Nom d’un cornichon à la confiture, mon dernier Métal en rafale date de mars 2013. C’est donc bien chien, ça, de vous avoir laissé en plan comme ça. Je vais essayé d’être plus régulier, t’sais!
COFFIN DUST – This Cemetary, My Kingdom
Unholy Anarchy Records | janvier 2014
6
La pochette est-elle assez laide à ton goût? Bon, je sais que ce n’est pas très correct de dire des choses de même, mais je ne la trouve tellement pas invitante. Ça ne donne pas le goût de s’aventurer plus loin, me semble! La bonne nouvelle, c’est que musicalement, Coffin Dust offre un death métal/crossover un peu plus stimulant que l’illustration. Si The Obelisk, intro superflue (comme trop de maudites intro sur un trâlée d’albums métal) n’inspire guère confiance, la bande de Philadelphie se rattrape sur Ancient Rites of Buried Evil. En fait, Coffin Dust a de bons riffs et quelques grooves loin d’être désagréables, mais on sent que le quatuor désire intégrer beaucoup, beaucoup d’influences, ce qui finit par enlever un peu de cohérence à l’ensemble qui s’étire en longueur. Je leur donne la note de passage, parce qu’un des gars du groupe a du sang dans la face.
http://coffindust.bandcamp.com/album/this-cemetery-my-kingdom
BEHEMOTH – The Satanist
Metal Blade | février 2014
7.9
Nergal peut bien dénigrer le death métal américain si ça lui chante, mais je considère qu’il s’engage sur un terrain glissant. En ce qui me concerne, se rehausseur en chiant sur les autres, ça n’a rien de très noble. Bon… peut-être a-t-il été mal cité. Dans le cas contraire, il aurait dû nuancer son propos. Behemoth n’a pas besoin de ça pour conserver sa crédibilité, non? Bien honnêtement, ce que fait Behemoth n’est pas nécessairement mieux, ni plus original que des dizaines et des dizaines de leurs contemporains européens, comme américains. Certaines structures et enchaînement d’accords qu’on retrouve sur The Satanist ont été utilisé ad nauseam et ce, depuis belle lurette (comparez la progression et la rythmique du riff principal de O Father O Satan O Sun à celles de Kashmir de Led Zeppelin, juste pour le fun…). Cela n’enlève rien aux qualités de l’album pour autant. Bien exécuté, d’une intensité à tout rompre et comportant son lot de moments forts (la conclusion de Blow Your Trumpets Gabriel tue, Messe Noire inquiète et la pièce titre va t’inciter à l’apostasie), Behemoth ne réinvente pas la roue, et ce ne sont pas quelques lignes de trompettes ici et là qui vont révolutionner leur blackened death metal. Pourtant, l’ensemble demeure d’une redoutable efficacité. Plus accessible, le mastering ultra compressé écrase toutes les dynamiques. Dommage, car on sent que la production se veut assez léchée. Enfin, le label n’a pas lésiné sur le packaging, le CD tout comme le vinyle étant très invitants.
TRENCHROT – Necronomic Warfare
Unspeakable Axe Records | février 2014
7
Tu ne jures que par le death métal des années ’90, ou celui de 2014 estampillé du sceau old « motherfuckin’ » school? Attends-toi à ça et absolument rien d’autre en écoutant Necronomic Warfare, premier méfait complet de TrenchRot, groupe suivant notamment les traces d’Asphyx. Malgré une musique similaire à un tas d’autres albums entendus avant celui-ci, Necronomic Warfare est un disque qui s’écoute fort bien, surtout le volume crinqué au maximum. Vous risquez d’ailleurs de vous jeter sur les murs, puis solide à part de ça, sur Maddening Aggression, joyau de l’album. Il y a également Death by TrenchRot, Gustav Gun et Mad Dogs of War qui méritent toute votre attention.
http://trenchrotdeathmetal.bandcamp.com
CYNIC – Kindly Bent To Free Us
Season of Mist | février 2014
6.8
J’éprouve énormément de respect pour Cynic. D’abord, parce que je suis un fan de la première heure, Focus (1993) ayant été un album sur lequel j’ai tripé fort à l’époque. Si le groupe fondé par Paul Masvidal et Sean Reinert (ils ont tous deux participé au culte Human du groupe Death en 1991) a connu un parcours inhabituel – Cynic est disparu de la carte après Focus pour ne réapparaître qu’en 2008 avec le très bon Traced In The Air – leur démarche demeure relativement intègre. Suivant quelques EP et The Portal Tapes, un disque mis en marché sous le nom de Cynic, mais issu du projet Portal, Kindly Bent To Free Us, troisième album officiel, présente le groupe sous un angle encore moins heavy qu’auparavant. Malgré le fait que Masvidal, Reinert et Sean Malone (de retour à la basse) s’éloignent de plus en plus du métal, leur signature demeure reconnaissable. Mis à part la superbe et mélodique The Lion’s Roar (musicalement, cet extrait est solide comme le roc), ce qui m’a frappé tout au long du disque, c’est l’absence de moments inspirés. Il se dégage une décevante redondance, même si les musiciens éxécutent les morceaux en parfaite symbiose.
http://cyniconline.bandcamp.com/album/kindly-bent-to-free-us-2
EXMORTUS – Slave to the Sword
Prosthetic | février 2014
6.7
Des muscles, des casques cornus et des épées tachées par le sang qui gicle. Il ne s’agit pas d’un disque de folk/viking métal, mais plutôt d’un groupe de power métal américain dont l’illustration ramène directement au comic books de Conan, qui est aussi le nom du chanteur d’Exmortus. Je ne vous cacherai pas qu’avant Slave to the Sword, troisième disque du quatuor, je n’avais jamais entendu parlé d’eux. Maintenant que je les connais, ça ne changera pas grand chose à ma vie, car je ne deviendrai pas leur plus grand fan. Cela dit, il faut leur envoyer des fleurs pour leur démonstration de virutosité. Les manches de guitares se font aller en crucifix lors des solos. On dirait une version d’Yngwie Malmsteen ou de Jason Becker sur les speed. On haït pas ça! Autrement, dans le genre, ça reste assez convenu. Souvent fun (il faut entendre leur cover du troisième mouvement de la Sonate à la lune de Beethoven), mais pas assez pour virer fou.
http://exmortus-official.bandcamp.com/album/slave-to-the-sword
TEMPEL – On The Steps Of The Temple
Prosthetic | janvier 2014
7.3
Le problème avec Tempel, c’est qu’on a l’impression que les compos manquent dramatiquement de vocal. Disons que ce n’est pas le meilleur compliment que l’on peut faire à un duo qui suggère un album instrumental… Malheureusement, c’est exactement l’effet que me donne On The Steps Of The Temple. Il m’a laissé la forte impression que le duo a composé cet album, pensant éventuellement y incorporer de la voix. Sauf peut-être pour la cinématographique Final Years, les structures de chacune des pièces semblent en tout cas construites ainsi. La plupart des titres possédant une durée de plus ou moins 10 minutes, je me serais attendu à des arrangements un peu plus peaufinés et davantage de mélodies, plutôt qu’un simple enchaînement de riffs, aussi efficaces soient-ils. C’est d’ailleurs là que réside la plus grande force de ce premier disque : les riffs. Je dois l’avouer, ils sont majoritairement ex-cel-lents.

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