Critique de Infestissumam – Ghost

Cover

J’ai adoré le premier album de Ghost. En fait je l’ai tellement écouté en 2011 que j’ai presque fait face à un divorce. Après le succès inattendu de Opus Eponymous, la tâche était lourde pour ce deuxième album de la troupe de Papa Emeritus. L’effet de surprise passé, le groupe suédois devait maintenant faire face à la musique. Surtout que la formation devait prouver hors de tout doute qu’elle était plus qu’une simple gimmick. The Darkness, ça te dit quelque chose?

Je dois d’abord vous avouer que j’en ai mis du temps avant d’embarquer dans cet Infestissumam. J’ai presque failli perdre patience. Il est plutôt rare que je donne autant de chance à un disque, je n’embarquais tout simplement pas au début. Infestissumam est un album différent de son précédent. Fini les influences de Mercyful Fate. Ghost conserve toutefois une résonance typiquement seventies qui caractérisait leur premier disque, et le son à la Blue Oyster Cult est encore omniprésent. Après multiples écoutes, j’ai fini par apprécier ce deuxième disque de Ghost parce que justement, il est différent tout en conservant un certain parallèle avec le précédent.

Différent dans le sens que c’est un disque plus «pop» qu’auparavant mais plus fucké en même temps. Je ne sais pas si tu me suis. Ghost explore encore toujours le côté sombre de la musique mais cette fois-ci le budget y est, donc les suédois y vont à fond la caisse avec des orchestrations divines (?), et une réalisation grandiose à la mesure de leur talent. Il aurait été tentant de sombrer dans la mégalomanie avec une telle production mais Papa Emeritus et ses ghoules ont réussi le tour de force de concocter un album aussi solide que le premier tout en appronfondissant leur technique d’écriture. Et quand je dis que ça sonne pop, je le pense vraiment. Si les textes du pape sombre n’était pas aussi satanique, tu pourrais entendre leurs chansons entre deux tounes de Marc Dupré dans ta radio de marde.

C’est bon ca, hein? Ce n’est pas la seule comme ça sur Infestissumam. Ce n’est qu’une pièce aguichante pour te donner une idée de ce qui t’attend de cette messe noire. La pièce de résistance tant qu’à moi est la savoureuse Ghuleh/Zombie Queen. Le départ sonne comme une trame sonore de film de cul des années 70 à la Bilitis et à partir de la troisième minute, on plonge dans une atmosphère digne des films de Tarantino. Le tout est accentué de passages plus progressifs et toujours ce refrain qui nous reste en tête et ces claviers totalement hypnotisants.

Le prodigieux réalisateur Nick Raskulinecz (Foo Fighters, Rush), fidèle à lui-même, respecte le son du groupe avec lequel il travaille tout en développant de nouvelles facettes. Sa réussite principale réside dans le fait qu’il donne le plein potentiel à la voix sublime de Papa Emeritus. Infestissumam repose sur ce timbre enjoleur et terrifiant à la fois. C’est un disque qui sonne exactement comme les classiques que j’écoutais en vinyle au début de mon enfance.

Certains critiques ont descendu cette nouvelle offrande de Ghost et je crois sincèrement que c’est tout simplement dû au fait que quelques écoutes sont nécessaires pour en apprécier le plein potentiel. C’est normal puisque nous sommes tellement accoutumé à cet habituel fast-food musical qui se mange aussi vite qu’il se défèque.

9.5 films de cul des années 70 sans cumshots sur 10

There are 4 comments

  1. Elise

    Pareil pour moi, ayant écouté le premier cd au point de l’user, ca a pas été évident pour Infestissumam à la première écoute. Même que certaines tounes me tombaient un peu sur les nerfs… Mais je l’ai écouté, et re-écouté, et là… J’apprécie vraiment. C’est du génie.

  2. Le Best OV 2013 de Steve Dallaire | Boulevard Brutal

    […] Après le succès inattendu de Opus Eponymous, la tâche était lourde pour ce deuxième album de la troupe de Papa Emeritus. L’effet de surprise passé, le groupe suédois devait maintenant faire face à la musique. Surtout que la formation devait prouver hors de tout doute qu’elle était plus qu’une simple gimmick. Et c’est réussi. Critique de l’album […]

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