Entrevue avec NICK FARKAS, Evenko (Heavy MTL)

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Si vous croyez que c’est un gars en veston-cravate complètement déconnecté du métal qui est derrière le Heavy MTL, détrompez-vous. J’ai eu la chance de rencontrer Nick Farkas, Directeur, concerts et événements chez Evenko. Un chic type qui connait très bien le milieu puisqu’il écoute et organise des shows métal depuis plusieurs années. Est-ce possible de faire un festival métal international parfait? Est-il conscient que Kiss et Billy Talent ne plaisent pas nécessairement aux fans de métal? Où sont Metallica, Rammstein et System of a Down? Lisez la suite pour le savoir.

Ma première question : êtes-vous un fan de métal?

J’ai toujours été un fan de métal, hardcore et punk rock. Les premiers spectacles que j’ai faits à la fin des années 80 étaient hardcore. Par la suite, ma compagnie a booké des bands comme D.R.I, Corrosion of Confirmity, Napalm Death, Carcass, etc. Avant que BCI (Brave Concerts International) n’arrive, nous faisions tous les spectacles à Montréal. Et quand Stéphane (Mellul) est arrivé, il connaissait tellement bien cette musique que nous lui avons laissé la place. Alors oui, j’ai toujours été un fan.

Vous êtes donc l’instigateur du Heavy MTL?

Oui. Daniel (Glick), l’autre acheteur, et moi. Nous produisions déjà pas mal de spectacles métal en salle alors on s’est dit « Pourquoi pas? ».

Le festival est né en 2008 et vous avez sauté 2009… Pourquoi? Était-ce une raison financière?

En fait, il y avait déjà plusieurs gros spectacles cette année-là. AC/DC est venu au Stade, Metallica est venu deux fois à Montréal, deux fois à Québec, Slipknot, Disturbed, etc. Il s’est produit beaucoup de spectacles entre le début et le milieu de 2008. Nous n’avions pas le sentiment de pouvoir faire un événement assez grandiose avec les artistes que nous voulions, alors nous avons décidé de sauter 2009 pour revenir plus fort en 2010.

La scène métal est très critique. Plusieurs fans ont été mécontents cette année à l’annonce de certains groupes. Avez-vous ressenti cette grogne? Quelle est la différence entre un événement métal et alternatif? Est-ce plus difficile de plaire dans le milieu métal?

C’est difficile d’être pur dans les deux genres. Nous essayons d’être le plus diversifié possible avec nos deux festivals. Pour le Heavy MTL par exemple, nous nous inspirons des festivals européens où il est possible de voir plusieurs genres différents. À Wacken tu peux voir Warrant et Slipknot! Ça fonctionne. Nous ne voulons pas être trop restreints dans nos choix. C’était clair dès le début que nous voulions du hard rock, du heavy métal et du métal. Si nous étions purement métal, ça limiterait nos choix. Nous savions dès le départ en ajoutant KISS que nous serions critiqués. Même chose pour Billy Talent. Ça plait à certaines personnes et moins à d’autres. Si tu n’aimes pas Billy Talent, tu peux aller voir Necronomicon! C’est l’avantage d’une troisième scène. Tu as la possibilité d’aller voir un autre groupe que tu aimes. L’an passé nous avions Alexis on Fire et Avenged Sevenfold… Nous avons été critiqués. Même chose pour Korn. Pourtant, il y avait beaucoup de monde durant la représentation de Korn et ça été un grand succès. Si nous voulions être complètement purs, il y aurait une vingtaine de bands pareils et 2000 personnes qui triperaient. Je pense qu’au bout du compte, nous réussissons à avoir un bon éventail de groupes pour plaire à tous les goûts. C’est important aussi de découvrir de nouveaux bands. Beaucoup de gens chialent, mais ce sont ceux qui ne connaissent pas tous les bands. C’est agréable de sortir d’un festival en ayant fait des découvertes.

Tu as parlé des trois scènes : allez-vous changer leur disposition cette année? Je ne suis pas certain que ça fonctionnait bien l’an passé…

Oui, nous allons changer ça. D’autres petites choses aussi. Le site nous offre plusieurs possibilités. Nous sommes à l’écoute des fans et nous désirons leur offrir la meilleure expérience possible. Nous réalisons des sondages à la fin de chaque festival et nous corrigeons ce qui fonctionne moins bien.

Ç’a été long cette année avant d’annoncer les groupes locaux. Pourquoi?

Nous avons reçu beaucoup de soumissions pour les groupes locaux. Nous voulions prendre notre temps pour en écouter le plus possible et faire de bons choix. Même pour les formations principales, ç’a été plus long cette année. Je crois que les groupes ont été annoncés deux semaines plus tôt l’an passé.

C’est vraiment cool d’offrir une visibilité aux groupes du Québec.

C’est important pour nous de leur offrir cette possibilité. Tant pour les groupes canadiens, mais surtout les groupes québécois. C’est quelque chose de spécial pour eux de jouer sur la même scène que les gros noms. Ça donne aussi la chance aux fans des gros groupes de connaitre nos locaux. Je suis passionné de musique et j’aime voir le plus de choses possible.

Pensez-vous ajouter une troisième journée, comme Osheaga?

J’aimerais bien, mais ça va dépendre de la demande. Pour Osheaga, la demande est venue des fans. Si les ventes de billets sont bonnes et que les gens veulent une troisième journée, oui, peut-être.

Avec une réputation de plus en plus solide à Montréal, pourquoi avoir ajouté Heavy Toronto?

La raison principale est le pouvoir d’attraction. Quand tu veux faire venir un groupe d’Allemagne, de Norvège ou de n’importe où en Europe, c’est plus facile en ayant deux dates. Par exemple, le groupe peut faire samedi à Montréal et dimanche à Toronto. Tu peux lui faire une offre plus intéressante. Il y avait aussi une bonne demande en Ontario. C’est notre première année, on verra comment ça marche. On aime essayer des choses.

Parlant de pouvoir d’attraction, quelle est la réputation du Heavy MTL comparé à des festivals reconnus comme le Hellfest, Download et autres? Est-ce que Heavy MTL est rendu assez important pour attirer les gros bands?

Je pense que oui. Si on regarde les formations principales des trois premières années, on constate qu’il y a eu beaucoup de gros noms. Il en manque encore, mais nous avons plusieurs années devant nous. Nous ne sommes pas Wacken ou Hellfest. Ces festivals sont établis depuis longtemps. Nous existons depuis seulement trois ans! En Amérique du Nord, en tout cas, nous sommes très bien positionnés. Les artistes qui viennent au Heavy MTL sont super contents, ils aiment le site, ils sont bien traités et veulent revenir. Nous avons une bonne expertise dans le domaine et nous faisons en sorte que tout se déroule bien. La première année, c’était difficile de convaincre les artistes de venir, mais maintenant nous recevons des appels des agents. Ils veulent venir jouer à Montréal. Rob Halford a déjà dit en entrevue que c’était le meilleur festival dans lequel il avait joué. Notre réputation est directement liée à l’expérience des groupes. Le Québec est la capitale du métal après tout!

Est-ce qu’il y a un ou des groupes que vous tentez d’obtenir chaque année et qui ne peuvent jamais? Certains noms ont beaucoup circulé cette année, j’en ai plusieurs en tête…

On les a tous demandés (rire)! Metallica? Oui. System of a Down? Évidemment. Qui d’autre? Rammstein. Nous avons fait des offres. Nous sommes à l’écoute des fans et nous savons que tout le monde veut voir Metallica au Heavy MTL, mais si le groupe ne peut pas ou ne veut pas venir, il n’y a pas grand-chose à faire. Même avec la meilleure offre. System of a Down ne voulait pas venir. Il avait déjà des plans et Montréal n’y figurait pas. Nous offrons de bons cachets et nous traitons bien les artistes, cependant plusieurs choses sont hors de notre volonté.

J’imagine que c’était juste un mauvais choix de moment pour Metallica car ils viennent à Québec!

Oui, nous étions une semaine trop tard. Il y a quelques années j’aurais été d’accord pour déplacer les dates du festival, mais après trois ans c’est important d’implanter le festival à des dates fixes. Pour nous, c’est aussi une question de logistique avec Osheaga qui suit. Ils seront là un jour ou l’autre, j’en suis certain.

Beaucoup de fans ont rêvé au « Big Four » cette année!

Nous aussi (rire)!

Qu’est-ce que ça demande comme équipe pour l’organisation d’un festival comme Heavy MTL?

Nous sommes quatre acheteurs (bookers). C’est nous qui décidons des groupes. Il y a aussi des gens à la production et au marketing. Chez Evenko nous sommes 40 employés. Environ 500 personnes travaillent durant l’événement.

Êtes-vous déjà au travail pour l’édition 2012?

Oui, nous avons déjà fait des offres pour des groupes l’an prochain. Nous avons déjà des idées pour les têtes d’affiche. Il y a aussi des groupes qui nous contactent pour nous mettre au courant de leur horaire. En espérant que le Heavy Toronto va nous servir pour attirer les groupes convoités. Honnêtement, la présente édition n’a pas été facile. Nous avons dû refaire notre horaire plusieurs fois. Nous pensons avoir la tête d’affiche et, finalement, ça ne fonctionne pas. Les gens doivent comprendre que les groupes sont composés de gens comme toi et moi. Ils ont des familles et ça cause des conflits d’horaire. Parfois c’est facile, parfois c’est plus difficile.

Le festival est rentable, alors pouvons-nous espérer le voir pendant encore longtemps?

Oui. C’est un projet à long terme. Nous avons eu une superbe réussite l’an passé et si nous avons les mêmes résultats cette année nous serons très heureux. Ce n’est pas évident d’organiser un événement du genre, car il faut trouver un bon équilibre entre le grand public qui attire les masses et le matériel qui plait aux puristes. Nous sommes à l’écoute et nous apprenons chaque année. Nous désirons devenir un des plus gros festivals métal au monde. Un incontournable.

Pensez-vous que le prix des billets est compétitif? C’est quand même un point important pour les fans.

Le prix des billets est proportionnel à la grandeur de l’événement. Le niveau de production est élevé et nous désirons nous comparer aux plus grands. Nous voulons que les gens se disent : « Tabarnak, c’est big! » Le prix est le plus bas possible pour ce genre d’événement. Cette année ça semble plus cher que l’an passé, mais en fait nous avons dû inclure les taxes et les frais de service dans le prix annoncé. C’était demandé par la Loi sur la protection du consommateur. Ça semble plus cher, mais c’est le même prix. Il n’y a pas de surprise au guichet.

Merci pour l’entrevue et bon festival!

Pas de problème. Merci à vous.

Heavy MTL 2011
23,24 juillet, Parc Jean-Drapeau
C0nsultez l’horaire complet 

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Une Réponse to “Entrevue avec NICK FARKAS, Evenko (Heavy MTL)”

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