Heavy MTL 2013 : Un week-end au pays du métal

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Il y aura toujours deux ou trois gorlots déplaisants, une couple de personnes qui ne savent pas boire (incluant des ados qui découvrent leur seuil de tolérance à l’alcool et/ou autres substances – on passe à peu près tous par là), quelques téméraires qui reçoivent des coudes en plein visage dans le moshpit sans (trop) broncher, mais ultimement, la communauté métallique réunie au Parc Jean-Drapeau durant tout un week-end consacré au métal hurlant, c’est beau à voir.

Une marée de poings levés et de horns up en guise d’appréciation du band qui performe devant la foule enthousiaste… Fouille-moi pourquoi, je trouve que ça reste magique! Et si les headliners du Heavy MTL n’étaient pas les groupes que j’attendais tant lors de cette édition 2013, l’événement avait son lot d’artistes mythiques, de performances enlevantes et de moments surprenants. Sans compter la température idéale tout au long de la fin de semaine.

 

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Samedi

J’aurais bien aimé voir Gwar, Baroness et il paraît que Steel Panther valait le détour, mais, la vie étant parfois ce qu’elle est, je ne pouvais arriver sur le site de l’événement qu’en toute fin d’après-midi. J’ai donc attrapé la fin de Black Label Society (groupe qui, en toute honnêteté, ne me laisse ni chaud ni froid, malgré tout le respect que j’ai pour le guitariste Zakk Wylde). En tout cas, ça mettait dans l’ambiance, mais je mourrais tout de même d’impatience pour…

 

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AT THE GATES
Avant de se séparer en 1996, le groupe suédois a pondu l’un des plus grands albums de death métal mélodique des années 1990. Que dis-je! De tout les temps : Slaughter of the Soul. Je ne compte même plus le nombre de fois où j’ai écouté ce disque. Anyway, j’étais grandement enthousiaste à l’idée de pouvoir enfin voir At The Gates enchaîner ses classiques.

Il va sans dire que leur prestation restera un moment inoubliable en ce qui me concerne. Même si les musiciens, à l’exception du souriant chanteur Tomas Lindberg (qu’est-ce qu’il avait l’air content d’être heureux), se concentraient sur leur jeu, demeurant pour la plupart chacun de leur côté sans trop bouger, At The Gates a enchanté les amateurs de la formation, remerciant le ciel (ou l’enfer) par cette occasion en or d’entendre « live » Slaughter of the Soul, Cold (sur laquelle un des guitaristes a eu l’air agacé par un petit accro dans le passage arpégé, juste avant le solo) et Terminal Spirits Disease.

Bien que la foule fût gagnée d’avance, c’est avec un cover de Slayer (Captor of Sin) afin de rendre un hommage senti à Jeff Hanneman, disparu plus tôt cette année, que la troupe menée par Lindberg a semblé se laisser aller davantage. Tandis que Sebbrutal – aussi un grand fan du groupe – me faisait remarquer qu’At the Gates n’avait pas fait Blinded by Fear – un sacrilège, en quelques sortes – le bruit électrique qui démarre le disque culte s’est soudainement fait entendre, pendant qu’At the Gates revenait sur scène pour interpréter ce morceau aux riffs mémorables. Les musiciens ont conclu ce rappel par Nausea pour ensuite nous ramener encore plus loin avec Kingdom Gone, tiré de leur tout premier album The Red in the Sky is Ours. Épique, old school style!

 

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DANZIG
En regardant quelques vidéos sur YouTube où la réplique « evil » d’Elvis, dont la masse musculaire semble se concentrer désormais au niveau du ventre, est plus ou moins en voix, je craignais être déçu par la performance de Danzig. Or, c’est à ma plus grande surprise que Glenn Danzig s’est donné corps et âme et qu’il assurait plutôt bien vocalement, même s’il a l’air d’un cadavre. Sérieux, je sais pas ce qui s’est passé avec lui, mais il a le teint pâlot…

« Voir Danzig qui joue How the Gods Kill, Her Black Wings, Mother et faire des pièces des Misfits (Skulls, I Turned Into a Martian, Astro Zombie, Last Carress et Vampira avec Rob Zombie). Je peux mourir en paix. ».

Voilà ce que j’écrivais sur mon compte facebook en revenant de cette première soirée du Heavy MTL. Le setlist était parfait, la présence de Doyle bienvenue. Un des spectacles que j’ai préféré de cette édition.

 

MEGADETH
Je savais d’ores et déjà que j’allais snober Avenged Sevenfold, groupe pour lequel je n’ai aucun intérêt, mais avant de quitter dans le but de prendre des forces pour un dimanche qui s’annonçait drôlement plus chargé, je me suis permis un petit arrêt pour entendre quelques pièces de Megadeth. Une halte loin d’être désagréable, d’autant plus que le controversé Dave Mustaine (il en dis-tu des niaiseries, lui?) s’est gardé une petite gêne en ne pigeant pas tout de suite dans le répertoire du plus récent (et plutôt mauvais) Super Collider. C’est donc avec grand plaisir que je me suis rappelé le bon vieux temps (eh oui, ce n’est pas pour rien que j’écris la chronique Les Résidences Métal), avec Hangar 18, In My Darkest Hour, Sweating Bullets

On dira ce qu’on voudra, mais ce Mustaine, peu communicatif avec son public, a tout de même pondu de véritables petites perles musicales au cours de sa carrière. Enfin, malgré une maîtrise évidente de leurs instruments respectifs, le groupe qui a troqué espadrilles et camisoles contre des chemises scintillantes et bottes de cowboys (ouin), manque de fougue.

 

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Dimanche

Bien franchement, à l’exception d’Augury que je n’ai malheureusement pu voir, le line-up de début d’après-midi ne me parlait pas du tout. Pas même Huntress. Non, je ne suis pas entièrement insensible aux charmes de la demoiselle Jill Janus, mais j’ai déjà donné mon opinion sur les pseudos prouesses vocales de celle-ci. Je suis donc arrivé pendant le show de Finntroll. Pour ma part, même si leur musique est assez festive, je trouve que leurs oreilles de farfadets en caoutchouc leur enlève toute crédibilité. T’sais, un peu comme eux, genre. C’est donc tout de suite après que les choses sérieuses ont commencées.

 

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AMON AMARTH
« Bonjour Montréal! Ça va bien? », nous a lancé Johan Hegg, chanteur des vikings-death-métalleux-suédois d’Amon Amarth. Et comment que ça allait bien, même si la déception nous a envahi, alors qu’on constatait l’absence FLAGRANTE du fameux bateau que plusieurs espéraient tant. Mais ce qui a été légèrement plus agaçant, c’est la qualité sonore où les guitares semblaient noyées par un étrange brouillard auditif. La faute du vent? Difficile à dire. N’empêche que les musiciens, en pleine forme, étaient assez tight, merci.

Entre quelques pièces de leur plus récent Deceiver of the Gods, et quoi que je trouve que certains morceaux finissent par se ressembler, le groupe qui concluait 7 semaines de tournée a interprété leurs hymnes les plus accrocheurs des derniers albums. Tout ça pour le plus grand bonheur des métalleux adeptes de la formation qui puise aux sources des mythes et folklores scandinaves. Certains avaient même pris soins de se pointer avec leurs casques à cornes. Rien de tel pour honorer Odin.

 

PHILIP H. ANSELMO & THE ILLEGALS
Il m’aurait probablement envoyé paitre s’il avait su, car j’avoue ne pas avoir eu encore le courage d’entreprendre l’écoute de son nouvel album, mais je suis quand même content d’avoir vu l’ex-chanteur du mythique groupe Pantera à l’œuvre à quelques pieds de moi. Je dis « quand même », parce qu’il est extrêmement déstabilisant de recevoir le nouveau matériel en pleine gueule. La musique tirée de Walk Through Exits Only, aussi abrasive qu’hermétique, est assez difficile à assimiler.

Jouissant d’une aura de légende (bien méritée) de la scène métal, Philip H. Anselmo, réclamant souvent les retours de la foule, n’a rien perdu de sa fougue, encore moins de sa rage. Hostie, non! Anselmo, c’est l’intensité du hardcore/punk à la puissance dix. Entre quelques crachats, de multiples doigts d’honneur, un rot, une simulation de masturbation avec son micro, le type s’est ouvert le front en se tapant le micro sur la tête. Violent de même! Il fallait d’ailleurs voir le moshpit, très actif. Ça en disait beaucoup sur l’agressivité qui régnait là.

Assez volubile, Anselmo aime provoquer, haïr et se moquer des conventions, sortir quelques grossièretés ou nous confronter en nous sortant nos quatre vérités. Une chose est sûre, le gars, vrai et sincère, sait comment faire réagir ses fans, qui ce sont tous mis à entonner Hollow en chœur, lorsque Phil Anselmo est ses comparses nous ont laissé sur ce petit moment nous rappelant combien Pantera était puissant.

 

UNEXPECT
La qualité du son de la scène Galaxie laissait franchement à désirer. On a pu constater la chose lors de la perfo du très intéressant duo Indian Handcrafts, mais pour Unexpect, c’était à mon humble avis un grave problème qui ne rendait assurément pas justice au groupe des plus talentueux. D’autant plus que l’apport de chacun des musiciens est essentiel.

Comme j’ai passé la plus grande partie de ma vie à jouer du violon, je trouvais fort dommage qu’on perde celui de Borboën en dehors de ses solos, puisque les partitions demeurent particulièrement intéressantes sur les pièces tirées du solide Fables of the Sleepless Empire. Sinon, le moment venu des solos de guitare, tout le reste se faisait pratiquement enterrer. Pareil lorsque la chanteuse, Leïlindel, passait des cleans aux hurlements gutturaux. Le niveau de décibel variait beaucoup trop. En revanche, on sait à quel point le band est précis. Ceux qui en doutaient en ont eu la preuve.

 

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MACHINE HEAD
« Put your hands in the sky » a dû demander une bonne dizaine de fois Robb Flynn à l’assistance. Le public a eu droit à une très bonne performance du band, quoi que Machine Head n’ait malheureusement pour moi pas pigé parmi le répertoire que je préfère. Nous avons toutefois pu voir à l’œuvre le nouveau bassiste qui a pris le relais d’Adam Duce. On peut donc affirmer que Jared MacEachen s’est déjà très bien intégré à la formation.

 

CHILDREN OF BODOM
Tout comme leurs voisins suédois d’Amon Amarth, les finlandais de Children of Bodom complétaient eux aussi leur tournée estivale au Heavy MTL. Sons de claviers qu’on jurerait tout droit sortis de films d’horreur des années 80, solos virtuoses (autant à la guitare qu’au clavier), riffs rapides et accrocheurs, les gars de Children of Bodom ont également offert un setlist allant de titres issus de leur tout récent Halo of Blood (dont le début de la pièce titre fait drôlement pensé à Dissection), tout en survolant quelques succès de leur carrière. C’est parfois (assez souvent) cheesy, mais c’est fun en ta’ pareil!

 

HAVOK
Woah! De la bombe! Havok, qui lançait Unnatural Selection en juin dernier, a donné un show complètement malade. Ma-la-de, j’te jure! Une des meilleures performances de tout le festival. Les gars avaient de l’énergie à revendre, et la foule devant la scène Galaxie (où la sono était enfin plus décente) le leur a bien rendu. Le groupe qui s’en donne à cœur joie dans le thrash old school nous en a foutu plein la gueule.

Puisque Mastodon jouait leur set au même moment, j’avais au départ l’intention d’entendre la première moitié d’Havok, mais leur show était tellement bon que j’ai été incapable de quitter les lieux. D.O.A kickait des culs. Fallait y être. C’est pas mal certain qu’on retournera les voir lors de leur prochaine visite en ville.

 

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MASTODON
J’ai tout de même pu attraper le dernier quart de Mastodon, où l’ambiance était carrément toute autre. En fait, gonflé à bloc par les thrashers du Colorado que je venais à peine d’entendre, j’ai eu l’impression d’atterrir dans un show de Pink Floyd, alors que Mastodon était sur un trip beaucoup plus atmosphérique, complétant leur spectacle par une ballade. Cela dit, les gars sont de solides musiciens, la balance sonore était excellente et j’apprécie grandement leur musique.

J’ai aussi aperçu un kid d’environ cinq ans, complètement en symbiose avec la musique. Non seulement, cette scène avait quelque chose d’attendrissant, mais ça m’a carrément replongé dans mes souvenirs d’enfance, alors que déjà fasciné par la musique, j’avais cette vive sensation de saisir toute la puissance qui réside dans l’expression musicale. Ce fut mon moment deep du festival.

 

CRYPTOPSY
La première fois que j’ai vu Cryptopsy, c’était en ’95 ou ’96, en première partie de Morbid Angel, si ma mémoire ne me joue pas de mauvais tour. Je ne les avais pas revus depuis, mais je dois avouer que je préfère entendre le groupe de death métal extrême et technique sur disque. Je ne sais trop pourquoi, mais c’est comme ça. En fait, je crois que je sais. C’est qu’on saisit tellement mieux toutes les subtilités qu’on perd quelque peu live. D’autant plus qu’il manquait un guitariste. Soit dit en passant, leur plus récent album éponyme est pas mal du tout.

 

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ROB ZOMBIE
J’entretiens une drôle de relation avec Rob Zombie. En fait, je n’ai aucune véritable relation avec le type qui dit « Yeah » plus vite que son ombre, mais mon rapport avec l’artiste est particulier. Par moment, le musicien/réalisateur me semble prétentieux, alors qu’à d’autres occasions, j’adore son univers nourri par une multitude d’influences parmi lesquelles je me retrouve fort bien. En gros, autant j’ai adoré sa période White Zombie et ses House of 1000 Corpses mais surtout The Devil’s Rejects, autant je n’ai jamais embarqué dans son trip solo, ni dans ses remakes qui m’ont écœurés.

Bref, je n’avais pas l’intention de rester pour la bête qui clôturait ce week-end riche en émotions (viriles et métal, mais des émotions quand même, t’sais), mais mes sympathiques collègues à l’origine du merveilleux blogue qu’est Boulevard Brutal m’ont convaincu de rester. Du moins, pour prendre le pouls du show.

Eh bien, si je m’attendais à ça! Dimanche soir, j’ai eu envie de me réconcilier avec Zombie. Sérieusement. Il n’y a pas à dire, ce gars là a le sens du spectacle. Le personnage, fidèle à son monde peuplé d’images issues de la culture rétro/psychédélique/pop, mais surtout de l’horreur, a donné un foutu bon show. Je n’ai pas regretté un seul instant d’avoir assisté à ce spectacle où de multiples écrans projetaient des images de Nosferatu, des extraits de films signés par Robert lui-même, ainsi que des séquences en boucles d’animés sanglants qui accompagnaient la musique.

Sûr qu’en ressortant des classiques tels que Super-Charger Heaven (alors qu’un diable géant se promenait sur scène), More Human Than Human (où cette fois, c’était un robot qui déambulait derrière le chanteur) et Thunder Kiss ’65, Zombie me prenait par les sentiments.

Au-delà de sa période White Zombie, Rob Zombie, généreux avec son public en allant à sa rencontre, m’a fait apprécier plus que jamais ses Superbeast, Living Dead Girl et Dead City Radio And The New Gods Of Supertown. C’est dire. Yeah, motherfucker. Yeah!

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About Alexandre Duguay

Rédacteur, intégrateur et développeur web. Autrefois musicien (violoniste et guitariste). Toujours mélomane, cinévore et audiophile. Collectionneur de vinyles, cassettes et VHS.

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