Critique de Youngblood – Audrey Horne

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Le nom Audrey Horne vous dit peut-être quelque chose. Je ne parle pas du mythique personnage dans la série culte Twin Peaks mais plutôt du groupe hard rock formé à Bergen en Norvège en 2005. Vous avez bien lu, du hard rock. Pas de corpse paint, pas d’incendies d’églises, juste du rock. Pourtant la formation compte parmi ses rangs Ice Dale d’Enslaved et Thomas Tofthagen de Sahg, donc on pourrait s’attendre à du métal crasseux. Pas pantoute! J’avais apprécié Le Fol, paru en 2007. Du gros rock inspiré de l’époque grunge des années 90. Pour Youngblood toutefois, Audrey Horne revisite la période classic rock des années 70 et 80. Il aurait été facile de tomber dans le panneau de la caricature avec un tel son, ici les norvégiens non seulement évitent les clichés, mais font de Youngblood un des albums hard rock les plus intéressants des dix dernières années.

Quand je dis hard rock, je ne parle pas de Winds Of Change de Scorpions ou You Give Love A Bad Name de Bon Jovi. Je parle plutôt de bon vieux rock «dans ta face» avec une basse galopante, des harmonies de guitares électrisantes et un batteur qui varge. L’influence du New Wave Of British Heavy Metal (Lars Ulrich, sort de ce corps) est omniprésente sur Youngblood, tout ça avec un son très moderne qui peut plaire autant à l’amateur de métal actuel qu’à ton papa qui écoute ses vinyles de Deep Purple et Thin Lizzy en cachette en se roulant des cigarettes douteuses. Dans ce style musical, là où Steve Harris a échoué lamentablement avec son British Lions, Audrey Horne lui, réussit avec brio.

Le disque débute avec Redemption Blues, un titre puissant avec une basse agressive et un duo de guitares qui justement ne va pas sans rappeler les deux premiers disques d’Iron Maiden. Cependant la voix de Toschie est plus proche de Phil Mogg (UFO) que celle de Paul Di’Anno. Straight To Your Grave débute avec du double bass drum Motorhead style, le refrain est très Saxonien et Ice Dale fait un Ritchie Blackmore de lui-même sur cette pièce, son attaque à la guitare est mélodique tout en gardant un certain côté vicieux.

There Goes A Lady quant à elle est une grosse toune de rock d’aréna un peu comme Van Halen le faisait à l’époque avec And The Cradle Will Rock, tandis que la pièce-titre Youngblood marie les influences de Rainbow et Thin Lizzy tout en maintenant un son contemporain. Les fans de rock progressif pouront aussi se gaver sur Show And Tell, la chanson se termine avec un duel guitare-clavier digne des plus grands groupes de l’époque. Enfin, on croirait entendre du bon vieux Kiss sur Cards With The Devil, la voix de Toschie est semblable à celle de Paul Stanley et la mélodie de guitare sonne comme la Les Paul boucaneuse d’Ace Frehley.

Je pourrais décrire chaque chanson comme ça pendant des heures, il n’y a aucun moment faible et dieu merci, aucune ballade. Audrey Horne prouve avec Youngblood qu’il est encore possible de faire du hard rock moderne sans nécessairement être quétaine. Ce serait bien d’entendre Audrey Horne sur les radios classic rock mais oubliez ça, elles jouent les mêmes osti de tounes depuis 30 ans et ça ne changera pas. C’est bien beau Money et Stairway To Heaven, mais à un moment donné… Vas t’acheter Youngblood, au pire si tu n’aimes pas ça, donne-le à ton père, il y a de fortes chances qu’il apprécie. Qui sait, tu pourrais peut-être le surprendre dans le garage à ressortir sa torche et ses vieux couteaux de cuisine au bouts noircis.

Cote de Steve: 9 lèvres brûlées aux couteaux sur 10

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