e disque d’Incantation. Il ne s’agit pas de l’album auquel je reviendrai le plus souvent, mais disons que pour faire sortir le méchant, Dirges of Elysium s’acquitte de cette tâche convenablement.


 

DeathTEITANBLOOD – Death
Norma Evangelium Diaboli | mai 2014
DR6 (mp3 320 kbps)

8

Vous écoutez tellement de musique extrême que vous vous croyez immunisés, celle-ci vous aidant désormais à vous endormir, telle une berceuse? Parions que Death du duo espagnol Teitanblood va rectifier le tir. En d’autres termes plus crus : c’est violent en tabarnak! Ce n’est pas que brutal, ça a un goût de chair putréfié (je sais pas ce que ça goûte, en passant, mais j’imagine que ce n’est pas très invitant) et ça fout la chienne. Sérieux, dès la première seconde d’Anteinfierno, vous risquez de saigner du nez et faire une crise d’épilepsie. C’est impétueux comme ça. Ne tentez donc pas de vous accrocher à quelconque passage mélodieux pour vous repérer, il n’y en a pas. Teitanblood nous plonge au cœur des ténèbres avec une musique suffocante. Si les riffs ultra lourds et déchirants sont primitifs et barbares, on retrouve sur ce Death plusieurs séquences atmosphériques où la recherche des textures sonores est fameuse. Il y a donc ces ambiances glauques, relativement sophistiquées, venant en remettre au côté inquiétant de l’opus. L’un des meilleurs exemples est la conclusion de Sleeping Throats of the Antichrist, rappelant la musique du Requiem de Ligeti, utilisé lors de la scène du monolithe dans 2001: A Space Odyssey. L’imposante pièce finale, Silence of the Great Martyrs, prouve hors de tout doute que les musiciens de Teitanblood savent créer un univers sonore des plus angoissants. Il faut avoir envie de se plonger dans un certain état d’esprit pour apprécier l’expérience auditive et extrême (d’une durée de 70 minutes) de Death à sa juste valeur, mais l’effort en vaut la peine.


 

About Alexandre Duguay

Rédacteur, intégrateur et développeur web. Autrefois musicien (violoniste et guitariste). Toujours mélomane, cinévore et audiophile. Collectionneur de vinyles, cassettes et VHS.

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