Métal en rafale : Down Among The Dead Men, Nasheim, Lost Society, Nux Vomica, Aenaon, Gravehill et Ageless Oblivion

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NDA – Notez qu’à partir de maintenant, je vous indique la valeur moyenne de l’échelle de dynamiques (Dynamic Range) pour chacun des albums évalués. Plus la valeur est basse, plus le disque souffre d’une compression résultant d’un mastering visant à maximiser le volume.

Down Among the Dead MenDOWN AMONG THE DEAD MEN – Down Among the Dead Men
Cyclone Empire/Metal Blade | mars 2014
DR7

7.3

Constitué de Dave Ingram (ex-Bolt Thrower et Benediction) à la voix, de Rogga Johansson (Paganizer, Humanity Delete) à la basse et à la guitare et de Dennis Blomberg à la guitare, Down Among the Dead Men s’en donne à cœur joie dans le death metal et le crust. En résulte un disque éponyme où les d-beat font loi. À défaut de livrer 13 titres qui sont à toutes fins pratiques exécutés sur le même tempo, ces vieux de la veille parviennent encore à pondre des riffs aussi primitifs qu’efficaces. L’auditeur ne sera peut-être pas à l’abris d’une certaine redondance, mais si l’on a envie de se défouler sans trop se casser la tête, Down Among the Dead Men s’avère un album tout indiqué.

Solens VemodNASHEIM – Solens Vemod
Northern Silence Productions | février 2014
DR12 (transition)

8.3

Projet d’un seul homme (Erik Grahn) qui joue de tout, à l’exception des passages aux violon et violoncelle, Nasheim nous provient d’un pays où le métal est incommensurable : la Suède. L’entité musicale existe depuis 2001, mais Solens Vemod (qui se traduirait par la «mélancolie du soleil») est le tout premier album complet de Nasheim. Un enregistrement notable qui s’amorce par la majestueuse et planante En nyckel till drömmars grind (Une clé à la porte des rêves, si Google Traduction est fiable). Nous catapultant dans une introduction de black métal – disons plus «traditionnel», la seconde pièce nous transporte vers des élans d’inspirations musicales épiques. D’ailleurs, la puissante conclusion de cette deuxième piste nous prépare à la composition la plus accessible du lot. Alternant entre sections mélodiques, guitares acoustiques et violents blast beats, elle comporte suffisamment de lignes accrocheuses pour vous convaincre que Nasheim mérite votre attention. Bref, tout comme le sens du titre du quatrième et dernier morceau de Solens Vemod l’indique, on ne peut qu’avoir du respect (Vördnad) pour cette œuvre ambitieuse, poétique et réussie. L’édition vinyle de cet opus est attendu vers la fin du mois de juin.

Terror Hungry (Limited Edition)LOST SOCIETY – Terror Hungry
Nuclear Blast | avril 2014
DR7

7.5

Ils sont jeunes, ils sont rapides et ils maîtrisent parfaitement le thrash métal, ce genre popularisé majoritairement par un tas de groupes américains au cours des années 1980. Mais ça, on l’avait déjà bien compris avec leur premier effort paru l’an dernier (Fast, Loud, Death). Toutefois, Lost Society allait-il être capable de poursuivre sur cette lancée? Je répondrai donc ceci : s’ils souhaitent parvenir à un habile retour aux sources, les gars de Metallica gagneraient à utiliser les services de Lost Society pour leur pondre des riffs dignes de Kill ’em All. Vous comprendrez donc que ces kids finlandais ont parfaitement assimilé les mécaniques du thrash old school qui donne envie de se jeter sur les murs. Bien évidemment, malgré l’efficacité de titres tels Game Over, Lethal Pleasure, Terror Hungry ou encore Thrashed Reality, on demeure dans la formule éprouvée, sans se risquer à sortir des sentiers battus. Fun, mais un peu redondant à la longue. Les nostalgiques d’Exodus, Megadeth, Overkill, Anthrax et Cie prendront sûrement leur pied.

Nux Vomica (NA Promo)NUX VOMICA – Nux Vomica
Relapse Records | avril 2014
DR6

8

Formé à Baltimore et désormais basé à Portland, le groupe – catégorisons-le de crust – Nux Vomica arrive avec un troisième disque, le premier à paraître sur l’étiquette Relapse. Composé de trois longues pièces, ce disque éponyme fait vivre une panoplie d’émotions qui écorchent à vif. Entre ses moments d’accalmies et ses passages ambiants, Nux Vomica fonce dans le tas, tantôt avec des riffs lourds et des cris enragés, tantôt avec des d-beat accompagnant des lignes musicales à la fois sombres, mélodiques et chargées d’une urgence qui prend aux tripes. Chacun des morceaux nous réserve son lot de surprises, mais le second titre, Reeling, tout comme l’imposante dernière pièce frôlant les 20 minutes (Choked at the Roots) camouflent des sections puissantes. Dommage que la version numérique souffre d’une compression venant affecter la qualité de production. Espérons qu’il en soit autrement avec la copie vinyle.

ExtanceAENAON – Extance
code 666 | janvier 2014
DR7

8.5

Ayant à leur actif quelques splits et EP, le groupe Aenaon s’est imposé, en 2011, avec leur premier album (Cendres et Sang) comme une formation de black progressif à surveiller de bien près. Ce second disque, Extance, confirme la donne, démontrant non seulement que le groupe évolue fort bien, mais parvient également à livrer des compositions encore mieux définies, plus riches et incroyablement stimulantes. Si The First Art peut faire penser à Sigh (la mélodie bluesy joué au saxo aidant), le groupe Aenaon s’apparente principalement à ses compatriotes grecs de Transcending Bizarre?.On ressent aussi, tout au long de ce superbe effort, quelques similarités avec Mr. Bungle ou Faith No More (puisqu’on jurerait qu’il s’agit de Mike Patton sur Der Mude Tod) et Enslaved. Enfin, sans être prédominantes, les racines du blues et du jazz se manifestent à plus d’une reprise sur cet étonnant Extance. Au final, on réalise qu’Aenaon prend certes de nombreuses directions, pourtant, tout en demeurant très heavy, la cohérence et l’intelligence des arrangements font en sorte qu’on ne sent pas déboussolé un seul instant.

PenthosAGELESS OBLIVEON – Penthos
Century Media/Siege of Armida | avril 2014
DR6

5.9

Il n’y a rien à faire, je dois me résigner…. Suite à de multiples écoutes de Penthos, le groupe britannique Ageless Oblivion me laisse ni chaud ni froid. En réalité, je devrais plutôt dire qu’il m’ennuie. C’est dommage, mais il s’agit de la triste vérité. Ce second effort du jeune groupe de death métal dit «progressif» n’est pas mauvais en soi, mais très peu d’éléments sur cet album dépassant les soixante minutes m’interpellent. En effet, leur style de composition s’avère monotone. Et malgré un effort plus ou moins convaincant d’expérimentation, tout comme une certaine diversité dans les arrangements (quoi que l’apport soudain d’une voix féminine sur la longue Where Wasps Now Nest n’est pas ici une valeur ajoutée), la volonté d’Ageless Oblivion de vouloir épater la galerie domine sur la majorité de l’album, au détriment d’une écriture musicale devenant beaucoup trop terne.

CDBO04.pdfGRAVEHILL – Death Curse
Dark Descent | avril 2014
DR6

7.4

Gravehill se targue d’être des purs du « vrai de vrai » death métal. Autrement dit, si cette bande de old schoolers croise ton chemin, et qu’ils décident que tu es un poser, tu risques de passer un mauvais quart d’heure. Mais comme des dizaines et des dizaines d’autres groupes prétendent eux aussi détenir la « vérité » quant au métal, l’argument de vente devient lassant et on se dit que du lot, il doit bien y avoir quelques musiciens qui ne sont là que pour profiter du regain d’intérêt. Mais bon, su-delà de cette quête de pureté métallique, sans être ni mieux, ni pire que bien d’autres bands du genre, ce Death Curse demeure hautement satisfaisant. Encore là, Gravehill ne mise pas sur l’originalité, mais bien sur l’efficacité. Parmi les influences du groupe, on dénote Slayer, Venom et Autopsy. Disons, que c’est suffisant pour vous donner une idée. Et si vous vous êtes toujours demandé ce que donnerait Judas Priest, s’ils avaient emprunté la voix du death métal, tendez l’oreille à Fear the Reaper. Plaisir assuré.

About Alexandre Duguay

Rédacteur, intégrateur et développeur web. Autrefois musicien (violoniste et guitariste). Toujours mélomane, cinévore et audiophile. Collectionneur de vinyles, cassettes et VHS.

There are 2 comments

  1. Aenaon, c’est puissant! | Boulevard Brutal

    […] Aenaon, c’est un band de black métal en provenance de la Grèce. Paru en janvier, leur second disque, Extance, est une de meilleures propositions métalliques de 2014 parvenues à mes oreilles jusqu’à présent. J’en glissais justement un mot dans mon plus récent Métal en rafale. […]

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