Posts Tagged ‘Enslaved’

Critique de Youngblood – Audrey Horne

24 février 2013

cover

Le nom Audrey Horne vous dit peut-être quelque chose. Je ne parle pas du mythique personnage dans la série culte Twin Peaks mais plutôt du groupe hard rock formé à Bergen en Norvège en 2005. Vous avez bien lu, du hard rock. Pas de corpse paint, pas d’incendies d’églises, juste du rock. Pourtant la formation compte parmi ses rangs Ice Dale d’Enslaved et Thomas Tofthagen de Sahg, donc on pourrait s’attendre à du métal crasseux. Pas pantoute! J’avais apprécié Le Fol, paru en 2007. Du gros rock inspiré de l’époque grunge des années 90. Pour Youngblood toutefois, Audrey Horne revisite la période classic rock des années 70 et 80. Il aurait été facile de tomber dans le panneau de la caricature avec un tel son, ici les norvégiens non seulement évitent les clichés, mais font de Youngblood un des albums hard rock les plus intéressants des dix dernières années.

Quand je dis hard rock, je ne parle pas de Winds Of Change de Scorpions ou You Give Love A Bad Name de Bon Jovi. Je parle plutôt de bon vieux rock «dans ta face» avec une basse galopante, des harmonies de guitares électrisantes et un batteur qui varge. L’influence du New Wave Of British Heavy Metal (Lars Ulrich, sort de ce corps) est omniprésente sur Youngblood, tout ça avec un son très moderne qui peut plaire autant à l’amateur de métal actuel qu’à ton papa qui écoute ses vinyles de Deep Purple et Thin Lizzy en cachette en se roulant des cigarettes douteuses. Dans ce style musical, là où Steve Harris a échoué lamentablement avec son British Lions, Audrey Horne lui, réussit avec brio.

Le disque débute avec Redemption Blues, un titre puissant avec une basse agressive et un duo de guitares qui justement ne va pas sans rappeler les deux premiers disques d’Iron Maiden. Cependant la voix de Toschie est plus proche de Phil Mogg (UFO) que celle de Paul Di’Anno. Straight To Your Grave débute avec du double bass drum Motorhead style, le refrain est très Saxonien et Ice Dale fait un Ritchie Blackmore de lui-même sur cette pièce, son attaque à la guitare est mélodique tout en gardant un certain côté vicieux.

There Goes A Lady quant à elle est une grosse toune de rock d’aréna un peu comme Van Halen le faisait à l’époque avec And The Cradle Will Rock, tandis que la pièce-titre Youngblood marie les influences de Rainbow et Thin Lizzy tout en maintenant un son contemporain. Les fans de rock progressif pouront aussi se gaver sur Show And Tell, la chanson se termine avec un duel guitare-clavier digne des plus grands groupes de l’époque. Enfin, on croirait entendre du bon vieux Kiss sur Cards With The Devil, la voix de Toschie est semblable à celle de Paul Stanley et la mélodie de guitare sonne comme la Les Paul boucaneuse d’Ace Frehley.

Je pourrais décrire chaque chanson comme ça pendant des heures, il n’y a aucun moment faible et dieu merci, aucune ballade. Audrey Horne prouve avec Youngblood qu’il est encore possible de faire du hard rock moderne sans nécessairement être quétaine. Ce serait bien d’entendre Audrey Horne sur les radios classic rock mais oubliez ça, elles jouent les mêmes osti de tounes depuis 30 ans et ça ne changera pas. C’est bien beau Money et Stairway To Heaven, mais à un moment donné… Vas t’acheter Youngblood, au pire si tu n’aimes pas ça, donne-le à ton père, il y a de fortes chances qu’il apprécie. Qui sait, tu pourrais peut-être le surprendre dans le garage à ressortir sa torche et ses vieux couteaux de cuisine au bouts noircis.

Cote de Steve: 9 lèvres brûlées aux couteaux sur 10

Les albums de l’année – Best Ov 2012 (Alex)

27 novembre 2012

Le moment de faire un survol de la cuvée 2012 arrive déjà comme une claque en pleine face. Le problème est que, pour tout entendre, il faudrait posséder des pouvoirs dignes d’une divinité viking ou d’un démon au service de Satan lui-même (à votre convenance). Sans déconner, le nombre total d’albums métal qui peut paraître dans une année ne fait juste aucun sens. On peut donc parler de « shitload » sans trop se gêner. D’une part, c’est bien tant mieux si la scène métal est aussi effervescente, mais en revanche, le FOMO est justifié en maudit dans ce cas-ci. Oui m’sieurs, dames, y’a de quoi angoisser raide. En tout les cas, parmi ce que j’ai entendu cette année, voici ce qui ressort du lot.

Album d’un band local

Catuvolcus – Gergovia
Deathbound Records

On pourrait pratiquement reconstituer une version métal d’une aventure d’Astérix avec deux de nos bands locaux! Dans le coin gauche, Ex Deo, des soldats Romains assoiffés de pouvoir, et de l’autre, Catuvolcus, un groupe d’irréductibles gaulois. Bien qu’avec leur side project, les musiciens de Kataklysm apportent des passages musicaux épiques sur le très bon Caligula, on doit toutefois se rallier dans le camp de la Gaule. En effet, en plus de relater la Bataille de Gergovie qui opposa Jules César à Vercingétorix, les musiciens ont choisis de hurler le tout en français. Une démarche qui s’inscrit parfaitement dans la mouvance de plusieurs groupes black/folk scandinaves qui chantent dans une autre langue que l’anglais. On lève notre cervoise à ce solide second album du groupe, et je vous invite à consulter la critique de mon collègue Steve Dallaire qui n’est pas friand du genre, mais qui louange la démarche de Catuvolcus. Pour vous dire à quel point le groupe mérite son titre.

Album Black Metal progressif

Enslaved – RIITIIR
Nuclear Blast

Envie d’être « challengé » musicalement parlant? Le tout récent (et 12e) effort studio d’Enslaved devrait répondre à ce besoin. Mais pour appécier ce disque à sa juste valeur, il est essentiel d’en faire l’écoute dans les meilleures conditions possibles. Sinon, vous risquez de trouver l’ensemble plutôt lourd. Autrement, en ce qui me concerne, ce band norvégien fait sans aucun doute figure de proue au sein de la grande famille du métal. À mon sens, depuis leur solide Below The Light (2003), Enslaved a trouvé sa voie et la formation ne cesse d’évoluer, tout en conservant une esthétique musicale qui leur est propre. Sans être aussi accessible, ni aussi puissant que son prédécesseur, RIITIIR démontre que ces musiciens ont encore quelque chose à dire. Ça impose le respect. Lien vers la critique pièce par pièce

Album Metal symphonique

Carach Angren – Where the Corpses Sink Forever
Season of Mist | bandcamp

Merci à Frédéric Raymond de La Maison des Viscères qui m’a mis au parfum de l’existence de ce groupe. Sans lui, leur superbe et troisième disque m’aurait sans doute passé sous le nez. Projet ambitieux s’il en est un, Where the Corpses… fonctionne comme un film d’horreur. En effet, chacune des lugubres pièces relate une sanglante histoire de guerre, racontée par le revenant du récit en question. Les riffs, tous comme les arrangements s’avèrent à la fois puissants et inquiétants. De plus, les séquenceurs reproduisant les instruments orchestraux sonnent comme une tonne de brique. Les membres du groupe ont aussi eu la brillante idée de faire appel à un véritable violoniste pour quelques morceaux où l’instrument prédomine. Carach Angren atteint ainsi des sommets inégalés sur The Funerary Dirge of a Violonist. Époustouflante, cette pièce aux multiples sections camoufle des passages d’une puissance rarement égalée dans le genre. Leurs deux premiers efforts possédaient de nombreuses qualités, mais c’est avec son plus récent Where the Corpses Sink Forever que la formation parvient à sublimer son art.

Album Avantgarde Metal

Sigh – In Somniphonia
Candlelight | bandcamp

Souvent catégorisé comme un groupe de black expérimental, il serait à mon avis plus juste de parler d’un groupe exploratoire. Cette nuance se justifie par le fait que les pièces me semblent assez accessibles et que l’aspect black est pour le moins dissipé. Le multi-instrumentiste, chanteur et compositeur Mirai Kawashima y va surtout d’un survol d’une pléiade de styles. Et que dire du sens aiguisé du «riff accrocheur » que possède le musicien. Passant par des mélodies cheesy semblant tous droits sorties de mangas des années 70, Sigh ne se gêne pas pour livrer un métal over the top, tantôt épique, parfois dramatique et souvent théâtral, nous faisant voyager au Moyen-Orient en passant par l’Inde. Incorporant des influences allant du classique à l’électronique, du baroque au tango, on a droit, comme si ce n’était pas assez, à une fugue dont l’échange des thèmes se fait entre le clavecin, la guitare électrique et les séquenceurs. J’allais presqu’oublier la présence du saxophone, un peu de folklore (Far Beneath the In-Between), des ambiances sonores cauchemardesques et une mélodie sifflée à la Leone/Morricone-style sur The Transfiguration Fear Lucid Nightmares. Même si les arrangements semblent prendre de multiples directions, on reconnaît une certaine cohérence au sein de cet opulent délire musical.

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Critique de RIITIIR – Enslaved

7 octobre 2012

Envie d’être « challengé » musicalement parlant? Le tout récent (et 12e) effort studio d’Enslaved devrait répondre à ce besoin. Contrairement au précédent Axioma Ethica Odini – que je considère comme étant l’un des plus grands albums métal de tous le temps – RIITIIR exige de multiples écoutes avant de saisir toute la richesse et l’ampleur de l’ambitieuse entreprise.

Constitué de huit morceaux totalisant un peu plus de 67 minutes de musique, RIITIIR mérite également qu’on s’y attarde en discutant de l’oeuvre piste par piste.

Thoughts Like Hammers

Après une introduction aussi frénétique que cacophonique, on est convié à un martèlement pesant, doté d’un sombre riff. Par la suite, les guitares syncopées et accompagnées par le clavier nous plongent dans un métal progressif qu’on jurerait sortit tout droit d’une pièce de Dream Theater. Enfin, la voix entonne une mélodie nous ramenant assez rapidement à l’univers d’Axioma. Le groupe s’aventure ensuite vers de nombreuses progressions (notez celle qui arrive à 6 min 42… Solide!) pour retomber sur la mélodie vocale entendue plus tôt. Thoughts Like Hammers donne ainsi une idée globale de ce que nous réserve l’album.

Death In The Eyes Of Dawn

Le folklore nordique imprègne la phrase musicale amorçant cette superbe pièce, alors que guitares acoustiques et électriques, enrobées d’une couche de claviers atmosphériques, vibrent à l’unisson. Le premier changement, assez intéressant, nous amène peu à peu vers une montée en intensité qui nous transporte vers une hymne sentie. Reprenant certains éléments précédemment entendus, le morceau enchaîne sur un moment plus agressif et l’ensemble se conclut par un joli passage exécuté par les guitares acoustiques, faisant légèrement penser à l’introduction de Battery de Metallica.

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Comment on fait ça une pochette épique?

15 septembre 2012

La pochette du dernier ENSLAVED est vraiment puissante. Je l’adore. Je pense que je pourrais la faire encadrer dans mon salon ou ma salle de bain. Voici un petit making-of sur la conception de cette oeuvre. Si tu ne connais pas le groupe, va faire un tour sur Facebook.

Photo du jour

13 mars 2012

Jasta et Blythe, ça marche

21 août 2011

Belle collaboration de Randy Blythe (Lamb of God) sur le nouvel album de Jasta. Évidemment, Randy vole la vedette. Sa voix a beaucoup plus de présence. Aussi, j’aime la barbe de Jamey Jasta. Photos : Jeremy Saffer.

Performance de DIMMU BORGIR qui joue Dimmu Borgir LIVE

20 octobre 2010

Puissant. Les tounes ont l’air encore meilleures live que sur l’album.

Ne manquez pas Dimmu Borgir le 13 décembre prochain au Métropolis de Montréal avec Enslaved, Blood Red Throne et Dawn Of Ashes. Une excellente soirée en perspective, j’y serai à coup sûr.

News d’Enslaved + concours de vidéoclip

19 septembre 2010

Souvent dans la société actuelle, la musique brutale semble être étiquetée pour les imbéciles, les abrutis ou les fous. C’est sans doute ce que votre grand-mère vous dirait si vous lui faisiez écouter du Necrophagist, mais sachez que tout espoir n’est pas perdu. Parce que l’un des groupes les plus innovateurs nous laissera son prochain chef-d’oeuvre entre les mains le 28 septembre. En effet, le prochain disque d’Enslaved sera sur les tablettes sous peu… et quelques fuites sont déjà disponibles sur le web. Alors, n’attendez plus et allez vous mettre du bon black intelligent dans les oreilles avec Axioma Ethica Odini!

Notez qu’il y a un concours sur leur site web qui consiste à faire un vidéoclip pour la pièce Ethica Odini. Vous pourriez gagner une rencontre avec le band! Vous avez jusqu’au 30 septembre pour envoyer votre vidéo. Grouillez-vous!

Cliquez ici pour participer.

Voici un clip tiré de ce fameux concours


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