Métal en rafale : Vallenfyre, Infestus, B.A.R.F., Rude et Young and in the Way

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NDA – Notez qu’à partir de maintenant, je vous indique la valeur moyenne de l’échelle de dynamiques (Dynamic Range) pour chacun des albums évalués. Plus la valeur est basse, plus le disque souffre d’une compression résultant d’un mastering visant à maximiser le volume.

vallenfyre-splinters-600x600VALLENFYRE – Splinters
Century Media | mai 2014
DR5 (mp3 192 kbps)

7.8

Projet initié par le guitariste de Paradise Lost, Gregor Mackintosh, l’avenir de Vallenfyre semblait condamné d’avance à un seul et unique album. En effet, A Fragile King paru en 2012 découlait d’un processus de création bien particulier, alors que Mackintosh tentait d’exorciser la mort de son paternel, suite au combat contre le cancer qu’il avait hélas perdu. Face au succès critique, ces métalleux d’expérience en sont ainsi venus à poursuivre avec ce second effort intitulé Splinters. Ce n’est pas moi qui va s’en plaindre, car on retrouve Vallenfyre en mode death metal old school un peu moins dépressif et encore plus abrasif, avec quelques titres où le d-beat se manifeste allègrement (Scabs, Instinct Slaughter, Savages Arise). Bien que le groupe se contente de demeurer dans un carcan précis sans chercher à se réinventer, il est agréable de retrouver quelques patterns mélodiques de guitares sur Bereft ou The Wolves of Sin, typiques de ceux qui ont fait la signature de Paradise Lost. Malgré l’abominable compression du matricage, on sent que la réalisation de Kurt Ballou est extrêmement pesante, ce qui n’est pas désagréable du tout.

 

The Reflecting VoidINFESTUS – The Reflecting Void
Debemur Morti Productions | avril 2014
DR7 (mp3 320 kbps)

8.3

Il suffit de comparer l’opus précédent (Ex Ist) à The Reflecting Void pour réaliser qu’Infestus, projet du multi-instrumentiste Andars, vient d’aboutir à un niveau supérieur. S’il s’adonnait principalement au black métal sur ses trois premiers disques, Andars explore d’avantage le métal sombre et extrême dans toute sa splendeur, livrant ainsi une série de compositions beaucoup mieux maîtrisées (Constant Soul Corrosion, Origin) et surtout, plus sophistiquées (Cortical Spreading Darkness, Devouring Darkness). Un changement de cap… une évolution devrais-je plutôt dire, foutrement bienvenue, car le résultat de The Reflecting Void est à la hauteur des ambitions du musicien allemand. Sombre, épique, envoûtant et offrant un bel équilibre entre intensité et intériorité, Infestus est un nom à retenir cette année. Si certains morceaux peuvent sembler parfois inutilement long et que certains passages ne sont pas nécessairement des plus originaux (ce qui n’enlève rien à leur efficacité), saluons le travail d’Andars pour ses habiles et subtiles citations de riffs d’un morceau à l’autre, faisant de l’oeuvre un tout d’une cohérence remarquable.

 

Brûle consume tortureB.A.R.F. – Brûle Consume Torture
Indica Records | mai 2014
DR5 (mp3 256kbps)

7.9

Apprécié par une horde de fidèles durant les années 1980-1990, B.A.R.F. est un groupe de grind/death qui, à mon humble avis, a toujours été sous-estimé. On ne se racontera pas d’histoires, le retour de B.A.R.F. n’a pas la même portée que celui de Carcass, At The Gates ou même Gorguts. La barrière de la langue a peut-être affecté la popularité du groupe à l’échelle internationale. Pourtant, les troubadours de l’extrême underground québécois, avec son inimitable frontman Marc Vaillancourt, ont démontré que, musicalement parlant, ils pouvaient faire aussi bien, sinon mieux qu’un tas de grosses pointures. Et puis, c’est en français qu’il tue ce band. Bref, Brûle Consume Torture n’est pas aussi fort que Ignorance Chaos Suicide ou Surprise, mais comporte beaucoup de solide (la pièce titre, Crever d’soif, Antidote, Misère Noire). Enfin, la chanson à boire folk/celtique Whisky me prend par les sentiments, alors que celle-ci me ramène à mes heures bien arrosées au sein du groupe Corrigan Fest. Il s’agit donc d’un retour plus que bienvenue. Inutile de te préciser que tu risques d’avoir «soif dans yeule tabarnak!» à l’écoute de ce septième album studio.

 

Soul RecallRUDE – Soul Recall
FDA Rekotz | juin 2014
DR7 (mp3 192 kbps)

7

Il semble que la vague de groupes désirant rendre hommage au death métal old school ne s’essouffle toujours pas. Le jeune quatuor californien Rude propose, comme beaucoup d’autres, un tout premier disque vénérant la glorieuse époque où l’on se faisait aller la tignasse de poil sur du Mordbid Angel ou du Asphyx. Deux bands auxquels l’auditeur pourra se référer à l’écoute de Soul Recall. Sans être vilain, Rude, plutôt que de s’approprier le genre, se contente de le reproduire. C’est probablement dans cette optique que la bande a d’ailleurs fait appel à Dan Seagrave pour l’illustration de l’album, nous ramenant directement à des œuvres similaires vues sur des albums de Malevolant Creation, Suffocation ou encore Pestilence. Autrement dit, il n’y a absolument rien de nouveau sous le soleil. Sans dénigrer le groupe, car on a tout de même affaire à de la qualité, si on me donne le choix entre réécouter un album d’Asphyx ou celui de Rude, je n’hésiterai pas un seul instant en préférant revisiter un classique du genre. Cela dit, ceux et celles qui ne jurent que par le old school seront comblés par la proposition de Rude.

 

When Life Comes To DeathYOUNG AND IN THE WAY – When Life Comes to Death
Deathwish Records | mai 2014
DR6 (mp3 320 kbps)

7.8

Allons droit au but : When Life Comes to Death sonne pas propre. Mais dans le cas de Young and in the Way, c’est un compliment. C’est sale comme métal – tu te sentiras si souillé que t’auras envie de te frotter avec de la laine d’acier – et ça convient parfaitement au crust/black que livre le trio de la Caroline du Nord. Je veux dire, il y a un esprit vicieux, pour ne pas dire malsain, qui se dégage de ce deuxième disque. Déjà, seuls les titres des compos donnent le ton (Fuck This Life, Be My Blood, We Are Nothing, Final Dose ou encore Embrace Extinction). Tu vois le genre? Mais malgré ce pessimisme et ce goût développé pour le fatalisme, YAITW est un exutoire foutrement efficace où on a droit à un petit répit acoustique (Shadow of Murder), faisant penser à Agalloch. Parfois inégal (ça démarre en trombe et perd un peu d’ardeur en cours de route) mais globalement très bon.

 

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About Alexandre Duguay

Rédacteur, intégrateur et développeur web. Autrefois musicien (violoniste et guitariste). Toujours mélomane, cinévore et audiophile. Collectionneur de vinyles, cassettes et VHS.

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